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version n° 8 ✖ on kife les vioc's de cbl.
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 I will pack my bags just to stay in the corner of your heart.

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Masculin ◭ messages : 101
◭ arrivé(e) le : 04/07/2012
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MessageSujet: I will pack my bags just to stay in the corner of your heart.   Mer 15 Aoû - 12:49


Je lave, j'essuie, je nettoie, je sèche. Deux job à temps complet : mater et pater. Faut bien combler les trous, combler les vides. L'eau coule dans la salle de bain « Brosse, Aleshanee ! J'veux qu'ça brille » Charabia d'bouche pleine et crachat dans le fond du robinet de la salle de bain. Je range les corn flake, les pancakes cuits sur le pouce, gastronomie rapidos à la zeub et même ça, j'arrive à foirer. C'est pas un bon jour aujourd'hui, pas du tout. J'fonce dans les abîmes, je me noie à nouveau mais sur place, pas besoin d'aller voir les nippons-ni-mauvais. Zurie, c'est une sale teigne, elle devrait mourir noyée, elle aussi. Noyée, soufflée, vidée, dégagée. Je détale de la cuisine, c'est pas mon territoire, c'est un territoire non conquis, pas la place d'un homme en somme. L'arrière-boutique, odeur d'animaux. J'administre les premiers traitements de la journée à ses pauvres animaux qui font le bonheur de leurs maîtres. Zurie, elle est pas docile, tous les cours canins ne donneront rien de sa peau, chienne désespérée. J'aurais pu dompter, j'aurais pu dresser, en faire quelque chose d'potable mais non, pedigree de merde, puce électronique déjà incrustée, elle a déjà un propriétaire, elle a des puces, contagieuse, pouah. Je suis acide, je suis amer. J'ai bêtement cru que … ouais les chiens d'la rue, ça reste des galeux, ça ne peut rien offrir, rien faire, rien donner. Salope. Y'a que des salopes dans cette ville ! Y'a pas à dire. Des chiennes en chaleur. Je suis dégouté ! « P'pa, j'te donne un coup d'main ? » Je largue la tâche de verser des gouttes dans le bol d'eau d'un vieux lapin en phase de crever à mon petit ogre. J'devrais peut-être faire un cocktail euthanasiant à ma belle Zurie ? Bonne idée. « Bon maintenant faut reposer Bob dans sa cage » Ca veut pas, ça râle, ça se crispe. Bien la fille d'sa mère, y'a pas à dire. Sa mère, une femme, une vraie et maintenant c'est plus qu'une absence, qu'un fantôme noyé. Veuf. Y'a rien que cette étiquette sur mon front. Veuf désabusé. Update du moment. Je le savais que ça sentait la merde du côté de Zurie et le pire c'est que j'ai oublié dans ses yeux le poids du deuil, j'y ai vu une couleur éteinte pour moi, une promesse d'avenir, d'espoir. Connasse. Elles sont toutes pareilles ! TOUTES ! Y'a que ma gamine qui gagne du terrain, qui change la donne. Elle ira loin, elle ! Elle rampera pas ! « Va ouvrir la porte du cabinet » Elle adore faire ça, elle kiffe, elle se sent importante, maîtresse des lieux. Je reste à l'arrière à m'affairer, j'entends des rires, des bribes de conversation. Qui se trouve dans mon cabinet ? A cette heure de si bon matin ? Je passe la tête. Je suis renversé, pété. La garce, elle se trouve là. Chienne perdue cherchant euthanasie ? Pas de soucis. « P'pa, regarde qui est là » Rictus de mépris, désolée ma belle, je contrôle pas, ta présence m'inspire du dégoût. « Ouais comment n'pas voir. Ca sentait bien la merde » Paf. Je prend un coup dans les rotules. Ok, ok, sale gosse, faut pas toucher à ta petite copine la garce mais faudrait que quelqu'un lui rappelle que c'est moi qui paye sa bouffe et non l'autre salope ! « Il reste des pancakes et du jus d'orange, t'en veux ? » WTF ! Mais n'invite pas de lépreuse sous mon toit ! Cette gamine, la mienne en l'occurrence, je vais la donner, la balancer au centre de recyclage. Pas une pour rattraper l'autre. « Et puis quoi encore ? Au pire, y'a des croquettes périmées dans l'arrière-boutique. Sers-toi Zurie, t'sais faire qu'ça ! » Opportuniste, profiteuse, fille de mauvaise vie. Aleshanee n'en fait qu'à sa tête, elle me boycotte et m'ignore. Elle dégage pour servir une bonne assiette à sa copine qui j'en suis sûre n'en a rien à foutre d'elle. Pff. Et dire qu'elle s'y était attachée. Je me sens désolé, désolé d'avoir foutu sous l'nez de ma gamine une présence aussi médiocre. C'un peu foutu maintenant. « Qu'est ce que t'es venue faire ici ? Remuer l'couteau dans la plaie ? Rentre chez toi ! Va t'occuper d'ton mari, on a pas b'soin d'toi ici ! » Je crache, amer, la voix lourde. Délivre-nous et casse-toi ! T'es qu'un oiseau de mauvaise augure, j'ai cru que t'étais colombe, hirondelle mais t'es rien qu'un vautour, un corbeau ! T'es la reine !

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MessageSujet: Re: I will pack my bags just to stay in the corner of your heart.   Ven 17 Aoû - 22:12




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Un jour de plus, je souffle ouvrant les paupières, les refermant presque aussitôt. La vue du monde qui grouille autour de moi comme des fourmis ouvrières qui bâtissent le trône d’une reine mère, m’arrache les yeux. J’sais pas, voir les gens heureux, ça ne me fait plus rien ou peut-être ce petit quelque chose qui me compresse le cœur. Debout malgré les épreuves, je triture l’bitume toujours en tête que le futur me réserve un truc. Je prie pour que c’truc me rende heureuse, pas plus malheureuse que je ne suis d’jà. Pouilleuse dormant derrière les bennes à ordure, dans un carton, à même le sol, sur une couverture qui schlingue la pisse d’celui qui l’avait avant moi, parlons-en, d’lui. Personne n’sait où est-ce qu’il se trouve, les autres – clodo- ils disent qu’il est allé à Atlanta , s’refaire une vie. Moi, moi j’dis qu’il est mort, écrasé sous les roues d’un bolide ou, avec un peu d’chance, six pieds sous terre à nourrir les asticots d’Phoenix. Lorsqu’on n’a plus rien, on n’a plus que nos rêves pour nous faire avancer, l’espoir fugitif se taille puis revient, indécis. Je marche, emmitouflée dans un gilet offert par l’aut’ connard d’véto. C’sale con qui pense que je ne suis qu’une œuvre d’charité, la seule BA qu’il réalisera de toute sa maudite existence. J’avance, le pas lourd, l’avant-bras brûlant de douleur. Egratignée, coupure de couteau. C’est ce qui arrive quand on crèche dans la rue, c’est c’qui arrive quand un sale crasseux veut s’fourrer une moule, il débarque l’sourire pervers aux lèvres, les yeux luisants d’une étincelle cruelle, profiteur d’une déchéance marquée par l’fer d’une existence à chier. Il débarque, la merdasse et, il tente de t’faire écarter les cuisses, de force, dans un coin paumé. Entre les restes d’un restaurant chinois et ceux d’un resto’ italien. Hok’ee, un sourire étire mes lippes, brouillé aussitôt prononcé par l’ectoplasme qui éradique, le souvenir indigeste d’un passé aujourd’hui révolu, du moins, profondément enfoui, Pollux. La douleur se ravive, le couteau loin de la plaie mais, une impression dégueulasse qu’il continu d’inciser ma peau comme un scalpel souillé. La manche du gilet se relève, spectacle putride, pas beau à mater, nan, pas du tout beau. J’me suis laissé pourrir, j’me suis laissé partir. Mon regard se dépose sur l’enseigne d’un restaurant, breakfast, j’l’ai dans l’cul. Exactement. Chercher l’or aux US. J’aurai dû crever en Argentine, dans cette fucking famille d’accueil où l’fils cadet aimait mes formes. J’lui aurai donné mon cul, pour survivre, j’aurai certainement fait cette chose dont, aujourd’hui, je ne me sens plus du tout capable de faire. Je suis en dessous de tout, loin de tout, trop lessivée. J’avance parce qu’aucune autre option ne s’offre à moi. Le goût merdique du regret qui pullule dans ma bouche, j’sais, j’ai eu des options que j’ai fui, que j’ai torturé. Des options qui clignotaient comme les néons d’un night-club et qui sont passées inaperçues, moi, trop aveuglée. J’aime comme je respire, constamment. Je me laisse vite emporter par le mensonge tentant d’une vie à deux. Dans l’illusion, j’ai cru percevoir la possibilité. Dans l’illusion, je me suis laissé noyer. Puis merde, j’les emmerdes. Tous ces pauv’ cons qui ont un jour pensé m’ferrer comme une bête. J’suis pas un animal de compagnie, qu’on dompte, qu’on envoie paître, pas l’médor qui court chercher l’journal pour son maître. Zurie Xavéria Reine, Reine d’un monde brumeux, celui des rêves. Je sonne, machinalement à sa porte. Derrière, Aleshanee. Une bouffée d’air frais, une bouffée d’vie, une bouffée de tout ce qui importe : la chaleur, l’amour. « J’suis contente de t’voir, Zurie » un énorme sourire s’en prend à mon visage, au sien aussi. Moi, j’la prends dans mes bras, je serre, je serre fort, j’ai peur qu’elle me laisse, elle aussi. Les mots me manquent, j’ai la sensation de perdre mon vocabulaire dès qu’il est question d’exprimer ce que je ressens. Est-ce que je suis contente ? « Moi aussi, Shanee ». J’emboîte son pas, pas très à l’aise. C’à cause de son toi, maudit. A cause de ce que tu me fais subir, à cause de c’truc bizarre que tu fais, t’es un sorcier. J’encaisse le choque de ta réplique, j’ai peut-être d’jà les glandes lacrymales qui picotent, peut-être d’jà les poings qui se contractent. Peut-être l’self control qui s’met en position On. Bonne position. Je ne pipe mot, sourire crispé. Je me contente de te fixer, sondant l’regard du pauv’ mec qui ose cracher sur une sans abri. C’est bas mais quand ça vient de toi, j’trouve ça pire. Tu aimes me rabaisser. « La merde, t’emmerde, Hok’ee ». Nom d’cabot, moche, t’es peut être beau, salop mais, t’es moche, dans l’fond. J’vois bien que ma présence est indésirée, je vois bien que la petite se retrouve prise entre deux feux. Pauvre petite, pas d’chance vu l’père qu’on lui a filé. Je me comprends, tu comprends, toi aussi ? J’essuie les coups qui pleuvent, c’est le flow d’un natif, ça sent l’chamane à pleine gueule, les piques d’un frustré d’puis des décennies, des centaines d’années. Tout tombe sur moi, ça m’fend la poire. Alors quoi, Hok’ee ? Qu’est-ce que je t’ai fait ? « Techniquement, j’suis venue soigner la plaie » je souffle, d’jà saoulée. Je pourrai te dire que je regrette d’être mariée, que je regrette d’avoir gardé pour moi cette information. Je pourrai mais, je ne peux pas, Hok’ee. Je n’arrive même pas à saisir ce qui te chiffonne. Aveugle, peut-être que je l’suis toujours. Devant tes iris, j’reste calme, ça t’énerve encore plus, j’le vois à cette tempe qui convulse, je te dégoute. Je te fous ma blessure sous l’nez : « J’suis surtout là parce que t’es un homme d’honneur, hein ? T’es un homme d’honneur qui, un jour, m’a fait la promesse de m’venir en aide. » J’touche l’point sensible, t’es pas l’seul à avoir un honneur, connard. « J’ai juste besoin qu’on jette un œil à cette coupure, ça s’infecte. J’aimerai te dire que j’en ai rien à foutre de c’bras, que j’peux me débrouiller sans. J’aimerai mais, ma fierté, aujourd’hui j’dois m’assoir dessus ». Expliques-moi pourquoi tu réagis comme ça ? « J’comptais te le dire, un jour ». Ouai, un jour. Pourquoi je ressens le besoin de me justifier ?

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MessageSujet: Re: I will pack my bags just to stay in the corner of your heart.   Mar 21 Aoû - 11:31


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Si on me demande quel est le pire crime de cette chienne, je dirais celui d'exister, de vivre, de respirer. J'envoie valser les idéaux de mon père et ses discours à deux balles, mauvais fils que je suis. Adieu les idées qui hurlent d'abandonner toutes rancoeurs, tous sentiments négatifs, insultes à Mère Nature, soyez aussi bons que possible, soyez … Oh TAGUEULE ! J'ai pas envie d'être bon, j'ai envie d'être con et je pense pouvoir me réserver le droit de l'être. Mère Nature, elle a bouffé, avalé ma femme pour me laisser seul avec ma gamine, elle a fait sa cannibale, putain de cannibale et quoi ? Pour se marrer, elle m'a refilé la galeuse avec ses yeux de bambi. Pour se fendre la gueule en deux, elle lui a donné le pouvoir de m'ébranler, de me secouer pour m'ouvrir comme une tirelire et m'pomper tout ce qu'elle peut trouver d'encore potable, d'encore bon. Je dois le dire que sans elle, je pense pas que je m'en serais rendu compte, rendu compte qu'il me reste malgré tout, des parts de lueurs en moi, des graines d'espoir en appel de germer mais bam réincarnation de la destruction, totem de apocalypse, elle a écrasé le tout, piétiné, sourire carnassier aux lèvres. Zurie, elle m'épuise comme un chiot hyperactif, voleuse experte, elle me vide de tout et remplace ce que j'avais réussi à guérir par le goût âpre de l'absence, le goût terreux de la déception. Oui, je suis déçu. Va crever en taule. Mes yeux se posent sur son bras suintant de sang, plaie béante, plaie ouverte. Ca tilt dans mon esprit et déjà cette connasse douée arrive à m'faire crever d'inquiétude. Des tas de scénarios pullulent dans mon esprit mais je freine mon envie de la prendre par les épaules, de la protéger. Va chier, connasse. « Va dégainer t'purulence ailleurs qu'sous mon toit » J'profite que son molosse de 4 piges soit ailleurs pour chasser la mauvaise herbe mais elle me balance à la gueule ma promesse, mon honneur, mon amour propre. Quand je dis qu'elle est douée la sale teigne, je suis piégé, fait comme un rat avec l'impossibilité de faire un retour en arrière. Je soupire et l'écorche du regard, si je pouvais, si j'étais si mauvais, je lui ferais la symétrie sur son autre bas mais hélas, je suis bon et d'ailleurs, c'est merdique ! MERDIQUE ! « P'tin d'promesse ! C'dingue comme t'peux oublier certaines choses mais garder en mémoire c'qui t'arrange. Bouge ton cul ! » Je lui fais signe de me suivre à l'arrière. « Aleshanee ! Prend en venant l'mélange d'herbe médicinales ! » Ca grince. « P'pa, l'mot magique » Cerné par des chieuses sur deux pattes, je soupire alors que je prend le bras de madame pour inspecter sa connerie. « Tout de suite, Aleshanee » Serait-il possible de me RESPECTER, p'tin d'merde ?! « Je m'enfous que v'nir ici t'scie l'cul, l'orgueil ou ce qu't'veux. Moi j'aimerai juste que tu te taise, ça rendra ce moment beaucoup moins désagréable pour moi » Je grince, je suis aigri, je suis foutu. Désolé, ta faute ! Toi et tes mots sans avenir, sans fond, sans sincérité ! Sincérité mon cul, t'es qu'une menteuse qui se paye ma tête pour recevoir et moi comme un con stupide, je donne, je donne et je donne. Maso et toi, sadique. J'ignore sa réplique nauséeuse, je me braque et y répond en plaquant une compresse d'alcool sur la plaie. Je désinfecte avec toute ma colère, ma frustration et ma rancoeur. C'est avec tout mon coeur, bon appétit. C'est moche, c'est laid. « Bordel, c'profond ! … Bon pas b'soin d'point suture, c'déjà ça ! J'suis plus doué sur les cabots … t'me diras, t'es une race croisée » Humour à la con mais n'oublions pas que je suis véto et non docteur mais j'fais comme j'peux, j'fais ce que ma mater m'a appris sur le tas dans la réserve. La petite rapplique avec son assiette remplie à ras le bord et la pose près de l'animal perdu, je saisis le petit sachet d'herbe, je déchire, malaxe, imbibe d'eau avant de former un cataplasme sur la plaie. Ca va chauffer, piquer mais je préviens pas, la vengeance est un plat qui se mange froid mais c'est un mal pour un bien. « Mange » Son bras bandé, elle est libre comme l'air et je me surprend à appréhender son départ, à la voir repartir je ne sais où. Je suis con, il faut que je me soigne. Aleshanee lui tend la fourchette alors que je jette les cotons dégueulassées à la poubelle avant d'me laver les mains, purifier mes miches d'ses souches souillées. « T'passe la journée avec nous, Zurie ? Allez reste s'il te plaît ! » J'ai de la peine pour ma gamine, je les observe d'un air absent. Ma gamine en admiration face au diable. Je fais un signe de la tête à Zurie. « Si t'arrive à dire non, c'que t'as vraiment pas d'coeur » Perso, j'ai plus b'soin d'preuve, j'le sais déjà qu'elle n'en a pas mais je dis rien, sa complice est là pour prendre sa défense puis je voudrais pas lui briser ses idéaux sur sa grande copine Zurie. « T'peux même rester jusqu'à demain, Thunkashila nous a envoyé du Pemmican fait à l'réserve où mon p'pa est né ! Puis p'pa a dit qu'il ferai d'la soupe aux baies avec ! » Pipelette ma gamine, elle sautille d'avance alors que la galeuse s'est pas prononcé. « Fous lui la paix, Aleshanee ! Elle a mieux à faire qu'trainer ici ! » Je grogne, amer. Va t'occuper d'ton époux ! Au fond, j'suis comme ma gamine sauf que ma déception, j'la montre pas. Je voudrais qu'elle reste mais sa place, c'pas ici, c'est avec l'autre con, je le connais pas mais c'qu'un con à mes yeux. Eclair de suspicion : et si c'ce salaud qui lui a fait cette balafre dégueulasse ? Le poing se serre par réflexe. Non j'devrais en avoir rien à foutre, c'est pas mes oignons, pas mon fucking problème ! Merde ! Si c'mon fucking problème, je suis piégé, foutu. J'peux pas la laisser repartir, j'peux pas. Je me détourne d'elles et va m'affairer pour meubler le suspense, pour calmer mon inquiétude, me calmer tout court. « Mais s'tu veux rester, y'a pas d'soucis. Je t'ai dit l'dernière fois que t'étais la bienvenue chez moi, j'reviendrai pas sur ce qu'j'ai dit » Je vais le regretter, je le sens. Je le regrette déjà. Homme d'honneur ? Quelle grosse arnaque !

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MessageSujet: Re: I will pack my bags just to stay in the corner of your heart.   Dim 26 Aoû - 19:17




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Je n’ai donné aucun espoir, je songe, parcourant ton visage des yeux, tes traits crispés qui me racontent une histoire, le murmure silencieux d’une chose effroyable, ai-je été malhonnête de renvoyer des signaux erronés ? Je doute, à cet instant précis, j’me dis que j’ai dû foutre un grain quelque part, un putain de grain qui a enrayé la mécanique. « Vous êtes tous les mêmes » j’crache, suivant son altesse sérénissime de mauvaise grâce. De mauvaise garce, ouai. Je lorgne les alentours, réchauffée par l’irradiation qui émane de ce logis. J’me sens chez moi, exactement, chez moi, entourée des miens. J’ai dit les miens ? Weird, j’voulais dire « entourée », c’tout. J’ai la langue, l’majeur et les poings qui me démangent. Bouffon, insulte profondément barricadée dans ma gorge, je refuse de me rabaisser à ton niveau. Je refuse toujours avant de céder à l’irrésistible tentation de te faire part d’ma répartie grossière, quel con. « C’ta politesse ton atout séduction, hein, Hok’ee » soufflées paroles mordantes enfoncées dans ta chair, tiens, ouai, j’suis un chien. J’ai la rage, j’vais l’tuer c’gars, merde quoi. Je me contente d’enfermer ma haine à double tours, je t’aimais bien, je t’aimais beaucoup, dommage pour toi. Mon bras, ta main, une compresse et « CHIUUUUUUUUUURE » aie, ça pique tellement, j’ai l’impression atroce qu’un essaim d’frelons asiatiques a décidé d’jouer Pearl Harbor sur les rives de ma plaie. Face à Cerowain, j’crois que j’aurai préféré les frelons. Largement. Je me pince les lèvres, j’encaisse comme un boxer pro’, encore, tu me pompes, sérieusement. Tellement que même ta blague me file l’envie de gerber. C’est de très mauvais goût, pour une dalleuse qui n’est pas d’humeur. Je te filerai bien un zéro, zéro tolérance. « Grouille » j’ordonne, ta proximité m’étouffe, je me sens harassée, comme captive d’un cercueil, manque d’air dans les poumons, manque de force dans les genoux, j’manque de volonté, avant tout. Alors, lorsque t’en as fini, moi, j’veux qu’une seule chose, m’tirer. J’ai la sensation d’avoir fauté, j’ai fauté, Hok’ee ? « Mange ? Genre tu m’files une gamelle ? La prochaine c’est quoi ? « Va chercher » » je plante mon regard dans le tien, je soutiens. Je joue les parasites. Je suis ton parasite, quoi ? T’es infecté ? « Franchement… » Shanee intervient, mon Dieu, j’avais oublié sa présence. Nous a-t-elle entendus ? C’est pas sain, pour une gosse, d’avoir un pater comme ça. Pas saint pour moi, un…un quoi d’jà ? Je bute sur tes yeux quelques secondes, ne t’inquiètes pas, j’suis un toutou qui comprend le langage humain, t’en as jamais des comme ça, hein ? Vétérinaire de mes deux. Je continus d’hésiter, toi, Shanee. Toi ou Shanee, qui m’incite à rester ? J’ai la dalle, Hok’ee. Ta fille a de très bons arguments. Au moins, elle en a, elle. Bout d’chou adorable, elle va souffrir. « Ça a l’air bon » je commence pour mieux être coupée par le grand sorcier d’la tribu que t’es. Tu vas me dreamcatcher la face, hein ? Pour éloigner le mauvais esprit que j’suis, l’cauchemar que ma présence t’impose ? Triste, oppressée, je triture mes doigts, trop embêtée. Tiraillée, dans un entre deux glissant. J’vais finir par claquer. TU ME METS TROP DE PRESSION. « C’est pas l’impression qu’tu m’donnes » je murmure, de toi à moi, je dérange, dis-le, s’il te plait. « Je reste, pour vous faire plaisir » j’balance. Mutine, je décide que rien venant de toi n’arrivera à déprécier mon opinion. Rien venant de toi n’arrivera à bousiller l’image que j’ai. Pour moi, tu souris même lorsque tu souffres et, j’sais pas, dis-moi, tu souffres ? « Hok’ee, j’peux rester jusqu’à demain ? » je m’approche, mon assiette entre les mains – mesure d’précaution, sauvegarde en cas de danger : bam, bouffe sur ta gueule - : « Faut que tu saches, sérieux : tu fais chier ».

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MessageSujet: Re: I will pack my bags just to stay in the corner of your heart.   Dim 9 Sep - 3:28


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J'aurais dû accrocher des attrapes-rêves partout ! Entourer ma piaule avec ! Protéger mon espace d'ce cauchemar ambulant ! Pas sûr qu'les tours de ma mère arriveraient à t'éloigner, mauvaise graine que t'es. Quand tes serres empoisonnées sont ancrées, on peut plus en échapper, la preuve : ma gueule. Gueule qui s'étire, qui grimace pour finir en matière rocailleuse, immobile comme d'la roche. Tu vomis des mots que j'essuie comme une serpillère, Dieu, c'qu'tu m'tue, qu'tu m'énerve ! Douce vengeance entre deux coups d'verbaux affutés. Le silence venant d'ta part, c'tellement bon, jouissif ! Limite, j'serais encore bon pour en remettre une couche mais j'suis d'humeur généreuse, enfin, faut pas trop m'en demander, faut pas trop tirer sur la corde sinon elle s'brise ! Moi avec ! Ici, c'toi qu'je voudrais briser, te casser en deux, faut pas trop m'tenter j'serais capable d'te faire chier de l'or. Or moins de 18 carat, des cailloux pour un bijoutier, d'la poussière pour moi. Franchement ? Bah franchement, tagueule ! Non contente d'avoir une plaie désinfectée, bandée, nourrie, faut qu'je t'fasse une révérence ? Jamais contente ces femmes ! Ras l'cul ! J'en ai ras l'cul ! « Va chercher ta gamelle. Exactement ! T'es pas si conne que t'en as l'air ! » Gloups. Petit soldat sur deux pattes m'lance l'attaque regard-grenade, j'range l'artillerie lourde. Ca a l'air bon c'qu'il faut pas entendre … petite écervelée ! Aucune idée d'ce que c'est la cuisine amérindienne ! Enfin, t'as eu un aperçu mais c'était pas avec des bons produits de chez moi, quedalle. Je secoue la tête, t'as le QI d'Paris Hilton parfois, c'aberrant. Franchement ? Bah franchement, j'me demande ce que j'peux bien te trouver ! Plate comme une limande, aucune d'sagesse des années écoulées, NON, parce qu't'es qu'une gamine, l'cul radin, pas d'quoi s'agripper ! C'pas la Polynésie par ici ! Non, franchement, j'vois pas ! J'te harponne du regard, t'as d'la chance que j'en ai pas sous la main, t'serais déjà dead, en cendre, balancée dans la litière du dernier chaton recueilli par ma bestiole à deux pattes. Une fin digne d'toi, ma douce galeuse. J'prend la fourchette, relax, mon coeur, c'pas pour te l'enfoncer dans l'orbite bien qu'ce soit pas l'envie qui m'en manque. J'plante un morceau d'pancake et l'enfourne dans ta grande gueule suintante d'méchanceté et d'silence pourri. « Quoi ? T'veux que j'te fasse des banderoles ? Welcome home ? Avec un petit cocktail d'bienvenue ? M'faire plaisir ? T'sais pas m'faire plaisir » Ca, c'une vérité imminente et dans tous les sens du termes même si certains termes n'ont pas pu être grandement abordés mais j'suis sûr que c'tout aussi vrai ! Allez, gobe, avale, Reine déchue ! Ou étouffe-toi, peu importe, ç'fera un veuf d'plus sur terre. J'chialerai pas ! J'ai assez chialé t'vois ? Et toi ? J'refuse d'me noyer à cause d'toi ! J'refuse la tristesse que t'apporte avec tes gros sabots ! Tout comme j'refuse la rumeur d'bonheur que t'as pu gravé dans tes entrailles, j'réfute ! T'es signe qu'de malheur mais j'continue à t'ouvrir la porte, la mienne, j'suis perdu, foutu. T'annonce la bonne nouvelle, t'prêche petit démon que t'es et ma chair d'ma chair sautille déjà autour d'nous comme une danse d'la pluie ratée. J'ai envie d'dire que toi, Shanee, t'es stupide et zyva que t'défend pas ton paternel quand il s'fait taper d'ssus avec des mots. VENDUE ! Toutes les deux ! Sérieusement envie d'vous envoyer avec ma femme ! Coulées, noyées, en silence ! Allez donc conspirez toutes ensemble, femelles ! Un genre de tagueule alimentaire, j'reprend la fourchette et t'étouffe à renfort d'pancake ! Mange, ton cul en a b'soin ! Prend un teint un peu jaune, t'me plairas plus ! « J'te fais tellement chier que t'as envie d'rester ! Satisfait tes tendances masochistes autant qu'tu veux ! » Ca, c'gentil d'ma part, non ? J't'offre la carte d'séjour illimité alors t'es gentille, t'bouffe proprement et tu nettoies derrière toi. « Bon, faut qu'j'aille bosser. Faut bien payer tout ce qu'vous bouffez ! » J'dégage à l'avant, j'ai des clients, j'glande pas à squatter. « Quand vous aurez fini d'faire les pouffes Barbies à l'arrière, y'a d'boulot devant ! » Vieux snock gérant l'retour ! Posté derrière l'bureau, j'ouvre l'agenda, ok premier rdv pour bientôt. Pas d'urgence pour aujourd'hui, par pitié ! La cloche de l'entrée retentit, première cliente. Petite nana bien gaulée, vaccin pour son bébé chiot d'amour, gouzi gouzi gouzi. Si j'pouvais mettre mon cerveau sur off, j'me l'enfilerai bien sur la table d'exam' mais une nana qui prend son chiot pour un bébé, qu'lui cause, l'fout dans son sac ? Ca hurle : attention, danger, j'répète : DANGER ! « Aleshanee, j'suis en consultation alors t'es gentille, t'sers à quelqu'chose, tu réponds au tel ! Merci ! » Grognement venant d'l'arrière, j'prend ça pour un Oui, p'pa d'amour que j'aime jusqu'au ciel. J'pose une blouse à ton attention, t'aurais l'air pro et moins sale-venant-d'la-rue avec. En espérant qu'Aleshanee aie eu la bonne idée d'te faire prendre une douche et d'te sortir des fringues d'sa mère parce que bon, t'es p-e maigre comme un os, t'rentreras pas dans du 5 ans. Quoique … Franchement ? Bah franchement j'sais pas ce qu'je te trouve ! La nana gaulée comme une star X entre dans l'cabinet, j'la colle au train et supporte tant bien qu'mal ses miaulements. Gouzi gouzi gouziPAF. Piqûre ! Félice couine un moment et c'la fin du monde. C'où pour vomir ? J'cajole dans l'sens du poil la bête, pas la stupide, non, elle y a pas droit elle. Et la mienne d'stupide, elle fout quoi ? Félice élit domicile sur mon torse, j'aime pas c'regard sur moi d'la part d'Paris Hilton. J'suis déjà papa, j'veux pas adopter son Félice ni elle avec! Ok, done pour today. On sort et j'sors surtout mon facturier. « A quel nom ? » « Séraphina » OK ! J'pouffe de rire, désolé. Trop pour moi, trop. T'vois, si j'pouvais retirer son cerveau et lui en donner un aut'plus conséquent et neuroné, c'ce genre d'nana qui m'ferait envie, pas toi, pas ton style bouseux, crasseux ! Franchement, hein ?! Mais va comprendre ...

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⍫ With the medications, I erased my pains
There's a rhythm blowing through every thing
And the melody is never ending ⍫

I have have a spirit indestructible
A heart that loving was made for
A body that's a miracle
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