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 You're my river running high, run deep, run wild

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Laneybroken bones always seem to mend
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MessageSujet: You're my river running high, run deep, run wild    Lun 13 Aoû - 12:14



Oh, I beg you, can I follow?
Dark room honey, I follow you

Le nuit s'étale, elle prend place, je la regarde s'étendre, s'élargir alors que je reste éteinte sur le lit, jambes pliées, poupée de chiffon désarticulée. J'observe sans mots, sans rien, le souffle court. Des questions qui fourmillent dans ma tête et des sensations se contredisent toutes en même temps. C'est nouveau, trop nouveau, ça me déstabilise. Y'a le répondeur qui clignote, faible lueur rougeâtre dans mon appartement avalé par les abysses de la nuit. Un message vocal. J'écoute pas, je connais, je sais de qui ça provient et ça me fatigue déjà rien qu'à y penser. Je voudrais juste être ailleurs, la liberté, je la toucherai bientôt du bout des doigts, matérialisée par une signature, la mienne, la sienne. Fin du mensonge. C'est mal de mentir, c'est mal de mentir, je l'ai dit plusieurs fois, je ne suis pas une menteuse mais là, je mens, je mens très bien, je mens à tous. Un mensonge peut sauver la face parfois, je n'ai pas envie d'une vie d'or, rangée, placée comme un trophée auprès d'un riche homme d'affaire pour contenter toute une société qui me dépasse depuis belle lurette. Non. Le noir, c'est bien, l'obscurité c'est bien. Je ne sais pas ce qui s'y cache, je ne sais pas ce qui s'y trouve et j'ai l'illusion réelle d'être loin de tout ça, d'être dévorée par quelque chose qui se fiche complètement de moi, juste pour remplir un appétit viscéral, je deviens un pion léger, balayé en un battement de cils, y'a pas d'importance, pas de flash, pas d'interview, pas de pression, pas de parents, pas de responsabilité. Les étoiles, elles prennent vie, s'amusent à se déguiser en poussière de lumière dans le ciel. Constellations, étoiles filantes, je regarde. Habituellement, je souris, je dessine, là, je n'ai envie de rien. La vie, c'est simple, c'est un enchaînement d'évènements, d'équations, c'est ce que je me suis toujours dit mais ce soir, oh ce soir, tout me semble tellement compliqué, illogique, irréel. Mon propre jeu, mes propres règles, elles me reviennent en pleine face comme un boomerang. Pas de demande et pourtant j'ai demandé. Je n'arrive pas à retourner en arrière, à ne plus penser ses mots, je les pense à chaque seconde, je les pense, je les ressens. Je ne veux pas qu'il parte, je ne veux pas. Je souhaite, je prie qu'en silence, il m'attende quelque part, je sais que c'est égoïste, je le sais et la culpabilité me pointe du doigt, elle s'immisce douloureusement. Tu as toujours voulu être seule, tu as toujours appelé Solitude à tes côtés, maintenant danse. Je danse plus, je rampe. Je crois que je suis triste, oui, je crois que je suis triste de ne pas être avec Isao, je suis triste de n'être plus rien pour lui. Cela ne m'a jamais dérangé auparavant, pas du tout. Exister pour quelqu'un d'autre, cela n'avait aucun intérêt pour moi. Plus maintenant. Je glisse hors des draps, la fraîcheur de la nuit me frappe. Chair de poule. J'enfile une veste en jean sur ma robe plissée par mes mouvements brouillons et je sors. Je sais où mes pas me guident, ils veulent y aller depuis deux jours. Les deux plus longs jours de mon existence. Perdue entre hésitation, appréhension, peur et incompréhension. Je ne comprend toujours pas, ni tout ce que je ressens, ni la situation. Tout va trop vite et tout me semble inconnu comme si je faisais connaissance avec ma propre vie. Ma tête se dresse, l'appartement d'Isao est baigné dans le noir, je soupire. Mon souffle se coupe, est-il toujours dans cet appartement ? Je ne respire plus, quelque chose se bloque, m'étouffe. Je rentre dans la bâtisse et court dans les escaliers, je cours à en perdre haleine, je veux savoir mais arrivée devant sa porte, la peur me tétanise. Est-ce qu'il est bien ? Est-ce qu'il est mieux sans moi ? Je pose mon front contre la porte, comme pour me rassurer, comme pour me dire que c'est la porte de chez Isao, qu'un lien même frête se tisse, maigre consolation. Je me sens ridicule. La main se lève et frappe. Un coup. Deux coup. Trois coup. Chaque fois espacé. Est-il encore là ?! Je tend l'oreille et me laisse glisser au sol, recroquevillée, en position de foetus, l'oreille collée à la porte. Des pas résonnent dans l'appartement, j'entends des pas qui descendent l'escalier qui mène à la mezzanine. Je ferme les yeux, cela ne peut être que lui, n'est ce pas ? Je respire mieux mais j'ai peur, peur de le voir, peur de ce que ça va me faire. Je me noie, je me noie sous les vagues, les torrents d'émotion. Dans mon sac, j'arrache une page, l'écriture est tremblante mais j'écris vite. Les mots vont mourir sur le papier glacé. « Isao. Isao. J'espère que c'est toi, je souhaite que ce soit toi derrière cette porte. En même temps, j'ai peur que ce soit toi. Je peux rester derrière cette porte aussi longtemps que possible. Si tu veux ou si tu veux pas me voir. Je ne sais pas. » Le stylo ne veut plus écrire ou alors c'est mes mains qui n'obéissent plus. Et s'il ne veut plus me voir ? Et si ce n'est pas lui ? La feuille glisse sous la porte alors que le haut de mon corps s'appuie sur la mince barrière. Il est de l'autre côté ? J'espère. Je ne saurais le dire, ni l'expliquer, mon coeur est triste et lourd en cette nuit. Isao, que m'as-tu fait ? Quelle est cette magie ? Je ne saisis plus rien, depuis quand ma vie n'est plus mienne ?

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Trapped in my mind

Au recoin de tous les taillis,
Mon âme s'écorche et se blesse
Et le coeur soûl, les traits vieillis,
Je ne suis que plaie ou faiblesse.
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MessageSujet: Re: You're my river running high, run deep, run wild    Mer 15 Aoû - 12:10



Où s'en vont, où s'en vont les poussières qui brûlent nos yeux nous troublent la vue & nous rendent amoureux?


Je crois que je n’ai jamais autant travaillé en deux jours. Mais en deux jours, je n’ai pas eu le temps de penser à quoique ce soit d’autres que mes photos et l’échéance imaginaire que je me suis mis pour rendre mon travail au magazine. Le patron avait été surpris d’ailleurs, quand je suis venu lui donner les fichiers prêts et fini avant dix-neuf heures. Ça n’arrive pas souvent que j’achève un travail deux jours avant l’échéance. J’ai toujours été dans les temps, parfois un peu juste d’ailleurs. Une seule fois en retard. Ils ne font pas de cadeaux dans ce métier, je n’en ai pas non plus. Mais pour une fois, mon patron n’a rien eu à dire sur mon travail. Il était propre, bien fait, et plus que dans les temps. Je n’ai pas arrêté, à peine pour dormir, à peine pour manger. Juste assez pour ne pas arriver à penser. Seulement voilà, j’étais en avance de deux jours sur mon travail. Ça me faisait deux jours sans rien faire. J’allais en profiter pour visiter quelques trucs, me bourrer d’excursions de musées en attendant un nouveau truc plus constructif à faire qui m’empêcherait de penser. Encore et encore. Ne pas penser, à elle. Non, il faudrait quelque chose de plus radical pour ne plus penser à elle. J’ai parlé à mon patron de rentrer en Afrique, il sait déjà où m’envoyer. Ce soir, je me suis envoyé des films, pour ne pas penser encore. Des films d’auteurs, compliqués, qui demandent de la concentration. Je n’ai vraiment pas envie de ressasser ce qu’il s’est passé. C’est vrai, je fuis la réalité, je déserte. Je ne le cache pas. Et puis même, tout le monde le sait. Ce soir, j’ai coupé la télévision à une heure du matin et je suis monté me coucher. J’ai une capacité incroyable à m’endormir comme une masse, sans remuer dans tous les sens, je m’endors, c’est tout. Je faillis ne pas entendre les coups frappés à la porte. D’ailleurs j’ai cru rêver. A deux heures du matin, on n’attend personne. Et personne ne s’invite chez les gens à deux heures du matin. Pourtant ça ne s’arrête pas, il y a vraiment quelqu’un de l’autre côté de la porte. Je n’ai pas envie d’aller ouvrir, il est trop tard, qui que ce soit, ça peut attendre demain non ? Visiblement non, je suis réveillé et je me demande ce qu’on me veut à cette heure. Péniblement je me lève et émerge. Je descends les marches dans le noir, ne me sentant pas encore prêt pour allumer la lampe. J’arrive à la porte quand un papier glisse sous la porte, je l’attrape et me rends compte qu’un peu de lumière ne serait pas du luxe. J’allume donc le hall et la lumière me fait soupirer. Je lis les mots sans les comprendre et m’y reprends à deux fois pour enregistrer vraiment le message. Mais ça reste flou, parce que je suis fatigué. Fatigué de faire autant d’efforts pour m’endormir sans tarder pour être coupé dans mon sommeil. Je sais juste que c’est Delaney et j’ai juste à savoir si j’ai envie de la voir ou non. Je ne prends pas longtemps pour réfléchir, bien sûr que je veux la voir. J’ouvre la porte brusquement et la jauge du regard. « Je ne comprends pas ce que tu me veux, alors entre et exprime toi clairement, je suis limité cette nuit… » Limité intellectuellement. Là, je viens de me réveiller et j’ai en face de moi, la personne que je désire le plus au monde et qui ne cesse jamais de me frustrer. Là, je viens de me réveiller et j’ai envie de lui faire l’amour. Voilà, il n’y a rien de plus simple. Limité intellectuellement. Je m’efface pour la laisser entrer et éteint la lampe, pour retrouver la douce obscurité, voir de façon moins nette le visage de Delaney. Sauf que c’est un piège. Les ombres sont beaucoup plus suggestives que les formes nettes et claires. Mais je ne rallume pas, parce que la lumière me fait mal aux yeux. « Je… » J’ai envie de toi, j’ai envie de te prendre dans mes bras, de t’embrasser et de te prendre là, où je pourrais. C’est ce qui a failli sortir de ma bouche. Alors je me rattrape, comme je peux. « Pourquoi tu pensais trouver quelqu’un d’autre ? » Détourner l’attention. Mon attention aussi. Je la regarde marcher dans l’appartement, moi je ne bouge pas, je la regarde simplement partagée entre l’envie de la dévorer et l’envie de la foutre à la porte. Parce que oui, l’histoire remonte peu à peu dans mon esprit. Et la colère fait peu à peu sa place.

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    Combien coûte, combien coûte le bonheur d'une seule nuit? et comment sommes-nous arrivez ici? qui a fait les océans et les coeœurs brulés? la colonne et le coup ne cesse de marcher. est-ce que tout peux pourrir même ce qu'il y a de plus doux? on nous jette des fleurs ou bien des cailloux?

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MessageSujet: Re: You're my river running high, run deep, run wild    Mar 21 Aoû - 9:42


Oh, I beg you, can I follow?
Dark room honey, I follow you

Le néant, il a quelque chose de fascinant et de déchirant. C'est revêtir la cape de l'invisibilité et devenir insignifiant, une goutte d'eau dans la mer, un grain de sable dans le Sahara. On se fond dans le décor, on disparaît, on meurt d'une certaine manière. Ignorée, je l'ai été, plusieurs fois. Rejetée, évincée, humiliée et tant d'adjectif peu flatteurs. La plupart du temps … non, tout le temps, j'ai accepté l'idée et je suis passée à autre chose. Je continuais de voguer me prenant pour une cible que personne n'atteindrait, non par pure arrogance, simplement parce que je ne désirais pas être touchée. Touchée coulée. Touchée lessivée. Touchée détruite. Mais devoir revêtir la cape de l'invisibilité quand on ne le désire pas, c'est autre chose, c'est différent. C'est plus dur à supporter, c'est comme tenter de s'envoler avec une ancre attachée à la cheville. Je ne veux pas disparaître, je ne veux pas m'envoler dans le néant. Ce que je veux ? Peut-être être une goutte d'eau dans la mer mais une goutte recherchée, désirée, je voudrais être attendue quelque part et que d'une seule et unique personne. La lumière de l'appartement zèbre l'obscurité d'ici et je sais que là, derrière cette porte, je ne suis pas attendue du tout. Ca me broie d'une certaine manière et je ne comprend pas. Je fais connaissance avec cette sensation, c'est nouveau, tellement nouveau, je ne pensais pas pouvoir éprouver ce genre de chose. Je me sens essoufflée, éreintée. J'ai l'impression de marcher des kilomètres encore et encore avec une charge beaucoup trop lourde sur mes épaules. Pour la première fois, la vie me fatigue. La porte s'ouvre d'un coup sec et ma respiration se brise, la lueur superficielle que crache l'ampoule de l'entrée m'aveugle englobant Isao d'une aura de lumière comme un ange descendu du ciel, comme le fils du soleil qu'il est. Il pourrait me brûler la rétine, je le laisserai faire sans aucune résistance. Je me redresse et quitte le sol rassurant, je défie la gravité. Une fois debout, j'ai son visage en panoramique, je me sens mieux en quelque sorte, je respire enfin. Il a cet air endormi sur le faciès qui me donne envie de le toucher, de le prendre dans mes bras mais rien n'y fait, rien ne se déclenche l'estomac noué d'un sentiment sans nom. J'entre en cherchant dans les basfonds de mon esprit ce que je veux moi-même, je cherche les raisons de ma venue ici dans le foutoir de ma cervelle retournée dans tous les sens. A peine entrée dans l'appartement, la lumière meurt, elle crève pour nous laisser dans l'obscurité. Ca me perturbe comme ça me rassure d'une certaine manière. Ne pas voir son regard, ne pas voir que j'existe plus dans celui-ci parce que comme la lumière, ça me crève, ça me perce, je deviens un ballon qui perd son hélium. M'exprimer clairement, c'est ce qu'il m'ordonne de sa voix encore hantée de sommeil, comme un soldat au garde à vous, c'est ce que je tente de faire, savoir ce que je veux exprimer. Tout se mélange dans ma tête. Tout. Trop. « J'avais peur, oui, de trouver quelqu'un d'autre. Je ne savais pas si tu allais repartir loin ... » Les mots se perdent et je m'affole un tantinet, finalement le noir est une bonne idée, mes gestes sont brouillons, mes gestes sont flous, teintés de nervosité. « … Loin de moi » Je me sens stupide, pire que la dernière de la classe, je suis la cancre de la vie. « Je suis là car je t'ai dit que je viendrais et … j'avais envie de te voir » Non. C'est faux. J'avais besoin de le voir, un besoin indescriptible. Je n'ai jamais eu besoin de quiconque avant et ce soir, j'ai besoin de lui. J'ai besoin de toi, Isao. Toi. Pourquoi toi ? J'en ai aucune idées mais c'est toi, uniquement toi. Je le dis pas, ça veut pas sortir. Est-ce parce que ça ne doit pas sortir ? J'ai l'impression d'être un funambule marchant sur un fil suspendu au dessus d'un vide. Je voudrais que tu puisse me voir à nouveau. Pardon d'être si égoïste. « Pourquoi j'ai disparu de ton regard, Isao ? » J'ai retourné cent fois cette question dans ma tête me demandant pourquoi ? Pourquoi ? Est-ce à cause de cette bague qui m'étouffe ? Est-ce que j'ai fait quelque chose de mal ? Est-ce moi ? Ou est-ce que c'est la tournure que doit prendre chaque personne que je rencontre ? Au fond, peut-être que c'est le destin qui me joue un tour, qui est entrain de me dire que c'est bien fait pour moi ! J'ai toujours fuit et c'est ce que j'aurais dû faire depuis le début, fuir encore et encore. Oh. Peut-être que je suis punie d'avoir voulu changer les règles du jeu ? Manoeuvre désespérée comme pour l'empêcher de s'éloigner encore plus de moi, mes mains se dressent, aveugles, dans le noir pesant, elles trouvent son visage et je le découvre d'une autre manière, à l'aveuglette. Je sais que tu peux me voir, même dans le noir, le soleil ne craint pas l'obscurité. Vois moi. Unique supplication muette étouffée dans un égoïsme puérile alors que mes doigts épousent sa mâchoire, le creux de ses joues, ses temps. Il y a tant de choses que je voudrais dire mais qui se meurent sur mes lèvres glacées. Un froid hivernal en plein été. C'est l'hiver qui se languit du soleil.

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MessageSujet: Re: You're my river running high, run deep, run wild    Lun 3 Sep - 17:32



Où s'en vont, où s'en vont les poussières qui brûlent nos yeux nous troublent la vue & nous rendent amoureux?


Je vous avouerais que mes pensées ne sont pas très glorieuses, je tâcherais de vous les épargner. Mais la voir là, deviner ses formes, les imaginer pour les avoir déjà explorées. Je ferme les yeux, tâchant de m’éclaircir les idées, mais fermer les yeux n’aident pas. C’est Delaney qui est là, l’esprit embrumé, je ne pense qu’à oublier pourquoi je lui en veux pour embrasser ses lèvres, la prendre dans mes bras et remonter me coucher, avec elle cette fois. Mais je ne peux pas, je ne peux plus. Il y a des règles. On s’en fou des règles. Mais elles sont là. Ses mots m’interpellent. Partir loin, loin d’elle. J’aurais dû, partir. Retourner en Afrique loin d’ici. Mais justement. Loin d’elle c’était une autre histoire. Je me cherchais des excuses mais ce n’était pas l’idée de partir loin qui me retenait, c’était partir loin d’elle en réalité. L’idée m’effleure. Mais je la lâche peu importe que ce soir ça ou non. Je ne pouvais pas être près d’elle. Loin, ce n’était plus qu’une question de temps. Pourquoi j’ai besoin de temps ? Je l’ignore. Mais j’ai besoin de plus de temps que ça pour partir. « Je vais partir, j’ai juste besoin de temps » Je ne sais pas pourquoi je précise. Comme si j’avais besoin de me remettre de quelque chose. Bien sûr. C’était même évident. Elle avait… envie de me voir. Mais elle avait disparu de mon regard, elle ne comprenait. Ah vraiment ? Es-tu sérieuse Delaney ? Ses mains me cherchent, me trouve et un instant j’oublie pour profiter de cette sensation de ses mains sur mon visage. Un soupir m’échappe, j’appuie ma joue contre sa main. Les miennes remontent pour attraper les siennes que je prends délicatement et que je détache de mon visage. Au passage, j’en embrasse une au creux de la paume, la main droite, celle qui ne porte pas d’alliance. Je l’embrasse et y frotte mon nez avant de redescendre ses mains et de les ramener contre elle. « Tu ne peux pas être dans mon regard Delaney… Tu es mariée. » J’observe sa silhouette, recherche ses yeux dans la pénombre mais ne les trouve pas. Il ne faut plus que je la touche. Ses mains sur mon visage, elles me font perdre mon bon sens. J’ai déjà du mal à résister à cette heure tardive. J’ai vraiment envie de l’entrainer dans mon lit avec moi. Mais je ne peux pas, je ne peux plus. Et ça me frustre de savoir qu’un homme l’attend dans son lit à elle. Qu’elle vienne me voir alors qu’elle a déjà un mari qui l’attend bien au chaud dans les draps du lit conjugal. L’image me réveille, me fâche. Mes épaules se raidissent et ma voix s’apprête à prendre un ton plus grave. Je la contourne, me dirigeant vers l’escalier de la mezzanine. « Rentre chez toi Del’ ton mari doit se demander où tu es passée. Tu ne devrais pas être ici » Je n’imaginais pas que le mot mari pouvait à ce point me retourner l’estomac et me rendre méprisant. Je respecte le mariage, je ne pense pas que je serais un mari un jour, mais je respecte le mariage. La preuve je repousse cette femme, magnifique, incroyable, unique en son genre, alors que je pourrais si facilement la faire monter dans mon lit. On en avait envie tous les deux, je ne me faisais pas de doutes là-dessus. Mais la savoir mariée, à un homme, qui tous les soirs la couchait dans son lit à lui. Je commençais à vraiment détester le terme ‘mari’. Cette exclusivité qu’il pouvait mettre sur Delaney. Savoir qu’elle reviendrait toujours vers lui parce qu’elle l’a choisi, pour vivre jusqu’à la fin de ses jours. Je monte, en me forçant à ne pas me retourner ni à m’arrêter, je monte. « Tu n’auras qu’à claquer la porte, elle se ferme toute seule » Je monte et elle disparait à mes yeux pendant que je me laisse tomber dans mon lit, sachant que je ne serais pas capable de dormir de la nuit après l’avoir vue sous mon toit. Non, loin de là.

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