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version n° 8 ✖ on kife les vioc's de cbl.
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 careful where you stand | ansgar

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MessageSujet: careful where you stand | ansgar    Mar 31 Juil - 12:52



Je remercie ma chance en répétant tout bas ; c’est bon que tu sois là…


Je n’avais jamais pris le temps de me poser et de lire un livre. Depuis que j’étais ici, je dévorais tous les livres que j’ai pu trouver et acheté. J’ai commencé par la collection de livre de la grand-mère de Tamsym. Je lui avais fait la lecture d’un des romans une fois, à cause de ses yeux. Je trouvais ça triste qu’à cause d’une aussi belle chose qu’une éclipse, la jeune femme avait perdu la vue. Elle n’avait pas mérité une vie pareille. Sans mes yeux, je ne sais pas trop comment serait ma vie, comment je me débrouillerais. Je ne peux compter que sur moi-même dans cette ville, je n’ai pas la chance comme mon ancienne colocataire d’avoir quelqu’un pour m’aider. Même si son mariage est assez étrange à mes yeux, Tamsym n’est pas seule, elle peut compter sur son époux. Parce qu’ici, un homme ne peut prendre qu’une seule femme à la fois comme épouse. Et la progéniture n’est pas la priorité du couple. Il parait qu’avant ça l’était, mais qu’aujourd’hui, les mœurs ont bien changé. J’en ai eu des discussions avec la jeune femme. Du haut de ses dix-huit ans, elle avait beaucoup de choses à m’apprendre, elle m’avait aidé à comprendre certaines choses pour mon intégration. On me regarde encore bizarrement à l’hôpital, à cause de mes débuts, mais presque indépendante, je n’avais presque plus à y mettre les pieds. Je n’avais juste qu’à y déposer les dossiers des patientes après mes interventions. Je pose le bouquin ouvert sur mon ventre et appuie ma tête sur le dossier du canapé, regardant le plafond blanc. Aujourd’hui, j’étais toute seule à la maison. Maksym et son ami étaient repartis ce matin, ils m’ont prévenus qu’ils repasseraient ce soir ou demain. Leur présence me rassure quelque part. Comme si, accompagnée, il ne pouvait rien m’arrivé. Je savais que ça n’empêcherait personne de s’en prendre à moi, comme la fois où cet homme a fait irruption dans l’appartement pour me menacer avec son arme. Je ne suis pas non plus sûr que s’ils avaient été là, ça aurait changé quelque chose. Ce sont de bons petits, mais ils sont insouciants et désintéressés. Je ne pense pas dire que l’on peut compter sur eux. Mais je ne vais pas les mettre à la porte pour ça, si je voulais un gardien, je prendrais un chien. J’y penserais à l’occasion. Les idées se bousculent dans mon esprit, tourbillonnant dans ma tête, je sens la fatigue me gagner peu à peu. La nuit a été longue, un accouchement long et difficile. Mais un enfant et une mère en bonne santé. Une nouvelle victoire de plus. Un nouveau miracle. Mes paupières se ferment et ma respiration prend un rythme plus régulier. Je sombre quand on frappe à la porte, sous les coups, la porte s’ouvre légèrement en grinçant. Je me réveille en sursaut et mon livre tombe sur le sol. Je passe ma main sur mon visage et ramasse le livre avant de me diriger vers le hall pour voir qui est là. Il est tôt pour voir les garçons rentrer, mais en même temps, je serais ravie de les voir arrivés, juste pour ne pas me sentir seule aujourd’hui. Ce qui m’inquiète un peu, c’est d’avoir entendu la porte s’ouvrir, j’étais persuadé que j’avais fermé derrière moi en rentrant. Quand j’arrive dans le hall sombre à cause de l’absence de fenêtre et que je vois une silhouette masculine dans l’encadrement de la porte, je me fige et mon livre me glisse des mains tombant avec fracas sur le sol. La certitude d’avoir été retrouvée me gagne et m’affole. On m’avait pourtant prévenue, de façon assez convaincante, que je devais être sur mes gardes. Ma main se lève fébrilement vers l’interrupteur, inquiète de la personne qu’ils ont envoyée pour me ramener. J’ai peur de reconnaitre cette silhouette haute aux épaules carrées, mon cœur s’affole, j’ai peur de découvrir un visage bien trop familier. La suite des évènements serait bien trop épouvantable pour l’envisager. La lumière s’allume, éclairant l’homme et je sursaute encore, portant ma main à ma bouche pour ne pas crier. Le soulagement et la surprise me prennent quand je reconnais l’homme à la porte de chez moi. Ansgar. Ma porte de sortie. Les larmes me montent involontairement aux yeux. La dernière fois qu’un étranger avait franchi le seuil de ma porte, je m’étais retrouvée avec un révolver sur la tempe. Je n’attendais jamais personne, il n’y avait que Tamsym et les deux garçons qui venaient chez moi. Et depuis ce jour, l’idée que quelqu’un ait pu reprendre le contrat qui pèse sur ma tête me terrorise. Je sens que ma main se mouille, les larmes de soulagement coulent sur mes joues. Je respire enfin, un peu tremblante encore. Je sèche enfin mes larmes et tente de reprendre contenance « Excusez-moi… Je ne vous attendais pas » Bien piètre excuse. Je ne savais pas trop ce que je pensais en ce moment, ni comment je vivais cette retrouvaille. Je crois que je suis ravie de le voir. Il était toujours aussi beau et intrigant qu’il y a deux ans. Les larmes se tarissent pour laisser place au souvenir de la soirée qu’on avait passée ensemble. Bien insuffisante. « Je suis désolée, ne restez pas là, entrez. » Je le regarde faire les deux pas pour entrer puis me dirige vers lui pour refermer la porte, fermant à clé et en attachant le verrou. Quand je me retourne, je lève la tête pour le regarder, un peu trop près peut-être, je ne me souvenais pas qu’il était aussi grand. Mon cœur s’affole un peu, mais pour autre chose. Puis je me rends compte que je ne l’avais jamais remercié pour le taxi et l’argent et je m’en trouve embarrassée. « Je… Merci » un peu timide peut-être. Je me sens un peu bête là. Il va me falloir un peu plus de temps pour retrouver mon aplomb naturel.

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    Quand je le regardais, je n'étais plus maîtresse de mes sentiments, c'est lui qui devenait mon maître. Mon intention n'était pas de l'aimer : on sait combien j'avais lutté pour arracher de mon cœur les germes de ce sentiment; et maintenant, à notre première rencontre nouvelle, ils revivaient, ils refleurissaient. Sans même me regarder, il se faisait aimer.
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MessageSujet: Re: careful where you stand | ansgar    Mar 31 Juil - 21:32

careful where you stand
j'suis gentille, j'te fais pas patienter une demie heure de plus le temps de trouver une citation x)


Il avait mis le temps pour la retrouver. Quelques longues semaines et plusieurs heures interminables passées au téléphone avaient été nécessaires. Et si découvrir la ville dans laquelle Shade avait déposée ses bagages avait été d'une facilité déconcertante, trouver l'adresse qui abritait son secret n'avait pas été tâche facile.

Quelques semaines plus tôt, Ansgar était finalement retourné au pays. Après quelques adieux rapide à ce bon vieux Québec, après un délicat baiser déposé sur la joue tendre de sa fille, l'avion l'avait finalement donné aux bons soins de Détroit - ville avec laquelle il flirtait depuis plusieurs années déjà. L'homme n'avait alors pas perdu de temps et s'était empressé d'appeler le chauffeur du taxi auquel il avait confié la vie de la jolie Shade. Un ami de longue date en qui il avait toute confiance. Un ami qui ne pu lui révéler qu'un nom : Phoenix. Solo avait alors poussé un étrange soupir, avait jeté un oeil bizarrement surpris à ses bagages encore bouclé, puis s'était embarqué dans le premier avion à destination de Phoenix. Etrange, oui... Cette impulsivité soudaine ne lui ressemblait pas. Que savait-il de cette jeune femme après tout ? Rien... Si ce n'était qu'elle s'était pressée à ses côtés en quête d'une aide qu'il s'était alors promis de lui offrir. Une aide qu'il ne lui coûtait rien d'offrir. Une aide qu'il avait la chance de pouvoir offrir à cette mystérieuse inconnue qui, plus encore que les regards timide de sa fille, le touchait au plus profond de son être.

Ainsi, Ansgar retrouva bientôt la terre ferme. Perdu au milieu d'une ville immense qu'il ne connaissait que de nom, encombré d'un sac monstrueux, il pensa longuement avant de savoir par où commencer. Shade. C'était le seul nom en sa possession. Une information alors inutile qu'il laissa rapidement de côté, pour se tourner vers la seule et unique chose qu'il savait de cette inconnue. Plusieurs semaines durant, Solo écuma les hôpitaux de la ville à la recherche d'une sage-femme prénommée 'Shade'. Une ombre, oui... C'était exactement ce qu'elle était. Une ombre perdue dans un océan de clarté glaciale. Une ombre qu'il tenta vainement de saisir, de s'emparer, d'apercevoir au sein de ce brouhaha lumineux. Sans succès. Par deux fois, l'homme se laissa abattre, fatigué de cette lutte incessante, de ce duel interminable avec une silhouette dont il ne pouvait discerner que les contours. Et, par deux fois, il retourna sur les traces indiscernables d'un spectre délectable, revigoré par la seule idée que, malgré son obsession, Shade restait introuvable. L'inconnue semblait s'être volatilisée, invisible à ses yeux, invisible à ceux de son passé.

Pourtant, malgré le sourire triste que ses innombrables échecs déposaient sur son visage, son regard électrique finit par capturer cette ombre ; ce 'Shade' malencontreusement déposé sur une feuille de papier. 'Shade O'Reilly' disait le dossier qu'une infirmière insouciante présenta à sa curiosité. Infirmière qui eut d'abord droit à un oeil assassin, puis à quelques sourires peints de reconnaissance. Sans croire à sa chance soudaine, Ansgar releva l'adresse inscrite sur le papier avant de recommander chaudement à l'infirmière de ne plus donner ce genre d'informations à d'autres inconnus à l'avenir, puis s'éclipsa, un rictus au coin des lèvres.

L'homme dévisagea longuement la jeune femme qui se présenta à lui, sur le seuil d'une porte qui n'avait su résister aux coups discrets de son apparition. Silencieux, il se troubla des larmes presque invisibles qu'il trouva dans ses yeux - puis sur ses joues - et, longuement, s'abreuva de ce regard que les années n'avaient pu effacer de sa mémoire. Ce regard unique, illuminé d'une naïveté dérangeante et d'une curiosité tout à fait démesurée. Une curiosité fascinante, à des lieux de celle qu'il avait pu observer sur les traits surpris des peuples qu'il avait approché par le passé. Une curiosité atypique que la chance avait placé sur sa route. Et puis... Il y avait ce visage teint d'une maturité innocente. Ce visage d'une finesse innommable, alors ébloui d'étonnement. Une fois encore, les lèvres d'Ansgar se fendirent en un indescriptible sourire. Discret, le soulagement apaisa son coeur et une joie intense - dont il ne pouvait comprendre le sens - s'empressa de venir le malmener. Peu importait...

Enfermé dans son mutisme, l'homme donna au palier la douceur glaciale de son absence et, sans un mot, répondit à l'invitation de la jeune femme. En deux pas, il se retrouva dans l'appartement. Appartement qui passa rapidement sous le joug de son indifférence, son regard prisonnier d'un visage qui - enfin - n'était plus un souvenir. Puis, des remerciements tombèrent et Ansgar ne pu alors offrir qu'un étonnement certain aux beaux yeux de l'inconnue. Une surprise qui se donna rapidement aux bras de l'incompréhension, alors que son éternel sourire se figeait un instant sur ses lèvres. De marbre, il s'empara pourtant de ce 'merci' et l'installa confortablement au sein de ses souvenirs, tout en espérant qu'il serait le dernier qu'elle aurait à lui offrir, soudain persuadé qu'il ne méritait pas cette timide reconnaissance. « J'aurais... » Un bref instant, il hésita, trébuchant sur des mots dont il ne pouvait se saisir, soudain déstabilisé par l'étrangeté de la situation. « ... peut-être du appeler, pardonnez-moi. » Exempt de toute vanité, ses yeux bleus suitaient d'un étrange effacement. « Tout comme j'aurais du faire en sorte de vous éloigner à l'autre bout du pays, loin de tout ce que vous chercher à fuir. » C'était vrai... Shade n'avait certes pas été facile à trouver, mais trois petites heures la séparaient de son ancienne vie. C'était peu. Bien trop peu. « Et, pour finir, je n'ai que trop tardé à partir à votre recherche. Une fois encore, je m'en excuse. » Légèrement, sa tête s'inclina, comme pour tarir - ne serait-ce de quelques millimètres - l'importance de sa taille. Il s'en était fallu de peu pour qu'il manque à sa promesse et, pour cela, seule la modestie lui semblait de mise. Non. Non. Il ne méritait pas ses remerciements.

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up ahead in the distance i saw a shimmering light ; my head grew heavy, and my sight grew dim, i had to stop for the night. there she stood in the doorway, i heard the mission bell and i was thinking to myself : this could be heaven or this could be hell. then she lit up a candle and she showed me the way.
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MessageSujet: Re: careful where you stand | ansgar    Mer 1 Aoû - 8:53



Je remercie ma chance en répétant tout bas ; c’est bon que tu sois là…


Je reste… intimidée devant sa stature et le personnage que j’ai devant moi. Sa présence m’étonne comme elle me ravit. Puis ce sourire, j’ai senti mon cœur avoir un raté quand il est apparu sur son visage. Je voudrais prendre le temps d’effacer les traces de mes larmes sur mes joues mais il ne m’en laisse pas le temps, plus enclin à me regarder qu’à laisser son regard azur s’égarer sur la modeste – voire inexistante – décoration de l’appartement, ne me laissant pas le loisir d’apparaitre sous un jour moins pitoyable. Un sourire timide éclaire néanmoins mon visage tandis que je trouve cette situation étrangement tendue et embarrassante. Je ne m’étais pas vraiment attendu à ce qu’il cherche à me retrouver, il m’avait aidé à mettre de la distance en moi et ma famille, je n’aurais jamais osé lui demander plus. Sa vie semblait déjà fort remplie à l’époque. Je n’étais même pas sûr d’avoir quelqu’un au bout du fil quand j’avais demandé à ce qu’on me compose le numéro. J’étais juste terrorisée à ce qu’on se rende compte trop vite de mon départ et qu’on me retrouve avant même que j’ai eu le temps de monter dans une voiture. J’avais attrapé le téléphone qu’on m’avait tendu et prié pour que quelqu’un me réponde. Ce que j’avais pu être soulagée en entendant sa voix. Comme aujourd’hui, en le voyant là, chez moi. S’excusant de ne pas être arrivé plus tôt. Mon sourire s’élargit en l’entendant s’excuser pour si peu, je me sentis soulagée d’un poids. Un léger rire cristallin s’échappa de mes lèvres alors que je me sentais reprendre peu à peu contenance. « Je ne vous attendais pas du tout, vous êtes donc en avance, ne vous excusez pas » Pour ce qui est de m’amener à l’autre bout du pays, j’ai déjà l’impression d’être au bout du monde dans cette ville. Ce n’est que très récemment que j’ai compris qu’en réalité, je n’étais pas si loin que ça et pas si difficile à trouver. Une nouvelle preuve encore : Ansgar m’avait retrouvée. Je ne savais pas comment il avait fait, mais personnellement, je trouve qu’il y a bien trop de personnes qui débarquent à l’improviste en sachant qui chercher. Rien que le souvenir de cet homme sombre au regard distant me donnait des frissons. (pas d’ambiguïté de sens sur ces frissons!) Il allait falloir que je trouve quelque chose pour y remédier. Je remettais également la présence des garçons en ces lieux en question. Ce n’était pas bon pour eux d’être avec moi. Le grand homme ténébreux aurait pu débarquer un jour où ils étaient là, les évènements auraient pu tourner autrement. Mon regard se voile un peu, mon sourire s’affaisse légèrement : « Vous savez, j’ai déjà l’impression d’être à l’autre bout du monde. Mais je crois que je suis trop facile à trouver et pas assez méfiante » Je baisse un peu le menton, le regard lui échappant un instant. C’est dangereux pour les autres, voilà pourquoi j’avais préféré m’éloigner de la charmante Tamsym, elle ne méritait pas d’être en danger à cause de moi. Il allait falloir que je trouve une solution pour les garçons. Je ne relève finalement pas les yeux sur lui, fixant un point imaginaire par-dessus son épaule. « La preuve, vous m’avez trouvé et c’est parce que c’est vous, sinon ça ne me rassure pas » Je relève les yeux vers lui. Oui, parce que c’était lui ce n’était pas inquiétant, j’étais plutôt heureuse qu’il m’ait retrouvé. Je n’aurais jamais osé réutiliser le numéro qu’il m’avait donné, même si je l’avais précieusement rangé. Je n’aurais jamais osé demander plus que ce qu’il avait déjà fait. Je me demandais d’ailleurs comment il m’avait trouvé, mais je ne posais pas la question. Je n’étais pas sûr de vouloir savoir avec quelle facilité il était possible de trouver mon adresse. « Vous voulez peut-être vous assoir ? Boire quelque chose ? Ou restez-là à essayer de graver mon visage dans votre esprit ? Peut-être qu’après, vous pourrez me dire ce qui vous a poussé à me retrouver » Mon petit sourire revint comme cette petite lueur dans mon regard quand je remarquais qu’effectivement, il ne désirait pas me lâcher des yeux. Loin de me déranger, j’effectuais moi-même cet effort de mémoire, retrouvant les traits qui m’avaient tant plu un certain soir.

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MessageSujet: Re: careful where you stand | ansgar    Mer 1 Aoû - 19:53

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j'suis pas convaincue x)

Le destin l'avait longtemps malmené cet homme qui, dompté par un visage angélique, ne pouvait détourner les yeux de cette présence trop longtemps recherchée. Odieux manipulateur, vil escroc, le hasard s'était présenté à Ansgar, avait offert la jolie Shade à ses yeux, puis - brillant imposteur, exécrable illusionniste - il la lui avait retiré, le privant d'une inconnue qui pourtant n'était pas appelée à le rester. Et à nouveau, la fatalité - cette puissante mystificatrice - avait placé cette délicieuse étrangère sur sa route, évidemment prête à lui rejouer un bien mauvais tour. Tour de passe-passe devant lequel l'homme n'était pas resté dupe. Silencieux, accompagné d'une flegme postiche, il s'était glissé derrière le rideau et avait mis à nu un numéro qui, à défaut de le mener au pays des rêves, brisait tout bonnement ses ambitions et l'enfermait dans un cauchemar dont il ne réussissait à déceler le sens et les fondements. Une fois. Pas deux. Ce fut alors un somptueux bras d'honneur qu'Ansgar adressa au destin. Un destin qui, irrité par le dos que lui présenta sa victime, avait mis un point d'honneur à compliquer sa tâche dans le seul espoir de le voir baisser les bras. Alors aurait-il pu réitérer son petit jeu et malmener à sa guise la patience - pourtant démesurée - d'un homme qu'il espérait jeter à terre. En vain. Le blond n'était pas homme à se laisser gagner par la frustration de l'échec. Sa revanche, il la tenait désormais dans le creux de sa main. Ou, plutôt, dans l'intense emprise d'un regard magnétique. Longtemps soumis à une détestable fatalité, Ansgar voyait finalement la chance lui sourire et, au regard des longues semaines passées sur les traces de Shade, sa présence soudaine s'annonçait comme une merveilleuse récompense, un cadeau inespéré qu'il n'osait effleurer de peur de le briser, une tendre illusion qu'il grava pour la seconde fois dans les dédales énigmatiques de sa mémoire, telle une œillade confuse à leur unique souvenir commun.

Tic. Tac. Traîtresses, les minutes s'échappèrent, offrant au regard du temps une évasion ambitieuse que personne ne pouvait prétendre empêcher. Une escapade sur laquelle Shade porta un œil amusé alors que les prunelles d'Ansgar se perdait dans la finesse de ses traits. Un sourire joviale soudain peint sur ses traits, elle le rappeler gentiment à l'ordre. Boum ! Cramé le Solo. Presque surpris, l'homme détourna un peu trop précipitamment les yeux avant de lui adresser une dernière œillade silencieuse dans laquelle il déposa quelques excuses. Son insistance était déplacée. Il en convenait. Loin de toute gêne, pourtant, il céda lui aussi à la lumière d'un énième sourire, avant de poser un oeil distrait sur les plantes - seules décoration d'un appartement d'une extravagante simplicité. Rapidement, il s'en désintéressa pour accepter une tasse de café. Ce matin-là, encore, il s'était levé aux aurores pour se jeter à la poursuite de cette inconnue insaisissable et si la fatigue restait invisible derrière le bleu de ses iris, elle n'en demeurait pas moins réelle.

Puis, Ansgar sombra de nouveau dans le silence, l'esprit soudain tourmenté par cette question qui, jamais jusque là, ne s'était immiscée dans ses pensées. Loin de tout embarras, c'est la confusion qui s'installa sur ses traits. Loin de tout malaise, c'est le trouble qui s'invita sur ses lèvres et lui vola quelques battements de coeur. Avec lenteur, l'inconfort s'illustra tel une entrave éphémère à son verbe facile. Éphémère, mais tout à fait incommodante... Et, quand enfin les mots réussirent à franchir cette boule d'incertitude qui obstruait sa gorge, ceux-ci s'attardèrent encore plusieurs secondes sur sa langue, s'offrant longuement le temps de la réflexion. Difficile d'offrir des réponses à des questions qui jamais, jusque là, n'avaient encombré son esprit. « Je ne sais pas vraiment ce qui m'a poussé à vous retrouver... » A défaut de réponses convenable, il lui donna la démesure de son honnêteté. « Vous semblez... différente. » Pensif, l'homme tenta longuement de lui expliquer l'inexplicable, soucieux de lui offrir de quoi satisfaire sa curiosité. « Je n'sais pas, c'est comme si... Comme si vous refusiez de sortir de ma tête ; comme si vous aviez placardé un millier de portraits de vous à l'intérieur de mon crâne... » Alors qu'il parlait, ses mains s'étaient emparées de son propre visage, comme pour essayer - par la gestuelle - de lui faire comprendre ce qu'il essayait de lui expliquer. Des explications quelque peu évasives dont lui même peinait à saisir le sens. Des explications pourtant utiles, alors qu'il mettait enfin des mots sur ce qui pesait sur sa conscience depuis leur première rencontre. « Je n'sais pas comment l'expliquer... Je n'veux pas vous effrayer. Ce n'est pas une obsession... Vous êtes un... souvenir surprenant auquel j'ai fais une promesse il y a deux ans. Et... Une promesse que je m'efforce de tenir, vous comprenez ? » Le tourment se lisait avec facilité sur les traits d'Ansgar alors que lui-même ne réussissait à comprendre les tenants de ses propos. Il s'essaya à une dernière tentative. « Vous avez ce regard... fascinant. Je n'peux pas l'expliquer, je n'suis même pas sûr de vouloir l'expliquer... J'ai l'impression que... C'est comme si vous me présentiez le sens de ma vie sur un plateau. Alors... J'aimerais comprendre ! » Mouais... Une troisième tentative qui tomba désespérément à l'eau alors que l'homme scrutait une fois encore le beau visage de cette femme à laquelle il avait tenté de se confier. 'Tenté', seulement...

« J'ai conscience que mon intrusion puisse vous troubler, voir même vous effrayer, mais... Si c'est le cas, je m'en irai. Je n'veux pas que... » Sa phrase resta inachevée. Un court instant, il ferma les yeux, surpris par son manque soudain d'éloquence - un travers auquel il n'était que peu habitué. Quand il les rouvrit, ce fut pour s'abandonner une nouvelle fois au silence, hanté par l'indécision, incapable de savoir s'il en avait trop dis ou - au contraire - trop peu.


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MessageSujet: Re: careful where you stand | ansgar    Jeu 2 Aoû - 7:52



Je remercie ma chance en répétant tout bas ; c’est bon que tu sois là…


Noyée sous des explications hasardeuses, j’entends sans saisir complètement le sens de ces mots. Je le regarde se débattre à m’expliquer alors que lui-même ne semble pas savoir de quoi il en retourne. Différente, disait-il. Des autres ? Je pensais avoir la réponse à cette impression. Une obsession qu’il disait ne pas en être une. Non, il ne m’effrayait pas. Je le laissais se débattre avec un très léger sourire. Intimidée encore plus par les mots qu’il m’offrait, je n’osais l’interrompre. Les mots me manquaient. Je lui offrais du regard ma patience et mon indulgence face à ses pauvres explications. Je n’osais rien dire parce que si j’avais placardé son esprit de mon visage, il hantait mes nuits. Je n’osais pas parler parce que mes rêves étaient embarrassants et que je n’avais jamais eu l’intention d’y céder, voyant la chance de le retrouver un jour bien mince. Je pense avoir connu assez d’hommes pour croire que cette obsession de moi tenait à ma différence, à ma couleur de peau. Exotique, on me désirait. Le mot ‘obsession’ revenait dans leurs discours et autrefois, ça me flattait. Que ça vienne de lui me flatte, mais j’avais une impression de déjà-vu et je m’en attristais. Les hommes me tenant un tel discours me mettaient dans leur lit et le lendemain, le fantasme réalisé, ils s’en retournaient auprès de leurs femmes. Bonne qu’à satisfaire des fantasmes. Je ne pouvais aspirer qu’à ça, à cause de mon handicap. Je crois que je n’ai pas envie d’être un fantasme pour Ansgar. Non. Je sais que je n’ai pas envie de l’être. Mais je ne vais pas le dire. Un peu trop réservée pour ça. Peut-être parce que je ne pense pas pouvoir vouloir plus que ça. Les hommes n’aiment pas les femmes stériles. Le sentiment qu’il semble éprouver, ce n’est qu’une passade, ça va sans doute passer. Malheureusement. Plus il se débat, plus il s’emmêle. Je trouve ça presque attendrissant. Ses propos sur mon regard me fait rougir tandis que je continue à soutenir le sien. Il finit par s’excuser, proposant même de partir. Cette éventualité me terrorise soudain. Et instinctivement mon bras se tendis et attrapais son avant-bras : « Non ! » C’était sorti tout seul. Mais l’idée qu’il s’en aille maintenant me paniquait plus que son triste discours. Qui en soi, n’était pas effrayant. Me rendant compte que c’était déplacé de sauter sur les gens de la sorte, je libère son bras doucement et fait disparaitre la panique sur mes traits. « Je veux dire… ne partez pas maintenant, vous aviez envie d’un café » c’est ça, rattrape-toi comme tu peux Shade. Je baisse le menton, détourne le regard. Puis je le contourne et me sauve dans la cuisine. C’est ça, je me prenais la fuite. Profitant du répit que m’offrait la machine à café. Mais ces machines sont rapides, puis je m’en étais servi un récemment, la machine tournait encore. Je retourne dans la pièce principale, la tasse fumante en main. Je le regarde, toujours debout. Je me dirige vers le canapé et pose la tasse sur la table basse. « Ça passera. Je veux dire, votre sentiment. Ça passera. » Je lève brièvement un regard un peu triste sur lui avant de laisser errer à nouveau dans le vide. « Il y a eu une soirée, puis j’ai disparu de votre vie sans que vous ne le décidiez. C’est normal de désirer quelque chose qu’on ne peut avoir. Maintenant, je suis là, je ne vais aller nulle part. » Je relève la tête, cette fois pour soutenir un peu plus longtemps son regard. « Ça va passer, il n’y a rien de plus à comprendre » Je suis différente. De mon point de vue, j’attire les regards parce que je suis différente. Ma couleur, mon exotisme. Ça plait ou pas. Mais quand ça plait, ça devient une obsession pour certains hommes de mettre une femme comme moi dans leur lit. Dans la communauté, je n’avais pas toujours mon mot à dire. Ici, c’était plus facile, je ne devais rien à ces hommes. Ils ne faisaient pas partie de mon monde, je pouvais leur dire non. Je m’assieds alors au fond du canapé, enlevant mes chaussures pour replier mes jambes sous moi. Appuyée sur l’accoudoir, je regarde la fumée s’échapper de la tasse blanche. « Vous savez ce qu’on doit faire pour acheter une arme ? » Puis je le regarde, lui cachant parfaitement ma tristesse face à son discours. Je ne veux plus être le fantasme d’un homme. Mais j’ai l’impression que je ne pourrais jamais être plus que ça.

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    Quand je le regardais, je n'étais plus maîtresse de mes sentiments, c'est lui qui devenait mon maître. Mon intention n'était pas de l'aimer : on sait combien j'avais lutté pour arracher de mon cœur les germes de ce sentiment; et maintenant, à notre première rencontre nouvelle, ils revivaient, ils refleurissaient. Sans même me regarder, il se faisait aimer.
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MessageSujet: Re: careful where you stand | ansgar    Mar 7 Aoû - 12:09

careful where you stand
up ahead in the distance i saw a shimmering light ; my head grew heavy, and my sight grew dim, i had to stop for the night. there she stood in the doorway, i heard the mission bell and i was thinking to myself : this could be heaven or this could be hell. then she lit up a candle and she showed me the way.


je suis.... frustrée x) en vrai j'ai encore des tonnes de choses à dire, mais la logique veut que je m'arrête ici uu c'est atroce

Ansgar ne pu s'en empêcher. Un pas. Il ne pu faire qu'un pas en direction de la sortie. Oui, si Shade prenait peur, si elle le désirait, alors il la laisserait en paix. Elle n'avait alors qu'un mot à dire et l'homme embarquerait de nouveau pour Détroit. Bien sûr, il ne pourrait alors se priver d'un dernier regard par-dessus son épaule. Un regard qu'il saurait triste et - cette fois - imprégné de mille regrets. Alors, telle une douce attestation quant à sa docilité, il se permit un seul pas en direction de la porte, mais la jolie O'Reilly ne le laissa pas s'en éloigner plus encore. Aux prunelles tourmentées de Solo s'invita quelque surprise quand la main de la jeune femme se referma brusquement sur son bras. Une emprise dont il ne chercha pas à se dégager. Quant à Shade, elle ne tarda pas à le libérer. De nouveau aux aguets, il viola impunément son regard, y découvrant avec peine une agitation qu'il ne comprenait pas et cet émoi troublant lui imposa une fois encore le silence, tandis que la demoiselle tentait vainement de justifier son geste pour le moins irréfléchi. Et la surprise passée, Ansgar goûta - à son tour - à un indescriptible, et non moins incompréhensible, soulagement. L'évidence était là, réelle... Et quand bien même l'homme se trouvait dans l'incapacité la plus complète de comprendre son sentiment, il n'avait ô combien aucune envie de partir ! Alors s'immobilisa-t-il de nouveau, tandis que volupté et tendresse se partageaient les traits de son visage. Et, fouillant une nouvelle fois son visage, il l'observa s'éclipser dans la cuisine.

Rapidement, Shade réapparue, accompagnée d'une tasse fumante qui, très vite, trouva sa place sur la table basse. Comme captivé, Ansgar s’enivra de chacun de ses gestes, pour enfin se heurter à quelques paroles qui - brutalement - le forcèrent à retrouver la terre ferme. C'était à prévoir. L'atterrissage fut presque douloureux pour cet homme qui ne s'était alors qu'essayé à l'honnêteté. Pourtant, sans céder à la grimace, ses lèvres se fendirent en un nouveau sourire. En quelques mots, la belle O'Reilly confirmait ses craintes. En quelques mots, elle prouvait que Solo n'avait su lui expliquer l’inexplicable. Rien de bien surprenant... Loin de s'en vexer, Ansgar conserva une parfaite - et presque dérangeante - sérénité, peu surpris par des doutes qu'il ne pouvait que comprendre. Sans chercher à démentir, il l'écouta avec attention. A quoi bon ? Par trois fois, son éloquence s'était essayé à l'explication d'un sentiment dont il ne pouvait lui-même saisir les fondements. Par trois fois, son verbe facile ne s'était heurté qu'à la brûlure cuisante de l'échec... Il n'était pas bon d'insister. L'envie, pourtant, se logea au fond de sa gorge. Brutale, elle tenta quelque évasion intempestive. Oh oui, ce silence imposé était frustrant quand Ansgar n'aspirait qu'à traduire le fond de sa pensée, qu'à éclaircir une situation délicate, qu'à démêler les fondements enchevêtrés d'un souvenir trop tenace ! L'homme voulait lui dire... Il voulait lui dire qu'elle n'était pas une chasse. Il n'était pas un de ces canidés à l'affût d'une proie. Il n'était pas aux aguets, prêt à fondre sur sa cible. Il n'aspirait pas qu'à mettre la main sur ses formes délicates. Il n'osait même la toucher... Non. Shade n'était pas une chasse. Oh, bien sûr, O'Reilly était une femme magnifique, une femme ô combien désirable ! Mais si Ansgar était bien certain d'une chose, c'était de sa propre curiosité. Une curiosité qui ne s'arrêtait pas aux simples futilités d'un désir charnel. Une curiosité bien au-delà de ces seules chimères insignifiantes. Oui. Oui. Solo aurait bien tenté une nouvelle fois sa chance et pourtant conserva le silence. Quand les mots lui faisaient défaut, il laissait à sa patience le soin de prouver sa bonne foi.

Alors que Shade parlait, Ansgar s'était approché de la table basse et ce fut d'une main assurée qu'il s'empara de la tasse fumante. Un instant, ses lèvres s'en approchèrent, avant de faire demi-tour, découvrant un liquide brûlant. Une chaleur très vite glaciale alors que la jeune femme reprend la parole, pour une question tant dérangeante que troublante. Quittant sa tasse du regard, l'homme la dévisage soudain, une lueur d'inquiétude peinte sur ses traits. « L'avantage de vivre dans ce pays... Il vous suffira de débourser l'argent nécessaire. » Les mots s'échappèrent de sa bouche presque machinalement, alors que mille questions espéraient franchir la barrière de ses lèvres. « Vous.... » Il s'interrompt une fois encore, de nouveau conscient de son retard. Nul doute, il n'a que trop tardé à la retrouver. « Que s'est-il passé ? » Sans s'étendre sur quelques explications qu'il prendra soin de lui donner plus tard, Ansgar laissa champ libre à son inquiétude, soucieux de comprendre les fondements de cette question peu anodine.


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MessageSujet: Re: careful where you stand | ansgar    Mar 7 Aoû - 20:14



Je remercie ma chance en répétant tout bas ; c’est bon que tu sois là…


j'suis frustrée aussi, t'en fais pas

Il ne se défend pas, ne conteste pas. Je suis un peu surprise, d’habitude les hommes s’enfoncent dans leur discours. Ansgar n’insiste pas. Avais-je raison ou tort, il semblait me laisser décider. Je ne décidais pas, je laissais filer. Je ne savais pas vraiment ce que je voulais. Ou je faisais semblant de ne pas savoir. Je pense espérer que j’ai tort dans le fond, et que son silence me prouve qu’il agit différemment parce qu’il est différent des autres. Je tâchais d’étouffer cet espoir dans l’œuf parce que je ne peux pas me permettre ce genre de choses. Le plus triste dans l’histoire, c’est que j’y arrive, que ce n’est plus si difficile que ça maintenant. Je sens mon regard qui me suis, qui ne me lâche pas. J’ai l’impression qu’il a peur que je disparaisse. Mais son regard n’est pas lourd ni gênant, au contraire, il est chaud, protecteur, il fait du bien. Je fais celle qui ne le remarque pas, je n’ai pas envie qu’il fasse attention et qu’il détourne le regard. Je suis bien sous son regard. Enfin il arrive et se sert, enfin le voilà près de moi, avec la certitude qu’il resterait au moins le temps d’un café. Ma question le surprend, sa réponse est automatique. Juste la somme nécessaire, c’est bon à savoir, c’est aussi assez effrayant. Je lève les yeux vers lui, qui n’avait pas encore osé prendre une gorgée de sa tasse. Je vois dans ses yeux une inquiétude qui me surprend un peu. Ça lui plisse légèrement le front et ça voile son regard. C’est attendrissant. Je sourirais bien mais ce qu’il s’est passé ne m’est pas agréable à se remémorer. Je ressens encore le métal glacial du canon posé sur ma tempe, l’attente et le silence seulement troublé par mes larmes et ma respiration. Je n’avais strictement rien vu venir, je n’ai rien remarqué en rentrant chez moi, mais il était là, il attendait simplement que j’arrive. J’avais été une proie facile, j’ai fermé les yeux et j’ai attendu. Rien n’est venu. Juste des mots, une mise en garde. La nuit la plus longue de ma vie après ma première fois. Je ferme les yeux, fronçant les sourcils soucieuse de chasser ces images de mon esprit alors que je m’apprête à lui expliquer ce qu’il m’est alors arrivé. « Il y a… quelques temps… Je » Je penche la tête sur le côté, toujours les yeux fermés, le front un peu plus plissé. « Il y a… un contrat sur ma tête, ma famille n’a pas l’air de beaucoup apprécier ma désertion » J’ouvre les yeux et le regarde timidement. « C’est l’homme qui est chargé de me descendre qui est venu… m’avertir » En posant une arme sur ma tempe et en faisant mine de tirer. Il y avait d’autres façons de prévenir quelqu’un, moins excessives. C’était pour que je me rende compte de la facilité que cette tâche serait pour lui, que si lui m’avait trouvé, tout le monde en était capable. La preuve, Ansgar m’avait trouvée. « Je ne veux plus me retrouver sans défense devant une arme posé sur ma tempe. J’ai besoin d’apprendre à me protéger, vous comprenez ? Personne ne le fera pour moi » L’homme m’avait prévenu qu’en refusant le contrat, il était possible qu’on s’adresse à quelqu’un d’autre et que je devais me protéger. Je ne faisais pas confiance en la police, ils ne me croiraient pas je pense, je passerais pour folle. Je ne veux pas qu’on me prenne pour une folle. Mais ils ne comprendraient pas. Ceux qui ne savent pas ne comprennent pas. Même Ansgar ne sait pas tout, mais il est le plus susceptible de me comprendre. Je me sens lié à cet homme, je pense vraiment qu’il peut comprendre. Je sais que j’ai tout à apprendre, je sais que je ne comprends ce que vouloir se protéger implique. Je sais qu’il s’inquiète pour moi, ça se lit sur son visage. Je n’ai pas envie qu’il s’inquiète pour moi, je voudrais effacer ces plis sur son front. Je voudrais y passer ma main et apaiser cette inquiétude. Il ne doit pas s’inquiéter, j’apprends à prendre soin de moi. « Ansgar… ne prenez pas cet air inquiet, je vais bien » C’est faux. Je ne vais pas bien. Je viens d’apprendre que j’étais facile à trouver et qu’avec un contrat sur ma tête, j’allais devoir faire attention, ou partir je ne sais pas encore. Non, c’est vrai, je ne vais pas bien. Maintenant, il s’agissait de savoir si je suis convaincante ou pas.

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MessageSujet: Re: careful where you stand | ansgar    Ven 17 Aoû - 21:54

careful where you stand
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ça vaut ce que ça vaut x) et encore une fois, je m'auto-frustre Arrow x)

Les interrogations d'Ansgar semblèrent troubler la jeune femme un moment. Patient, l'homme lui laissa le temps de choisir ses mots, partagé entre curiosité et inquiétude. Lentement, il mèna une seconde fois la tasse jusqu'à ses lèvres, souffla brièvement sur le liquide brûlant avant de s'y risquer. Mauvais timing. Au même instant, Shade reprit la parole et expliqua le pourquoi de sa question. Pour la seconde fois, Solo éloigna brusquement la tasse de ses lèvres, au risque de la renverser, tandis que le café tentait d'inonder ses poumons. L'homme toussa. Une fois. Deux fois. Avant de redéposer son café sur la tasse basse. Plus tard, peut-être. Il préféra porter une oreille des plus attentives aux propos tenus par la jeune femme, soucieux de n'en perdre mot et d'apaiser sa surprise. Une surprise attentive désormais au récit de la jolie O'Reilly. Une surprise que tenta de briser un soupçon d'irritation. De colère même ? Mais non. Non. Inlassablement, Ansgar conserva cette éternelle tranquillité. Son courroux, il le laissa de côté, l'enfermant à double-tour dans son coeur, à la place qui lui était réservée. Ce courroux qui aurait bien besoin pourtant de s'exprimer, de hurler, d'exiger des noms, de passer ses nerfs sur quelques objets dont l'utilité se verrait briser par une rage sourde et trop longtemps muette. Mais non. Une fois encore, l'homme trouva mille raisons d'apaiser son tourment. L'heure n'était pas à son trouble, mais aux émois de la cette jeune femme si intrigante. Celle-ci n'avait nulle besoin de supporter son irritation. Plus tard. Peut-être. Pour l'heure, il préféra le silence, pour ne perdre une seule goutte de ce récit qu'il installa dans un coin de sa mémoire. Et quand Shade lui assura qu'elle allait bien, il se laissa même aller à un sourire. Ce sourire... Toujours le même... Comme figer sur ses traits peints de mystères et de sérénité. Un sourire postiche pourtant. Solo n'était pas dupe. Personne ne pouvait aller 'bien' après pareil scénario. Non. L'homme n'était pas dupe.

Alors il abandonna presque définitivement sa tasse aux bons soins de la table basse et, dans un soupir, se permit quelques pas en direction de la fenêtre. Pensif, il imagina un moment la jolie Shade, une arme collée contre la tempe, un quelconque fou furieux prêt à l'abattre. Un fou furieux à l'évidence rattrapé par la raison puisqu'il l'avait prévenu de ce qui pesait au-dessus de sa tête. Mais... Ansgar serra les dents, en proie à quelques agitations, alors que l'image de la chétive O'Reilly s'installait sur le piédestal de son imagination. Une imagination soudain débordante qui termina de le convaincre. Non. Son aide n'avait été que futilité. Il aurait dû l'envoyer loin. Bien plus loin. Trop tard pourtant. Les dés étaient lancés. Shade avait une vie à Phoenix, désormais, il ne pouvait maintenant plus que lui rendre quelques menus services qu'il espérait suffisant. Alors, Solo se retourna, pour - une fois encore - emprisonner le regard de la jeune femme dans le sien. « Croyez-moi, Shade, je comprends et si ça ne tenait qu'à moi, je vous proposerais immédiatement mon aide, je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour vous protéger. » Ansgar ne bluffait pas et la sincérité perçait le timbre de sa voix aussi sûrement que ses prunelles tentaient de percer le mystère qu'auréolait la tête de la belle O'Reilly. « Mais j'ai conscience que ce ne serait pas vous rendre service. On a trop fait les choses à votre place pendant trop longtemps, n'est-ce pas ? » Instantanément, les traits de l'homme se durcirent alors que le seul souvenir de cet endroit - malsain - dans lequel avait longtemps vécu Shade s'emparait de sa mémoire. Souvenir qu'il laissa difficilement de côté pour poursuivre. « Une arme peut être utile, oui... » Songeur, il hésita un court instant, avant de continuer, une assurance nouvelle dans la voix. « Mais, si je peux me permettre, elle est loin d'être la plus utile. Une alarme serait bien plus dissuasive, vous pouvez me croire. Et vous n'avez jamais pensé à adopter un chien ? En plus d'être de bons gardiens, ils font de merveilleux compagnons. » Son regard se tourna enfin en direction de la porte. « Et... Vous devriez aussi faire réparer de cette porte. » Le sourire éclaira de nouveau le visage d'Ansgar alors que le souvenir de la porte, s'ouvrant sous ses coups, traversait momentanément son esprit.

De nouveau, l'intérêt de l'homme se porta sur la jeune femme. Il tentait de le cacher, mais l'évidence était là, bien palpable. Le récit de celle-ci l'inquiétait et, désormais, il ne passerait sans doute plus une minute sans qu'il ne se fasse du mauvais sang pour elle. Pire, ce sentiment, il semblait bien incapable de l'expliquer. Shade était la première... La première à agacer son esprit de la sorte, à tourmenter son coeur ainsi et se frayer une telle place dans les méandres de sa mémoire. Il avait traversé le pays pour elle et, désormais, il se croyait capable de bien plus encore. Si elle le lui demandait... Chose qu'elle ne ferait évidemment pas, il en avait la certitude. Alors, Solo ne pouvait maintenant plus que lui proposer son aide, la conseiller, dans l'espoir qu'elle lui ferait finalement confiance et, s'il en faisait trop, qu'elle n'hésite pas à le remettre à sa place.


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MessageSujet: Re: careful where you stand | ansgar    Sam 18 Aoû - 11:06



Je remercie ma chance en répétant tout bas ; c’est bon que tu sois là…


cette sale impression de pas avoir avancé et d'avoir tellement de choses à dire

J’observe sa stature éclairée par la lumière de dehors, j’observe son visage, ses traits tendus. L’inquiétude est partout sur ses traits. Encore. Ça ne quitte pas ses traits. Il s’inquiète pour moi, je ne sais pas ce que je dois en conclure, si ce n’est que ça me rassure quelque part. C’est quelque chose qui m’est familier. Quelque chose qui me manque. Dans la communauté, on n’était jamais seul et tout le monde se protégeait les uns les autres, enfin les hommes se chargeaient de nous rassurer, de nous protéger et de nous défendre. Nous les femmes, on prenait soin l’une de l’autre, jamais personne n’était mis de côté. Ici, la vie est différente. Je vis seule dans ce studio, et même quand les garçons sont là, ils ont besoin de leur propre espace. Parfois, c’est tentant de demander à l’un d’eux de dormir avec moi, mais apparemment ça ne se fait pas. Certains soirs, ça reste difficile de dormir seule quand on a été habitué à ne jamais l’être. Je regarde l’homme chez moi, sa présence occupe toute la pièce, mais elle n’étouffe pas, elle rassure. Je m’y suis accommodée bien rapidement. Je me sens bien là. Parce que je ne suis plus toute seule chez moi. Je dois bien me dire que ça ne va pas durer, il va rentrer chez lui et la maison sera à nouveau vide de cette présence bienfaisante. Ce n’est pas facile de ne compter que sur soi-même, je ne m’en sors pas si bien que ça. Je fais ce que je peux pour m’adapter, mais c’est long et parcouru de rechutes et d’envies par moment de rentrer chez moi, retrouver tous ces gens qui étaient là pour moi autant que je l’étais pour eux. Cette communauté n’était pas bonne, mais c’était tout ce que je connaissais. Ansgar reprend vie et capture moi regard pour m’assurer qu’il désirait être là pour moi, tout en m’annonçant que ce ne serait pas me rendre service. Mon regard se voile, devenu indéchiffrable. Oui, on a déjà fait beaucoup trop à ma place. Mais ici, je suis livrée à moi-même sans un temps d’adaptation. Je le vis assez mal certains jours. Je suis là depuis quelques mois, mais ce n’est pas facile d’être confronté vingt-quatre heures sur vingt-quatre à cette solitude à ce désintérêt des autres, à leur manque de compassion et d’altruisme. En ville, on est livré à soi-même. J’étais ravie de vivre pas loin d’où je travaillais et d’avoir une assistante qui me conduit chez les futurs mamans et me ramène. Le reste de la ville, je ne connais pas encore. Je n’ai jamais pris le temps de découvrir un peu. Bien trop peur de me perdre. « Je… Je ne sais pas ce que je ferais d’un chien » Sourire timide. Je ne sais pas trop ce que j’en ferais, je ne sais pas trop non plus comment m’en occuper. Ça a besoin d’une présence quotidienne, non ? Peut-être. « Une alarme, c’est comme quand les voitures hurlent parce que quelqu’un essaie de les prendre ? ça ne doit pas beaucoup empêcher les gens d’entrer quand même… Et pour la porte » Mon regard se pose sur le hall, sur la porte qui est dans cet état depuis un trop long moment. « J’ai demandé au propriétaire s’il pouvait s’en occuper… Je crois qu’il travaille beaucoup, il a dit qu’il passerait quand il aurait un moment. » Evidemment, il ne passerait pas. Mais je n’étais pas censé m’en douter. Et puis, trop polie pour insister… Quand je relève les yeux vers moi, il est toujours là, à me scruter avec cette lueur d’inquiétude au fond des yeux. Je soutiens son regard un moment, en silence, goûtant au plaisir d’être vue, enfin, d’exister. Parce qu’il avait ce pouvoir, déjà le premier soir, il avait ce pouvoir dans ses yeux, de vous faire exister. J’avais pris conscience que j’existais moi, en tant qu’individu, et pas juste en tant que faisant partie de la communauté. Dans les yeux d’Ansgar, je me sentais exister. Je commençais également à prendre conscience qu’il pourrait partir, à tout moment et que je ne me sentais pas prête à le voir partir maintenant. « Est-ce que… vous devez rentrer chez vous ? Je veux dire, avez-vous le temps de rester un peu ou vous êtes attendus ? » C’est vrai, j’avais peur de le voir partir maintenant et je le cachais difficilement. Je voulais bien de son aide, je voulais bien qu’il soit là. Qu’il reste. Mais on ne demande pas ce genre de chose. On est seul ici, il faut garder cela à l’esprit et ne pas s’attendre à ce que ça change. J’essaie alors de sourire un peu, faire bonne figure pour espérer voir ses traits changer. « J’ai l’impression que vous me regardez comme si j’allais disparaitre, Ansgar » Je souris, amusée. « Mais je ne vais pas disparaitre, j’ai trouvé une place ici. Vous, par contre vous allez disparaitre, quand vous devrez partir pour chez vous ou pour votre travail » Mon sourire reste, mais se crispe un peu. Se fige, parce que je sais qu’il va partir et que je sais aussi, que je n’en ai pas envie. Parce sa présence rempli la pièce et qu’elle me rassure et me sécurise.

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MessageSujet: Re: careful where you stand | ansgar    Sam 18 Aoû - 19:54

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je te comprends, y'a vraiment trop trop trop de choses à dire

Alors qu'il continuait à la dévisager, alors qu'il tentait silencieusement de percer la finesse de ses traits, d'anéantir la détresse de son regard, il comprenait avec quelques peines la complexité de leur relation. Il la comprenait, mais ne parvenait à l'envisager. Sans attache, Ansgar était un homme d'aventure, entièrement soumis à l'appétit de sa curiosité. S'il savait les bienfaits de l'amitié et même - il se plaisait à le croire - de l'amour, il n'en connaissait ni les peines, ni les limites. Et pour cause ! Il ne les avait jamais exploré... Ansgar et Shade. Qui étaient-ils l'un pour l'autre ? Peu de chose... Si ce n'était deux inconnus en soif d'apprendre. Et alors, sans le savoir, la jolie O'Reilly mettait Solo face aux frontières même de son âme et de son intérêt grandissant pour cette troublante demoiselle. Une demoiselle qu'il ne souhaitait que connaître dans l'espoir de comprendre ce sentiment qu'elle animait en lui. Un désir qui se mêlait étroitement à une peur inconcevable. Oui, la connaître serait un délice et l'homme n'aspirait à nulle autre chose que de rester à ses côtés. Cela, il n'en doutait pas. Mais alors qu'adviendrait-il de sa curiosité quand enfin Shade ne serait plus une étrangère ? Telle semblait être cette interrogation cruelle qui savait aisément immobiliser toutes ses questions aux frontières de ses lèvres. Et l'évidence tombait alors... Détestable. Perplexe, l'homme palpait enfin cette vérité dérangeante : il ne se connaissait pas lui-même. Et s'il avait affronté les barrières et les curiosités du monde, celles de son esprit, de sa nature, restaient un funeste mystère. Alors dans le silence retrouvé planait désormais deux seules certitudes. La première : Ansgar ne souhaitait rien de plus que de comprendre cette jeune femme aux mille secrets. La seconde : ce qu'il resterait de ses sentiments étranges et inconnus une fois les énigmes tombées était un inconnu avec lequel il avait bien peur de frayer. Et pourtant, il restait un dernier point qui - une fois encore - offrait à Shade un piédestal unique : jamais encore Ansgar n'avait tant craint de trouver des réponses ; jamais encore il n'avait tant espérer s'éterniser auprès d'une âme qu'il savait exceptionnelle ; et jamais encore il n'avait mis sa curiosité de côté au profit d'égards auxquels il n'avait jamais gouté jusqu'alors. Et, bien plus que tout le reste, ces seules certitudes le confortaient auprès de la douce O'Reilly, jeune femme qu'il ne semblait vouloir délaisser pour rien au monde.

Enfin loin de ses pensées, Ansgar porta une oreille attentive aux propos de la jeune femme. Toujours, une ride d'inquiétude barrait son front. Ride que Shade su faire disparaître alors qu'elle mettait sa naïveté à nue. Loin de toute moquerie, c'est un demi-sourire amusé qui se peint sur le visage de Solo. S'écartant de la fenêtre auprès de laquelle il avait trouvé refuge pendant un moment, il s'attendrit devant cette innocence troublante alors qu'il prenait lourdement conscience des difficultés que Shade avait du affronter depuis son départ de la communauté. Des difficultés qu'il ne pouvait imaginer, ni même concevoir et qu'elle lui dévoila avec une simplicité presque touchante. Elle semblait avoir tant à apprendre... Et alors qu'elle tentait expressément de trouver les mots pour savoir s'il avait encore un peu de temps à lui accorder, le coeur d'Ansgar se serra sans qu'il ne réussisse à en comprendre la raison. Le silence. A nouveau. Cette fois, l'homme ne détourna pas les yeux, alors qu'elle s'amusait de son insistance, alors qu'elle lui faisait gentiment remarquer qu'il ne cessait de la dévorer, de la scruter, sans réussir à s'en lasser. Lui si habitué à observer la beauté du monde à travers un objectif, voilà qu'il contemplait l'innocence même d'un regard électrique... Incapable de s'en défaire. Shade ne semblait... pas comprendre. Non. Elle ne comprenait pas. Alors, c'est d'une voix étonnamment douce, étonnamment simple, que Solo reprit la parole, s’enivrant d'un souvenir qui ne pourrait que leur servir. A eux. « Vous savez... J'ai connu une femme. Une femme pleine d'assurance, hautaine. Elle semblait inébranlable. Elle ne se reposait pas sur les autres. Jamais. C'était une femme désirable, si séduisante, si... unique. Elle paraissait intouchable. Non... Elle l'était, en fait. Et puis un jour, elle a trébuché sur une pierre et s'est agrippée à moi. Elle s'est retrouvée si vulnérable tout à coup ! Comme capable de se donner au premier venu. Cette femme, elle m'a captivé et, pourtant, je la méprisais. Elle avait peur de tomber, peur de ne pas retrouver la force de se relever. Incapable de se battre... Et vous... semblez être tout son contraire. » Ansgar se doutait que Shade ne comprendrait pas les raisons qui l'avait poussé à confier ce souvenir. Pas tout de suite, du moins. Peu importait... Viendrait le temps où - il l'espérait - elle saurait défaire les nœuds de cet aveu.

« Alors... Non, Shade, je compte bien vous accaparer encore quelques temps, si vous me le permettez. » Sans s'éterniser sur ses souvenirs, Ansgar retrouva bien vite leur précédente conversation. Il avait tant de choses à dire, tant de choses à lui expliquer, à lui montrer... S'improvisant un moment professeur, il lui expliqua brièvement le fonctionnement d'une alarme, oublia le sujet du chien qui semblait tant l'inquiéter et s'approcha finalement de la porte qu'il observa d'un œil inquisiteur. « Mh... Je pense pouvoir m'occuper de cette porte, vous savez ? Je doute que votre propriétaire 'trouve le temps' de s'y intéresser. » Ansgar tue ses intentions, mais comptait bien aller frapper à la porte du concerné très prochainement. Simple histoire de mettre les choses au clair... Puis, abandonnant finalement la porte à son triste sort, il s'intéressa de nouveau à celui de la demoiselle, s'approchant à nouveau de ses récents déboires avec cet inconnu qui s'était si facilement introduit dans son appartement. « Et, à propos de ce gentleman si charmant qui a trouvé très distrayant de placer une arme sur votre tempe avant de vous avertir du danger que vous courrez... Avez-vous une idée de son identité ? Son nom ? Vous avez pu voir son visage ? Avec des preuves il vous serait facile de porter plainte, vous savez... » La voix d'Ansgar s'était fait hésitante alors qu'il conseillait à Shade de parler à la police. La jeune inconnue avait passé trente longue années au sein d'une communauté, d'une famille et, n'en déplaise à Solo, celui-ci se doutait bien qu'elle ne saurait compromettre la liberté de sa famille avec une telle facilité. Enfin... Il aurait au moins essayé. pis moi je trouve rien de mieux à faire que de mettre lon dans la merde *out*


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MessageSujet: Re: careful where you stand | ansgar    Ven 24 Aoû - 11:46



Je remercie ma chance en répétant tout bas ; c’est bon que tu sois là…


bon la, c'est d'la daube désolée uu.

Je ne sais pas trop où nous mène son histoire. Quand il parla de cette femme, je me suis senti me rembrunir un peu. Je ne sais pas. Il décrivait une femme qui n’était pas moi peut-être. C’est vrai que toute seule je ne m’en sors pas, j’ai besoin des autres. Je n’aurais pas réussi à me débrouiller un minimum si je n’avais pas vécu avec cette jeune femme dans cette caravane. Ne pouvoir compter que sur soi-même, l’indépendance. Ce n’est pas quelque chose que je connaissais avant. Je me repose sur les autres, un rien m’ébranle et je trébuche régulièrement. Je ne suis pas une femme pleine d’assurance, je suis juste perdue dans cette grande ville. Je suis vulnérable. Et la façon dont il parle de cette femme, vulnérable il l’avait méprisé. Je me ferme un peu plus. Je ne veux pas qu’on me méprise. Qu’il me méprise. Puis la fin de sa tirade me fait lever à nouveau les yeux vers lui alors que je tentais de lui cacher mon ressentiment en laissant errer mon regard ailleurs. Tout son contraire. Forte ? Je ne sais pas. Je ne comprends de toute manière pas pourquoi il me raconte tout ça. Mais quand il me dit qu’il compte bien m’accaparer encore un peu, je me sens soulagée. Peut-être que ça se voit, peut-être que ça se lit. Un livre ouvert peut-être. Il se détourne s’intéresse à ma porte, je sens quelque chose de bizarre dans sa voix pourtant. Je ne sais pas ce que c’est. « Merci, c’est gentil » Puis il revint vers moi, revenant sur un sujet plus délicat. Mh oui, la police. Parlons-en. Je me rembrunis totalement. Je n’ai plus envie de voir la police, ils posent trop de questions et ne vous croient pas. « Je n’ai pas envie de retourner voir ces gens, ils posent beaucoup trop de questions pour au final vous renvoyer chez vous en vous conseillant de bien vous reposer. » Quant à l’homme qui s’était introduit chez moi, je n’oublierais jamais les traits de son visage. Je ne comprenais pas qu’il m’ait laissé en vie, j’étais pleinement capable de le reconnaitre. Ce regard froid, sombre, ces traits figés dénués d’expression. Il y a des visages qu’on n’oublie pas. Je ne pourrais pas oublier ce visage, le froid de l’arme sur ma tempe et la certitude que c’était fini. Non, je n’oublierais pas. Mais je ne compte sur personne pour m’aider. « Je sais à quoi il ressemble, j’ai déjà fait sa description, mais le policier qui m’a raccompagné dehors m’a dit que mon témoignage ne serait pas retenu. Par manque d’informations, je n’ai pas donné la raison pour laquelle on désirerait m’assassiner. Mais je crois que ce policier me surveille, je le vois régulièrement dans le quartier. » Je soupire. L’inspecteur Millers trainait effectivement dans le coin, il venait prendre régulièrement de mes nouvelles dans nos rencontres hasardeuses. Je ne sais pas s’il a fini par croire mon histoire ou s’il a peur que je sois dangereuse. Je passe une main sur mon visage préoccupée par toute cette histoire. « A ce stade, je ne sais pas ce que je peux faire de plus. Je voudrais… savoir me défendre. Je ne sais pas où commencer. Je pensais trouver de l’aide auprès de ces hommes, ils sont là pour ça après tout, mais on ne peut pas compter sur eux. Je ne sais pas… sur qui compter, quoi faire, ni vers qui me tourner. » Ne se reposer que sur soi-même, c’est difficile. Se sentir seule quand on se retrouve dans une ville peuplé d’un millier d’habitant, c’est déroutant. « Ici c’est chacun pour soi vous comprenez ? » Je le regarde, le scrute. Je ne lui demanderais pas d’être là pour moi, il a déjà tant fait pour moi. « Là-bas, on était tous ensemble, personne n’était mis de côté… » Ça me manque parfois. Je n’aime pas cette solitude. Je me redresse un peu sur le canapé, replie mes jambes contre ma poitrine et enserre mes genoux de mes bras. Je le regarde, fatiguée. « Vous n’êtes pas obligé de faire ça. Je veux dire rester, vouloir me rendre service. Je ne vous le demande pas, vous n’êtes pas obligé. »

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    Quand je le regardais, je n'étais plus maîtresse de mes sentiments, c'est lui qui devenait mon maître. Mon intention n'était pas de l'aimer : on sait combien j'avais lutté pour arracher de mon cœur les germes de ce sentiment; et maintenant, à notre première rencontre nouvelle, ils revivaient, ils refleurissaient. Sans même me regarder, il se faisait aimer.
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MessageSujet: Re: careful where you stand | ansgar    Mar 28 Aoû - 0:23

careful where you stand
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deux heures de retard, tu m'excuseras x) Arrow puis là je suis pas du tout sûre de ma fin.... boarf, faut bien prendre un peu de risque x)

Ansgar l'observait ce petit bout de femme insensible à la luxure du monde. Intrigante. Fascinante. Elle l'attendrissait. Elle le rassurait. Sa présence trouvait pleinement grâce à ses yeux. Ce rayon de soleil, dernière lueur d'un monde trop sombre. Cette reine d'innocence désormais perdue dans l'indifférence d'une foule désinvolte. Et alors, il souriait, soudain intrigué par cette impénétrable simplicité. Mystérieuse. Sobre. Elle semblait tout et son contraire. Sans nul doute, elle le désarçonnait ; le troublait ; donnait à son coeur mille raisons de battre plus promptement encore, sans faillir. Et, tandis qu'elle parlait, il comprenait lentement à quel point ce monde pouvait l'effrayer. Evidemment... Oui, l'homme avait vu l'étrange atmosphère dans laquelle Shade avait grandie. Très brièvement, bien sûr, puisqu'on estima sa présence inopportune quelques heures seulement après son arrivée. Mais oui, il l'avait vu. La communauté s'était méfié de lui. A raison, peut-être, mais Ansgar avait accueilli cette méfiance telle une mise à la porte et n'avait pas trouvé bon d'insister. Et ce seul souvenir n'aurait jamais troublé les parois monstrueuses de sa mémoire s'il n'avait été accompagné d'une rencontre qu'il n'avait su oublier. Au même titre qu'il n'avait pu oublier cette longue conversation qu'il avait partager avec la belle O'Reilly. Celle-là même qui devait désormais affronter un individualisme des plus primaires tout en regrettant la solidarité qui unissait les siens et qui - il n'en doutait pas - ne pouvait maintenant plus qu'accepter perplexité et incompréhension sur ses traits. Oui, Solo comprenait. Shade était seule. Entièrement seule. Egarée dans les dédales infernales d'une société qu'elle n'était pas en mesure de cerner et encore moins d'envisager.

L'incertitude luisait négligemment dans le regard de Shade. Encore, elle doutait. Encore, elle se retrouvait indécise l'obstination presque invisible de son 'invité'. Réticente, elle luttait avec acharnement, convaincue que celui-ci n'avait nulle raison de rester. Et Ansgar ne pouvait lui en vouloir. Une fois déjà, il avait essayé de lui expliquer ce qui l'avait poussé à l'aider. Mais la demoiselle n'avait compris. Sans l'en blâmer, l'homme tenta une nouvelle fois de trouver les mots. En vain. Comment lui expliquer, sans l'offenser ni l'inquiéter, qu'il avait besoin de l'aider ? Qu'il rêvait de la voir en sécurité, sereine dans un monde qu'elle aurait choisie ? Qu'il se placerait entre le canon d'un revolver et elle s'il le fallait ? Non. Vraiment, il ne pouvait le lui expliquer quand lui même ne pouvait comprendre les raisons de son obstination. De plus, il ne saurait lui dire qu'il se battrait bec et ongles pour ne pas la voir retourner là-bas. Là où on la privait des beautés du monde. Non. Muet, Ansgar interdit soigneusement à ces mots de franchir ses lèvres. Il n'avait pas le droit de lui imposer le poids de ses propres doutes, de ses propres confusions, de ses propres questionnements. Shade avait certainement bien assez à faire avec ses propres incertitudes. Alors Solo, dans un dernier espoir de la convaincre de sa bonne foi, sortit un stylo de sa poche, puis un vieux ticket de métro. Accroupit devant la table basse, il nota l'adresse et le numéro de téléphone de l’hôtel dans lequel il avait élu domicile. Se redressant, il abandonna le ticket sur la table, le confiant aux bons soins de Shade. S'en désintéressant, son regard retourna se fondre dans ses prunelles. « C'est l'adresse et le numéro de la chambre que j'occupe à un hôtel situé sur Maryvale. Vous pouvez m'appeler n'importe quand, à n'importe quelle heure. » Les yeux qu'il posa sur elle se perlèrent d'insistance. Si elle le ferait ? Il n'en savait rien. Il l'espérait. Que pouvait-il faire de plus ?

Longuement, Ansgar scruta le silence de Shade. Et toujours, cette éternelle étincelle d'agitation dans les prunelles de cette dernière. Tourments. Soucis. Agitation. Alors l'homme délaissa son immobilité et son hésitation pour s'approcher de la jeune femme. D'un énième regard, il balaya son trouble. Sans mot dire, il s'installa à ses côtés et l'entoura d'un bras protecteur. S'il craignait la réaction de la belle O'Reilly ? Non. Il n'en avait nulle raison. Chaste, son étreinte se dénuda de toute malveillance. Solo n'était pas homme de mauvaises intentions. Silencieux, il se fit un moment chaperon, gardien d'une singulière rareté. « J'ai besoin de ta confiance, Shade. » Délicate, la voix de l'homme se fit murmure, quand un tutoiement brisait cette distance que les convenances exigent. « Laisse-moi être là pour toi. Laisse-moi t'aider et te prouver que l'égoïsme n'est pas la seule valeur de ce monde. Je ne te demande pas une confiance aveugle, puisqu'ici tu devrais te méfier de tout le monde. Mais laisse-moi une chance. Juste une chance de t'aider à trouver ta place. Offre-moi l'honneur de te connaître. » Encore un instant immobile, Ansgar finit par briser son étreinte dont lui-même n'aurait pu jurer le sens. Et de nouveau, son regard se fit hésitant. Lui, si peu habitué à atteindre les limites, en avait peut-être franchi une. C'est pourtant sans se confondre en excuse qu'il termina. « S'il te plait, laisse-moi cette chance. »

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MessageSujet: Re: careful where you stand | ansgar    Dim 2 Sep - 12:04



Je remercie ma chance en répétant tout bas ; c’est bon que tu sois là…


pour nous frustrer un peu plus, parce que j'ai une autre idée qui germe...

J’aime la chaleur de son regard posé sur moi. Il est rassurant. Sa présence entière est rassurante. Mais je me répète. Il faut que j’arrête. Je le laisse, m’observer, me couvrir de son regard chaleureux. Je n’en ressens aucune gêne, je suis bien sous ce regard. J’aime ce sourire et cet éclat dans ses yeux. Puis un stylo, un bout de papier et il m’offre un bout de papier, avec un numéro et une adresse. J’ignore si j’oserais. Je sens néanmoins une pointe de déception. Parce que ça signifie qu’il va partir, à un moment donné, il va rentrer chez lui, dans sa chambre d’hôtel. Oui mais tu le savais Shade. Oui c’est vrai, il n’empêche que j’ai ce petit pincement au cœur là, qui me dérange mais que j’ignore. Je détourne juste un court instant le regard, parce que je suis un livre ouvert, que je ne veux pas l’ennuyer avec une certaine déception mal placée. Elle n’a pas lieu d’être. N’a pas de droit d’exister. Mais c’est vrai que je n’avais plus ressenti ce sentiment de sécurité depuis longtemps, depuis que j’avais demandé à quitter la communauté. Après je ne m’étais plus senti bien. Même en attendant le bon moment pour fuir, j’avais pris conscience de ce qu’était vraiment la communauté et elle me faisait peur. Quand on prend du recul, quand on vous ouvre les yeux sur la vérité de votre ‘famille’ vous pouvez tomber de haut. La vision du monde que m’a offert Ansgar ce soir-là, différait radicalement de mon monde, que je crois seul et unique. J’ai découvert que l’autre monde, celui qui nous paraissait dangereux et malfamé, j’ai découvert que ce monde, il ne l’était pas tant que ça et que j’avais envie de le découvrir. Je savais aussi que je voulais le découvrir à travers les yeux d’Ansgar. Parce qu’il avait ouvert les miens. Mais ce monde, je l’avais tout d’abord découvert seule et je n’avais pas vraiment apprécié tout ce que j’avais découvert. Je ne sais pas ce que j’ai attendu depuis mon arrivée mais je m’étais dit que j’avais le temps pour le découvrir, que ça devait exister mais que ça attendrait, qu’en attendant, je devais trouver ma place. Mais qu’attendais-je ? Le canapé qui s’enfonce sous son poids me fait lever la tête vers l’homme qui maintenant place son bras autour de mes épaules. Je me raidis un court instant, par réflexe, avant de naturellement me laisser aller. Ce ne fut pas difficile de se laisser entourer par cette chaleur. Non, pas difficile. Mais je détournais la tête, intimidée néanmoins par cette proximité. Ce chuchotement à mon oreille, le discours qui passe sur un ton plus proche, coupant court aux convenances pour se rapprocher de moi. Je préférais. J’en avais marre de cette distance qui s’imposait entre les gens, qui les forçait à rester dans leur bulle, renforçant la solitude de chacun. Le respect de l’intimité de chacun. C’était quelque chose que j’avais eu difficile à intégrer. Chacun était proche de tout le monde chez moi, on formait un tout, on n’était pas des individus, on était un tout. Liés entre nous. L’individualisme a du bon, je l’ai découvert, mais c’est un peu trop, pour moi. J’aimais bien, qu’il coupe court aux convenances. Il me demandait cependant, quelque chose que je lui avais déjà donné. Le jour où il m’avait aidé, quand je m’étais enfuie. Il s’écarte, son bras se détache de moi, je regrette déjà ce contact. Je relève la tête, le regarde pendant qu’il me demande encore une fois, cette chose qu’il possédait déjà. Ma main s’empare alors timidement de la sienne, que je recouvre avec l’autre main. « Ansgar vous êtes ici, chez moi, je vous ai parlé de cet homme qui est venu, de ce que je ressens… Vous avez déjà ma confiance. Tu as déjà ma confiance. » Ça non plus, ça n’avait pas été difficile à donner. Je ne suis pas d’un naturel méfiant, j’apprends. Mais je fais encore bien trop facilement confiance. Mais il y a confiance et confiance. J’ai confiance en ces deux garçons qui viennent de temps à autres vivre ici, j’ai confiance en mon assistante qui à chaque intervention m’emmène chez la future maman. Mais j’ai confiance en Ansgar, parce qu’il peut comprendre, qu’il sait. J’ai confiance en lui parce qu’il sait et qu’il est là, aujourd’hui à m’offrir son aide comme il y a deux ans. Comme il y a quelques mois, pour ce taxi. Je suis prête à me laisser aider par lui. J’ai confiance. Alors doucement je libère ses mains, m’étant déjà assez attardé, les miennes reviennent se poser sur mes genoux, sagement. « Vous…Tu as raison, je devrais être plus méfiante, mais ma confiance tu l’as depuis longtemps, depuis le jour où tu as envoyé une voiture pour me conduire loin de ce que je fuyais. J’ai confiance, quoique cela puisse me coûter si je me trompe. » Parce que je pouvais me tromper, comme je me trompe sur beaucoup de chose par rapport à ce monde que je découvre et qui me surprend un peu plus chaque jour par son étrangeté. Même si, ici, je pense vraiment ne pas me tromper en lui accordant cette confiance. De toute façon, il est trop tard. Trop tard ? De quoi parles-tu, Shade ? « Mais là, je me sens en sécurité, ce que je n’avais pas encore ressenti depuis mon arrivée ici. J’aimerais…beaucoup que tu me montres le monde que tu m’as décrit il y a deux ans » C’était une requête timide, qui fit rosir mes joues et détourner mon regard. Je regardais le bout de papier sur la table, sachant désormais qu’il ne faudra pas le perdre et oser s’en servir. Puis dans ce calme qui venait de s’installer après ma requête, le téléphone portable sonna. Sursautant, je bondis presque pour aller le chercher et décrocher. M’arrachant à l’aura de chaleur que provoquait Ansgar. « Allô ? » Roxanne, une maman venait de perdre les eaux. « Mais c’était pour vendredi, non ? » Eh bien apparemment l’enfant avait décidé d’arriver cinq jours plus tôt. « D’accord j’arrive » Je raccroche, pensant déjà à rassembler mes affaires quand j’aperçois Ansgar et m’arrête. Il m’avait échappé de l’esprit un instant. Gênée, je range mon téléphone dans mon sac. « Une maman vient de perdre les eaux, on passe me chercher dans quinze minutes… » Puis je vois la tasse de thé sur la table, toujours intact et m’en veux. « Oh je suis désolée. Tu n’as même pas eu le temps de boire ton café. Tu veux rester le boire ? Je.. euhm on a le temps, quinze minutes... ? »

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    Quand je le regardais, je n'étais plus maîtresse de mes sentiments, c'est lui qui devenait mon maître. Mon intention n'était pas de l'aimer : on sait combien j'avais lutté pour arracher de mon cœur les germes de ce sentiment; et maintenant, à notre première rencontre nouvelle, ils revivaient, ils refleurissaient. Sans même me regarder, il se faisait aimer.
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