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 Je me perds dans ce monde sauvage. (Cléo)

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MessageSujet: Je me perds dans ce monde sauvage. (Cléo)   Mar 24 Juil - 15:12






Tu donnerais tout, actuellement, pour revenir dans le confinement de ta caravane puant les odeurs de la cuisinière qui enfume la pièce sitôt qu’on s’en sert. Tu ne sais pas ce que tu fous, en fait, tu es complètement à côté de la plaque, comme toujours, ombre dans l’univers coloré. Tu ne comprends pas le fonctionnement de cet univers dont tu n’as jamais fait partit. Tu fermes les yeux. Et ton monde te rattrape, sphère de réalisme erroné dans laquelle tu évolue avec aisance. Tu te retrouve dans la forêt non loin de la rivière salée, ta vieille bicoque ou toi et tes parents vous vous entassez. Les matins monotones ou tu te réveilles sous leurs cris qui s’injurient sans cesse. Tu as les mêmes gestes, inlassablement, comme un disque qu’on passerait tout le temps. Tu sors et promène ton chien, se borgne qui boîte à moitié. Il est aussi décalé que toi, rejeté du monde qu’il ne comprenait pas, il s’est réfugié dans ta caravane poisseuse que tu prendrais presque pour un palace. Tu reviens et tu profites de l’absence momentanée des parents pour prendre une douche, froide évidemment. L’eau chaude, elle est toujours brûlante avec toi. Mieux vaut s’abstenir et, avec le temps, tu en es venu à oublier que, justement, l’eau froide était trop froide. Elle devient plus agréable que l’eau chaude. T’es définitivement venu d’ailleurs. Puis comme tout les jours, tu files vendre les bijoux fait mains de la matrone et les dindons que vous avez attrapé. Evidemment, tu ne fais pas ça en plein centre-ville non, t’as presque jamais mis les pieds là-bas. Sauf quand ton cleb’s borgne avait décidé de se faire la malle. Ton stand, il est à la sortie de la ville, pas trop loin de votre caravane, de l’autre côté de la petite forêt. Ton monde, il se cantonne à peu de chose. Pourtant, ça te convient tout à faire. Tu rouvres les yeux. T’entends une voix au loin, elle baragouine un truc, insinue que t’es un voleur. Ce que tu n’es pas.

Pour la première fois de ta vie, sans doute, ta mère t’avait demandé d’aller faire les courses à sa place, elle se sentait mal ‘’Madame’’. Alors t’as obtempéré, bon gamin que tu es. En fait, ne t’avais tout simplement pas idée qu’il était interdit de venir prendre la pomme qui était en étalage devant la boutique. Pour ta défense, il n’y avait pas de vendeur, alors à tes yeux, c’était du libre service. Puis, tu as toujours vécu comme ça, tu prends si tu vois. Les pommes, y en avait partout, même vers ta caravane alors forcément, tu n’avais pas vraiment compris quand le vendeur avait rugit contre toi pour que tu paies le fruit. Payer ? Les seuls choses que tes parents payaient c’était le laitier qui avait apprit à faire un détour vers chez vous et les deux-trois légumes et bout de viande qu’ils achetaient ici et là. Toi par contre, ne t’avais jamais d’argent sur toi. Alors il avait appelé les flics, comme ça. Pour un pauvre fruit que tu pouvais trouver n’ importe où. Farouche radinerie.

Toujours est-il que, du même coup, cela devait bien faire une heure que tu poireautais sur ce siège cruellement inconfortable, ton chien borgne patientant à l’entrée du poste de police en étant attaché, ce qu’il n’avait jamais connu avec toi, d’ailleurs. Silencieux, tu priais presque pour retourner chez toi, ici, c’était des sauvages qu’il t’ordonnait de rester assis sur une chaise en plastique dur. C’était ça, la torture alors ? Merde, t’étais mal tombé. Finalement, dans le couloir, tu entraperçois une vague connaissance, sans trop savoir si tu peux l’appeler – au risque de te faire couper la langue ? – Sans même te rappeler que tu lui en veux quelques peu pour ce qu’elle a déjà pu dire à ton sujet en te prenant pour un gros benêt - … que tu n’étais pas, si ? – tu te risque malgré tout à l’interpeller, un peu lassé par l’attente qu’ils te font subir ici. Madame va s’inquiéter et quand madame s’inquiète, elle t’enferme dans la salle de bain de la caravane. Qui est juste une douche, en fait. C’est minuscule et pas confortable alors mieux vaut que ne t’arrive pas trop tard. « Cléo ? » Tu fronces le nez en la voyant, elle est quand même habillé bizarrement. Peut-être que c’est une de celle qui oblige les gens à s’asseoir sur les sièges inconfortable ? « J’peux sortir là ? » Tu affiches un ton gêné. Sans t’en rendre compte, tu passes sans doute pour le désaxé de service dans cet endroit. Bonjour, watermelon, venu de nulle part pour manger une pomme que je ne savais pas devoir payer. Quelle classe.


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J'fume, je bois, j'baise pas.

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MessageSujet: Re: Je me perds dans ce monde sauvage. (Cléo)   Mer 25 Juil - 14:34

La même journée dans le même poste de police. Tout se ressemble et la monotonie prenait place dans le quotidien de la jeune femme. Le temps était doux, agréable et quelques ventilateurs avaient prit place dans le poste et de rares collègues s’autorisaient une pause café pour se détendre un peu. Cléo, elle, observait pensivement le petit chien posé sur son bureau. C’était ce genre de chien qui a la tête qui bouge et qu’on met souvent à l’arrière de sa voiture, elle, elle s’occupait avec au boulot, une sorte de passe-temps. Les affaires ne se venaient qu’au compte goute et Cléo avait toujours le malheur de venir la dernière alors on lui avait refilé les vieux dossiers à reclasser, la barbe pour un policier. Elle aurait préféré être sur le terrain, prendre sa voiture et faire le tour de la ville, profité même un peu du soleil… Mais rien. Elle poussa un long soupire avant de relever les yeux du dossier en cours qu’elle tapait à l’ordinateur… Un policier ramenait quelqu’un qu’on avait soi-disant trouvé en train de voler une pomme, elle trouvait ça presque aberrant. L’homme qu’il emmenait était de dos et elle n’eut pas le luxe de le reconnaitre alors elle décida de retourner à sa paperasse sans broncher, laissant un énième soupire de lassitude sortir de ses lèvres. Elle avait beau adorer son métier, elle n’en restait pas moins lassée de toute la paperasse qui l’accompagnait, ces dossiers à taper, ces histoires nulles à chier à retranscrire et ces tentatives parfois vaines de lire derrière les collègues lorsqu’ils ont des écritures de médecins…Oh bon dieu comme c’était chiant ! Elle était policière pour l’action, le contact avec les gens, l’écoute aussi, pas pour classer trois dossiers pourris… Elle regarda l’heure, encore quelques heures avant qu’elle ne puisse quitter son poste et rentrer chez elle, retrouver le calme et la sérénité… Prendre un bain de soleil par la même occasion et engueuler sa voisine parce qu’elle avait encore une fois fait du bordel à une heure du matin. Autant dire que sa vie ressemblait à un conte de fée, une épopée magique pleine de rebondissements… Ou pas…

Elle continuait de s’emmerder dans cette routine morose où elle trouvait des hommes pour coucher et ensuite pour les oublier. Elle s’énamourachait, adorait ce contact doux et agréable de l’amour sur sa peau pour ensuite les laisser tomber, leur brisant le cœur comme on brise un verre en le laissant s’échapper de ses mains par mégarde. Elle n’en faisait pas exprès, elle était seulement un cœur d’artichaut qui ne semblait pouvoir se combler de personne… C’était moche la vie lorsqu’on ne peut pas contrôler les démons qui nous habites, elle était simplement victime de ses désirs, elle voulait toujours plus sans pouvoir l’avoir. Elle voulait plusieurs premières fois sauf qu’elles ne durent qu’une fois… Une soudaine envie d’aller aux toilettes la prit – la classe- et la jeune femme se leva de sa chaise, se dirigeant vers les toilettes les plus proches. Une heure venait de passer, elle n’avait rien fait sur ses dossiers, elle avait passé tout son temps à penser, à tourner la tête à gauche et à droite au fur et à mesure que des gens entraient et sortaient du poste… Elle marchait tranquillement lorsqu’elle entendit son prénom sortir d’une bouche dont elle connaissait la voix. Elle fronça les sourcils et se tourna vers la source de l’appelle avant d’ouvrir de grands yeux en découvrant son auteur. Là, se tenait Watermelon, un jeune homme qu’elle connaissait depuis quelques temps déjà et qu’elle tentait de protéger de beaucoup de choses… Dont ce genre de choses-là d’ailleurs. Elle eut un soupire en passant ses mains devant son visage, se demandant encore une fois ce qu’il avait pu foutre pour se retrouver dans cette situation débile. « Me dit pas que c’est toi qui a volé la pomme… Me le dit pas sinon je crois que je vais devenir folle… », Elle détourna les yeux vers ses collègues et l’interrogea du regard, il hocha la tête, elle comprit que c’était lui. « C’est pas vrai ! », grogna-t-elle avant de s’asseoir à ses côtés. Il paraissait innocent et pourtant si fragile, le pauvre… On le traitait comme une merde depuis une heure, même pas à manger, ou à boire… Elle soupira avec un sourire qui se voulait tendre mais comprit bien vite que ce n’était pas cela qu’il attendait d’elle. « J’ai pas le droit de te faire sortir, c’est pas moi la responsable ici… Tu as faim ou soif peut-être ? En attendant tu peux toujours grignoter un peu… ». Elle sourit une nouvelle fois dans l’espoir de l’encourager à faire de même mais il semblait encore plus démoralisé, elle n’en savait pas plus sur sa vie, sa famille, mais se doutait que quelque chose clochait…

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MessageSujet: Re: Je me perds dans ce monde sauvage. (Cléo)   Mar 21 Aoû - 12:15






Désolé du retard, qui plus est pour un post de ce genre --"

T’avais jamais prit conscience du type marginal que tu étais. Pour toi, il avait toujours été normal de vivre tel que tu vivais. Bien sur là-bas, de l’autre côté de la rivière, il y avait ses gens qui vivaient en masse, qui s’entassait sans piper mot dans des buildings toujours plus haut. Mais pour toi, ils étaient comme ‘’une autre civilisation’’, étrange mais normaux. A ton image, en différent. Tu côtoyais peu d’entre eux. Sauf peut-être Enyo. Mais ne t’étais même pas sur qu’elle soit bien normale elle non plus, avec son penchant prononcer pour l’indécence et sa manière de toujours s’exhiber comme si elle était un diamant dans un musée. Ta mère l’avais vu une fois. ‘’Madame’’ avait dit d’Enyo que c’était comme une serviette de bain, qu’elle aimait bien se frotter aux autres d’un peu trop prêt. L’allusion était bizarre, quand même. Puis, il y avait Cléo. Elle était différente d’Enyo. Moins exhibitionniste, plus réservé tout en étant plus expansive que toi. Mais dans le fond, Cléo était plus complexe encore que la rouquine qui voulait te dévergondé. Tu comprenais Enyo. Elle était simple, se déshabillait sans gêne, plongeait nue n’importe où, riait trop fort, draguait tout ce qui bougeait, voyait le monde comme un terrain de jeu, elle était d’une insouciance peu commune tout en sachant être responsable. Elle était d’une simplicité assez terrifiante mais touchante aussi. Mais Cléo … par instant, elle te semblait être le point d’ancrage le plus solide que tu ais. A d’autre, elle s’éloignait comme si tu avais la peste, donnant à ta personne des qualificatifs peu élogieux que tu avais eut un jour le déplaisir d’entendre. Elle te parlait beaucoup en t’en cachant tout autant. Semblait proche tout comme elle était loin. Dans le fond, elle demeurait un constant paradoxe qui te troublait chaque fois un peu plus. La jolie brune à des kilomètres des gens tout en prétendant en être proche ….

« Me dit pas que c’est toi qui a volé la pomme … Me le dit pas sinon je crois que je vais devenir folle. » T’aurais pu lui dire que tu l’avais volé, mais elle t’a demandé de pas le dire alors, tu te tais. Toutefois, si ce n’est pas toi qui avoue ta faute, ces collègues, eux, ne tardent pas à lui affirmer que si, c’est toi le petit voyou qu’on garde ici depuis plusieurs heures pour une malheureuse pomme qui, en plus de ça, n’était pas bonne du tout. « C’est pas vrai ! » Elle s’affale à côté de toi et tu retiens ton souffle. T’es désolé. Silencieusement tu voudrais t’excuser d’être aussi nul. De ne pas être doué. De ne rien connaître à ce monde qui par moment semble trop rude. T’as plus de vingt ans mais tu n’es qu’un gamin, perdu au milieu d’une existence dont tu ne connais rien. Dans le fond, tu n’es pas fautif, mais tu cherche pourtant un moyen d’expier ta faute. Comment apprendre à être ‘’normal’’ lorsque le mot normalité reflète ton existence actuelle, dans ta caravane miteuse derrière quelques arbres ? Alors, tu te cantonnes à regarder ces gens, fourmilières humaines ou, tous dans ce lieu, porte un uniforme sombre. Mais tu sais que ne t’as pas ta place avec ton-t-shirt légèrement taché et ton jean. Pas seulement parce que t’as pas l’uniforme, non. Mais parce que, que tu le veuilles ou non, t’es pas de leur monde. La barrière culturelle est encore plus éloignée que celle de bien d’autre. T’es pire qu’un fœtus dans le ventre de sa mère. Tu connais rien, mais t’es pas pour autant protéger de contrariété. Elle t’offre un infime sourire, maigre réconfort lorsqu’on voit que tu ne veux qu’une chose : retourner dans ta bulle. Elle est bien moins cruelle que cet endroit. « J’ai pas le droit de te faire sortir, c’est pas moi la responsable ici… Tu as faim ou soif peut-être ? En attendant tu peux toujours grignoter un peu… » Grignoter ? Manger ? T’as le droit maintenant ? C’est définitif, tu ne comprends plus rien, t’es un chiot perdu. Tu sais déjà qu’en rentrant, tu n’oseras plus manger de pommes avant plusieurs jours, juste au cas ou tu te retrouves encore ici. C’est d’ailleurs typiquement le genre d’endroit qui te déplaît au plus au point. Ton truc, c’est la nature. Mais ici, y a qu’un bambou en synthétique sur le bureau d’un mec qui vient de jeter son paquet de gâteau dessus. « Non, j’ai pas faim finalement. » Tu dois être pire que les gosses qu’on trouvent dans cette ville. Eux au moins, ils connaissent les règles. « T’es pas très jolie dans ce truc » Marmonnes-tu en fronçant les sourcils devant l’accoutrement. A tes yeux, c’est digne des carnavals. C’est ça. Le poste de police est un carnaval ou plein de fous te regardent étrangement à cause d’une misérable pomme. Et toi, tu fais tâche dans le décor. « Désolé. » Tu sais pas trop pourquoi tu t’excuse mais t’as l’impression de l’avoir déçue, ou de l’avoir mise dans l’embarras et dans les deux cas, ça t’embête énormément. Alors t’as rien trouvé de mieux qu’un banal ‘’désolé’’ « Je paris qu’on va t’afficher comme la fille qui connaît le fou qui a volé une toute petite pomme dégueulasse. » T’esquisses un sourire grave, amusé de la situation. Autant cesser de s’inquiéter, avec un peu de chance, tu rentreras chez toi Madame aura fait une tarte au pomme. Et celle-là, tu pourras la manger.


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