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version n° 8 ✖ on kife les vioc's de cbl.
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 And you feel like you were a mistake

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Maître du Je ☼ Maître du Tu

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◭ arrivé(e) le : 07/06/2012
◭ âge : 25 piges
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◭ études/métier : J'brasse les thunes. Pas besoin de savoir comment mais, rassurez-vous, mesdames c'est légal et fructueux.


MessageSujet: And you feel like you were a mistake    Mer 20 Juin - 14:11


Bien entendu, mes paroles n'auront aucun sens à leurs oreilles. Que pourrais-je représenter pour eux, par ailleurs ? Une curiosité parmi d'autres. La première impression ? Compris, je ferai de mon mieux. Mais qu'en est-il de nous ? Qui serai-je pour toi, quel sera mon prétexte ? « Questions pertinentes » Pour une fois, sembles-tu dire. Un soupir passe la barrière de tes lèvres, ton regard se porte au loin. Le mien vient atterrir lamentablement sur mes pieds coincés dans des talons neufs et inconfortables. Leur prix pèse lourd au bout de mes jambes, j'ai presque l'impression de porter trois kilos d'or massif au bout de chaque orteil. Quand je relève les yeux, je commence tout juste à réaliser l'ampleur du désastre à venir. Cette journée va être à marquer d'une pierre blanche ; l'humiliation suprême d'Asphodèl Orchard, le jour où elle a chuté du haut de sa petite vie sans intérêt. En entraînant avec elle ce pourrit, cet ange déchu, rejeté de l'Olympe. Mika'îl. Un sifflement admirateur, légèrement cynique. J'y suis obligée. Comment peut-on transfigurer à ce point le désert rouge du sud de Phœnix en une Oasis si luxuriante, si pleine de vie ? Cette beauté me met mal à l'aise, il y a quelque chose de dérangeant dans le fait que qui qu'ils soient, ces gens aient réussi à faire plier la nature à leurs désirs insatiables. Que serai-je alors au milieu d'eux ? Un insecte, une chose que l'on regarde de haut. Mon dos regagne le dossier du siège, mes dents se serrent. Mon ravissement devant tant de splendeur laisse maintenant la place à une salive fluide et acide. Le ronronnement du moteur cesse, tu arrêtes le bolide devant une baraque assez énorme pour contenir mon avidité toute entière. Tu as roulé vite, bien trop vite. Je n'ai pas encore eu le temps de me faire à l'idée du massacre qui allait avoir lieu. « Évite de t'émouvoir devant l'architecture des lieux y compris devant la décoration. Tout ce que tu verras ici, c'est d'un banal, achevant. » Froncement de sourcils. Je ramène mes bras autour de mon torse. Mes yeux balayent nerveusement les alentours. Vois-tu comme je suis tétanisée ? Tant de belles paroles, tant d'espoir en moi. Maintenant que j'y suis, je me retiens de toutes mes forces de partir en courant. Que de la gueule. « J'allais oublier, nous nous fréquentons » Tu me fais comprendre que je n'ai pas le choix. J'acquiesce en silence, avec l'impression d'avoir perdu ma langue. Tu ne peux comprendre à quel point cela va m'être difficile. Je ne t'aime point Mika, ta proximité me file encore la chair de poule et, oui, je continue de te craindre. Feindre d'être intime avec toi... Mais tant de dépaysement m'oblige à te considérer comme mon nouveau point d'équilibre. Tu seras ce autour de quoi je vais graviter, mon point d'ancrage, le lieu sur que je peux regagner après avoir vogué en terres inconnues et ô combien terrifiantes. Affligeant, regarde comme je suis faible, morte de trouille avant même d'avoir serré une main. Ladite main arrive à grandes enjambées, tout en sourire charmeur et en brushing impeccable. Tu me glisses une présentation, rapide, de cette silhouette grandissante. Une femme élégante, ta mère. La figure imposante à laquelle j'ai toujours voulu ressembler, moi pauvre et cupide orpheline de vie. « Mika'îl, tu te fais bien trop rare » fait-elle. Son ton est parfait, équilibre juste entre l'autorité et la chaleur d'un accueil qui se veut agréable. Sourire de circonstance, Mika réplique. J'assiste à ces échanges qui passeraient presque pour naturels si je n'avais remarqué cette tension. On s'enquit alors de mon identité, chose on ne peut plus naturelle. Qui suis-je ?« Asphodèl Orchard , Asphodèl, voici Genevia Cole » Derrière ces yeux clairs, dont on ne peut douter que le fils à mes côtés en a hérité, ça réfléchit. On ne se souvient pas d'avoir invité une jeunette de mon gabarit. Orchard ? Pas un nom qui figure dans son répertoire. Sa main se tend, la curiosité perle dans son regard. « Enchantée » J'esquisse un sourire, m'approche le plus naturellement du monde vers cette main fine et ferme que l'on me tend, la serre avec le plus d'assurance qu'il m'est possible d'avoir. Le grand jeu commence Mika, observe mes débuts tâtonnants, si j'échoue, je te donne le droit de me blâmer jusqu'à la fin de mes jours. Nous ne serons pas trop de deux pour le faire. « Moi de même, Mika m'a tellement parlé de vous, je suis heureuse de vous rencontrer enfin. » Faux, archi-faux, je ne savais même pas que tu avais une mère. Je me suis autorisé un diminutif qui se veut intime, comme échappé par mégarde, sans la quitter des yeux. Sans te regarder, sinon tout serait foutu. Sourire, fugace mais aimable. Finalement, je me retrouve dans une posture familière : séduire des personnes fortunées, à qui l'on doit donner l'impression que l'on fait partie de leur monde. Mika change de jambe d'appui, comme gêné. C'est vrai, c'était risqué, mais il fallait le tenter. Je t'adresse un sourire plus destiné à ta mère, réduis la distance qui nous sépare à un espace ridiculement petit. Ne t'inquiète donc pas, cela me hérisse autant que toi. Tu sais, j'ai eu maintes occasions de vous observer, vous les riches, de saisir vos petites habitudes lorsque vous évoluez en société. Ces gens là ont toujours l'air heureux, parfaits. Ce sont pourtant eux qui viennent me chercher, moi petite pute insignifiante, pour égayer leurs journées et leurs nuits, pour venir pleurer leur ennui dans les bras maigres d'une pauvre âme à peine vivante. Vois-tu Mika, je vous connais, toi et les tiens. Mieux que vous-mêmes.
Il est temps de rejoindre tout le monde. Genevia Cole n'était qu'un avant-goût de ce qui va suivre, n'est-ce pas ? Nous lui emboîtons le pas, je t'adresse un regard vif et bref. Tu as compris, je le sais. Inspiration, expiration. La populace vient au devant de nous. Une silhouette plus imposante se détache des autres, un verre de champagne à la main, le visage ouvert et amical. Serait-ce le père ?

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Je marche dans les villes où des âmes sans nom me fredonnent le tien, des concerts en sourdine où je chante ton nom pour oublier le mien, pour oublier un peu que toi, tu n'es pas là quand l'hiver se fait rude. Que je n'ai plus que moi avec qui partager ma propre solitude.
Moi, je fuyais l'amour parce que j'avais trop peur, oui, trop peur d'en mourir mais à trop fuir l'amour, c'est l'amour qui nous meurt avant que de nous fuir

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MessageSujet: Re: And you feel like you were a mistake    Mar 26 Juin - 16:29


« Mika'îl, quelle surprise » Le déclic, le piège qui se referme au moment où la lumière se fait. Salopard. Je ne trouve ni les mots ni les pensées pour exprimer le dégoût qui monte en moi. Ton père. Tu oses faire ça, tu oses infliger cela à moi, à ton géniteur, et à toi-même. N'as-tu donc aucun amour-propre ? Les doigts emprisonnés dans ta grande main, je te griffe de toutes mes forces, infligeant à chaque parcelle de peau que je peux atteindre le mal que tu m'infliges. Je suis une offrande, un cadeau. Je suis un tas de viande jeté au lion. Les prédateurs sont autours de moi, tout autour, et tu es celui qui m’enchaîne à eux. J'ai pourtant été méfiante. Idiote, de toute évidence ça n'a pas suffi. Tu es pire que ce que je pensais. « N'est-ce pas...» Il se passe un instant avant qu'il réalise. Qu'il me rejoigne dans la lumière. Ça y est, le déclic s'est fait pour lui aussi. Sale chien, clébard immoral. C'est tout ce que tu es. Ses yeux me toisent de la tête au pieds, avisent le tas d'os qu'il a sauté il n'y a pas moins de deux semaines, peu après mon arrivée. Mika, tu auras au moins la petite satisfaction de savoir qu'il n'a pas été aussi généreux que toi. Ni aussi scrupuleux. Ta petite mère serait-elle frigide ? Car il s'est fait un plaisir de me sauter. Avec tous les extras en prime. « Je vois que tu es accompagné » Je m'étrangle, impossible de sourire. Le chien en rajoute, assène un nouveau coup dans la tempe. « J'vous laisse faire connaissance » Le soulagement de sentir ma main libérée passe presque inaperçu. L'enfoiré se tire, lâche. C'est pour ça que je suis là, qu'il me garde sous le bras. Pauvre conne insouciante, j'y ai cru à ses belles paroles, plus que je ne l'aurais du. Je lui ai, malgré moi, malgré toute ma mauvaise volonté, fait confiance. Mes yeux restent figés à ton dos, je voudrais le cramer, te planter un coup de couteau bien placé entre les omoplates, et te jeter en pâtures aux poissons du lac. Tu disparais dans la foule, mais je sais que tu rôdes, que tu surveilles si ton toutou ne fait pas de bêtises. « Bon anniversaire, Cole ! Cinquante ans dis-moi ! » Léger sursaut, retour à la réalité au moment où un invité manifeste son enthousiasme pour la réception. Je suis un cadeau, mais pas n'importe lequel. Un cadeau d'anniversaire, pour les cinquante ballais du père Cole. Quelle putain de chance. Bile amère, nausée montante. Si je te retrouve, je te gerbe dessus. Conversation banale et faussement enjouée qui se termine rapidement, puis il se retourne, me regarde. Bien sûr qu'il sait qui je suis. C'est le genre d'homme toujours lucide, jamais ivre, la main toujours bien posée sur le sceptre du pouvoir. Il ne peut m'avoir oubliée. Vous vous souvenez, vieux vicelard ? Moi je me souviens de ce qui vous plaît, je me souviens que m'entendre crier vous fait jouir plus que toutes les pipes du monde. Sourire crispé, que je m'efforce de ne pas faire trop insultant. J'ai la gorge nouée, les mâchoires douloureuses d'être serrées ainsi. « Surprenant, de vous revoir en de telles circonstances. Mon fils vous paye-t-il pour votre présence ici ? » Voix sous contrôle, attitude nonchalante. Les invités ne remarqueront rien. Tout paraît furieusement normal. J'esquisse un nouveau sourire. J'hésite à te retourner la monnaie de ta pièce, Mika. Après tout, tu ne mérites que ça, pas vrai ? Seconde d'hésitation, et le sourire toujours en place, je m'approche de lui, m'empare d'une flûte de champagne. Cristal, pas de verre dans cette demeure. Regard presque séducteur. J'ai presque l'air sûr de moi, ne voyez-vous pas ? Certes, les circonstances sont bien différentes de la dernière fois, Cole. « Pour dire vrai... Non. » Mensonge. Mika, ne m'en veux pas. Tu as voulu me faire venir en tant que menteuse, tu as voulu te jouer de moi. Alors je vais mentir, et je vais jouer. Ridicule sensation de trahison que tu m'infliges. Dire que j'arrive encore à être surprise et dégoûtée par chacune de tes bassesses. « Alors pour quelle raison êtes-vous là ? » Parce que je suis ton offrande, connard ! Parce que ton fils m'utilise comme joujou, et vous m'avez à votre mercie ! La flûte se vide dans ma gorge, douce brûlure dans mon gosier. « Je croyais que c'était clair, nous nous... fréquentons. » Pour reprendre tes mots, Mika. Nouveau sourire. Inutile de dire quoi que ce soit d'autre. Ton père sait qui je suis, ou du moins sait-il ce que je suis. Il en a fait l'expérience. Quelle souffrance cela doit-être pour lui de savoir son fils avec une catin. Une catin qu'il a baisée. J'aperçois ton visage non loin de là, près du buffet. La colère m'anime, l'humiliation que tu m'infliges me guide. Ton père n'a rien à me dire, si ce n'est m'adresser un regard assassin mais ô combien discret. Nous nous avançons, comme mus par un instinct commun. Nous avons vite fait de te rejoindre. A peine cinq minutes de répit, ne sois pas si déçu... Je suis venue te rendre la pareille. Nous nous fréquentons, n'oublie pas, nous devons jouer le jeu, n'est-ce pas tout ce qui compte dans ce monde d'hypocrites ? A une distance à laquelle j'aurais du cesser de m'avancer vers toi, je porte une main à ton visage. Non pour te gifler comme j'en ai envie, non pour te griffer comme j'en ai tant besoin. Mais pour parcourir ta mâchoire d'une caresse du pouce, alors que sans un regard vers tes iris, j'embrasse ta joue opposée, à la commissure de tes lèvres, avec tout le naturel qu'il m'est donné d'avoir. Décharge puissante, douloureuse. « Enfoiré. » murmure discret glissé à ton oreille, au passage. Si tu savais ce qu'il m'a fallu donner pour esquisser ce simple geste. Je me tourne, glisse ma main dans la tienne et adresse un sourire à ton père. Mince, il n'a pas l'air de te donner sa bénédiction pour notre mariage, comment va-t-on s'en remettre ?...
Notre jeu se déroule, vicieux, acide. Frustrant. Mon attention n'est pas là où elle devrait. Je devrais avoir remarqué cet autre visage, familier lui aussi. Plus jeune, moins surpris de m'apercevoir. Je devrais avoir senti ce danger là, mais tu m'en empêche. Il n'attend plus que ton départ, il n'attend plus que je sois seule. Mika, ton jouet va se faire piquer par un autre, si tu ne fais pas attention à tes affaires.

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MessageSujet: Re: And you feel like you were a mistake    Mer 27 Juin - 15:57


Tu n'as pas apprécié mon initiative. Tu m'interdis de recommencer, mon culot ne t'as pas plu. As-tu eu peur ? As-tu senti à quel point tu me repousses ? Tu m'en veux mais tu ne regrettes pas, tu ne peux regretter de m'avoir utilisée comme un putain de pantin brisé tout juste bon à offrir au moins aimé de ses amis. Ou à son père. Qu'as-tu donc avec ton père aussi, je me le demande. Vous êtes aussi détestable l'un que l'autre, ça, je l'ai remarqué. De là à y voir une quelconque ressemblance... Tu vois Mika, tu es tellement compliqué, ton simple nom perturbe mon système nerveux jusqu'aux tréfonds. Et j'essaye, j'essaye de toutes mes forces de comprendre tes actes, tes paroles, mais chacun d'eux est une énigme insolvable. Alors je me contente de te haïr, c'est tellement plus facile que d'essayer de t'aimer. Tu m'écartes d'un spasme, tu t'efforces de ne pas t'éloigner un peu plus de cette sauvage qui a osé te toucher. Diable quel affront. Mes lèvres ont plus souffert de ton contact qu'avec n'importe qui d'autre, tu sais. Mon oreille brûle de ton souffle. Mes mains tremblent. Mon corps se révulse de ce que tu me fais. Je vous écoute à peine, mes oreilles bourdonnent bien trop pour que les mots me parviennent. Seul ton visage me touche, me guérit un petit peu. As-tu peur ? Tu le crains, c'est donc ça... Pauvre enfant égaré. Tu ne vaux pas mieux que moi ; tu me méprises, mais dans le fond, tu n'as rien de plus. Je voudrais me moquer, rire de tes paroles. Impossible, tu m'impliques encore. Maintenant tu souhaites que je t'accompagne, tu voudrais encore m'utiliser comme bouclier, rempart contre l'autorité de ton père. Ma salive passe mal, tu t'en aperçois et t'en amuse. Ton père s'éclipse. Finalement, tu l'as vaincu. Il s'en est fallu de peu, n'est-ce pas. Es-tu fier ? Es-tu soulagé ? J'attends patiemment mon heure. « Tu es innommable » Innommable. Est-ce une insulte ? Je n'ai pas de nom, très bien. On ne me nomme pas, ne me nomme pas. Oublie moi pendant que tu y es, libère moi et vas-t'en. Ce serait trop facile, pas vrai ? Ce serait un échec pour le grand Mika'îl, tu ne pourrais faire une telle chose. Ça te blesserait l'égo que de me dire de m'en aller. De toute façon, tu ne peux te passer de moi. C'est bien là ton problème, tu me détestes parce que tu as besoin de ma présence. Nous sommes deux, en fait. J'essaye de t'assassiner, de mon regard faiblard, positionné bien en dessous du tien. Tu t'en fiches, je suis si vulnérable, et tu l'as compris. « Que penses-tu de tout cela ? Réjouissant, n'est-ce pas ?» Ta gueule Mika, une bonne fois pour toutes. « J'étouffe, suis-moi » J'ai pas envie. J'vais rester là, tu vois, te laisser étouffer et prier pour que t'en crève. J'en ai marre. Ton père parti, ta mère dissoute dans la foule, toi au loin, crevé de trouille devant la figure paternelle. Le moment est idéal pour s'évader. Je pourrais partir, rester loin de ta foutue famille. Flippants, les Cole. C'est ça que je voudrais faire, mais tu m'as trop bien dressée, tu m'as appris à te craindre et à ne pas te désobéir. Même sans cela, tu me terrorise, salaud. Ton emprise sur moi n'a pas le moins du monde disparue, pas même diminuée. Je dois courir pour te suivre, sous le regard interloqué des invités. Ce n'est pas une course pour le plaisir, c'est une course où l'on fuit. On se fuit nous-mêmes, on voudrait pouvoir courir encore loin, loin dans le désert. Je pourrais crever tranquille, là-bas. Sans toi. Le sol marbré disparaît, laisse la place à l'herbe du parc, puis au bois du ponton où tu cesses ta course. Un endroit magnifique, entaché par ta présence. Immonde éraflure dans le paysage, défaut trop perceptible. Erreur de cette nature luxuriante. Tu te déshabilles. L'air te manque, à moi aussi. Tu pompes tout mon oxygène et ce n'est pas encore suffisant. Bête avide, perdue entre deux eaux. Je peine à reprendre mon souffle, ma main vient prendre appui sur la barrière. Je te tourne le dos. Mes mains tremblent toujours, je sens mon contrôle refluer. Tous ces efforts, pour en arriver là... Je t'en veux tellement, ça me transcende, ça me rend folle. « C'est pour ça que tu m'as amenée avec toi, hein ? » Voix vibrante de tension. Question idiote. Je le sais, toi aussi. Pas de réponse attendue, ne te fatigue pas. C'est juste ma colère, ma honte de m'être faite avoir qui s'expriment. Les conséquences sont attendues, oui j'en suis consciente, tu n'es pas satisfait. Pas encore. « Putain de merde. » A deux doigts de pleurer, gamine. Enfant pute sevrée bien trop tôt. De toutes mes forces je me retiens, plus par fierté mais parce que je sais que je mettrais des heures à me calmer. Les larmes de colère et de haine sont les plus longues à tarir. J'ai tellement envie de partir, Mika, tire-moi de là, reconduis-moi à Phœnix. Promis, je ne demanderai plus rien, je partirai sans demander mon reste. Ça vaudra mieux pour tout le monde. Inspiration, expiration. Contrôle-toi. Trop tard, le filet brûlant trace un sillon sur mes joues. Silence, pas un bruit. Je m'éloigne de toi, je ne te veux plus, fini. Le côté opposé du lac ouvre sur un espace qui paraît libre de toute présence humaine. Mes talons vont valser au loin, dans l'herbe, mes mains viennent trouver mon front incandescent. J'voudrais que tu partes, que tu me laisses comme la crevure que je suis, serpillière sans vie, usée à force d'essuyer les crasses des autres. Ce serait trop te demander, bien sûr. Tu parles, peut-être même ris-tu. Bien sûr que tu m'as rejointe, je suis l'aimant qui t'attire, qui te retiens ici. « Dieu ce que tu es faible... Obligé de te servir d'une pute de dix-sept ans pour te protéger... Risible. » Rire moqueur, limite hystérique. Tu vois, je frise la crise de nerfs. Pas même un quart d'heure que l'on est ici. Mauvais choix, que te t'adresser la parole d'un ton aussi mauvais, de te regarder dans les yeux avec tant de fureur. Ça t'amuse, tu t'amuses, toujours.

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MessageSujet: Re: And you feel like you were a mistake    Ven 29 Juin - 8:15


« TA GUEULE » Une, deux. Tu es là. Je voudrais pouvoir te dire que j'ai anticipé, ne serait-ce qu'une demi seconde avant que ça n'arrive. Ce n'est pas le cas. Un violent sursaut me fait stopper net le rire qui s'est emparé de mon corps. Incontrôlable, moqueur, désespéré. Fatigué. Tu n'aimes pas hein, ça te hérisses que je puisse vouloir me soustraire à ton contrôle. Ça t'énerve encore plus que je me permette de rire de ta parfaite petite personne. C'est incontrôlable, je te dis. Tu t'en fous, tu balayes d'un revers de main toute explication à ce qu'il m'arrive. Tout ce que tu retiens, c'est ça : cette putain d'envie de me tuer. Dans le fond, c'est ça, pas vrai ? Je n'ai rien vu venir, promis. Sinon je t'aurais fait le don de me défiler, de me détourner juste à temps. Je n'ai pas pu. La faute t'en incombe si tu es subitement atteint d'une maladie incurable, que tu deviens légume et que tu ne t'en remets jamais. Pas de la mienne, pas encore. Pas tout de suite... Ce sont tes mains qui me heurtent en premier, les griffes du lion ont trouvé un endroit où s'implanter, profondément. Tes lèvres, sauvages, pressantes. Tu fuis, regarde-toi. Tu fuis. C'est si évident que j'ai encore envie de rire. Ou de pleurer, je ne sais plus, tu vois, tu me perds. Tu m'envahis, tu m'émiettes au vent, je ne suis plus rien entre tes mains. La férocité avec laquelle tu as fondu sur moi m'interdit de te repousser, pourtant c'est ce que je fais, mes faibles petites mains poussant de toutes leurs forces sur ton corps qui m'entoure. Perdue, je suis perdue dans cet amas de chaleur et de glace. Le lion en a finalement eu marre de contempler sa proie. C'est bien joli de le regarder s'émanciper petit à petit, de la regarder se penser plus que ce qu'elle n'est. Mais il y a un moment où il faut rattraper le coup. Lui faire reprendre la place qui lui est due, à terre. Je ne suis pas une petite perle de la haute, de ce milieu d'où tu sors, comme j'aimerais le croire à tes côtés ; je ne suis qu'une pute sans identité, perdue dans son existence lâche et sans but. Peut-être as-tu enfin décidé de faire de moi ce pour quoi je suis sensée être payée, me redonnant ma position initiale avant que je ne m’envole. « Risible. » Je suffoque. Tu me repousses violemment, tourne les talons. C'est ce que je voulais, avant que tu ne commettes cette si regrettable erreur. Une autre envie cependant affleure à mon esprit ; tu fais ressortir le pire en moi. Tu l'effaces, la Lula, celle qui est tienne. Ma colère, que dis-je ma fureur, agit à ma place lorsque tu t'en vas. Ta main rafle ta veste. Je ne veux plus que tu t'en ailles. Putain, et puis quoi, vas-tu me laisser là après m'avoir assassinée sur place ? Est-ce réellement ce que tu comptes faire ? Assume tes crimes, Mika. Mes pieds nus fouettent l'herbe rase tandis que je cours après toi. Tes foulées sont longues, te portent loin à chaque pas. Tu n'en seras que plus vite loin de moi, de mes coups qui ne demandent qu'à t'être offerts. Tu as déjà passé le pont, il ne manquerait plus que tu atteignes de nouveau la réception, au milieu de tous ces monstres. Ma voix tente de te retenir, stridente, tremblante d'avoir tant ri, d'avoir pleuré. « Alors ça y est, tu as fini par te dire que tu voulais vraiment en avoir pour ton argent maintenant, et pas te contenter de regarder, c'est ça ? » Je bondis en avant, portée par cette stupide hargne à ton égard. Stupide, bien entendu. Nous deux savons à quel point elle est négligeable, tu la balayerais en un soupir, je me ratatinerai de nouveau et tout rentrerait dans l'ordre. Tu as foutu le bordel Mika, tu es le seul à blâmer pour ce foutoir. N'oublies pas ça, alors que j'arrive à ta hauteur, que je te tire par un bras de mes doigts pointus. Je veux te faire mal, te blesser. Mes lèvres brûlent encore de ton passage. Un mal de chien, guéris-moi. « Qu'est-ce que tu attends pour me sauter ? Tes investissements n'ont pas porté leurs fruits, hun ? Eh bien quoi, tu voudrais que ton père te prenne par la main pour le faire ? » L'essoufflement me coupe, m'empêche de continuer de te hurler des insanités. D'autant que je n'en pense pas un mot. C'n'est qu'un prétexte, l'as-tu compris, au moins ? Non, sans doute que la simple mention de ton père te fais frémir jusqu'à en oublier tout bon sens. Tu avais raison, ton père est une arme contre toi, une bombe. Je recule après t'avoir poursuivi, deux pas, pas plus. « Papa Cole n'avait pas l'air particulièrement ravi, pas vrai ? » Scling. Un homme à terre. J'voudrais t'en coller une, faire celle qui en as dans le ventre. J'voudrais te frapper à chacune de mes paroles, marteler ton torse de coup de poing. Je me sentirais mieux après, j'en suis sûre. Mais je n'ose te toucher. Chat échaudé craint l'eau froide. Un désir insidieux se glisse en moi, lentement, furtivement. Je le vois venir, gros comme une maison ; il vient de toi, bien sûr. Tu m'as contaminée, fourbe. Double assassinat sur une seule et même personne, je crains de n'avoir tenté sciemment un suicide en t'échauffant de la sorte. Pourtant, tu sais que ce n'est pas ce que je cherche. Je ne cherche qu'à fuir, à nous fuir. Nous, pour moi, c'est trop. Écoute ce que tu fais à mon palpitant, et te semble-t-il apte à survivre à ce que tu lui fais ? Moi, je ne pense pas.

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MessageSujet: Re: And you feel like you were a mistake    Dim 1 Juil - 19:18


Je t'attaque, je te gifles de mes mots. Du moins j'essaye, car tu sais à quel point il est difficile de t'atteindre, ou du moins y sembles-tu terriblement insensible. Tout de même, je tente le coup. Ridicule, je le sais, je refuse que tu t'en ailles. Tu ripostes, je me trompes dis-tu. Alors quoi, putain. Aucun moyen d'obtenir une explication, c'est donc ça ? Je réessaye, j'enfonce le petit clou insignifiant dans ta peau. Un point, touché. « Tu veux que j'te baise, c'est ça ? Tu veux que j'te prenne là, dans l'herbe ? TU VEUX QUE JE ME RABAISSE A TE CULBUTER ?» Si j'ai réussi à t'avoir, l'espace d'une seconde, tu retournes la situation d'un revers de main. Je m'arrête tout net, je poursuis, mais regarde comme tu m'as démolie. Ma peau s'embrase, mes os se disloquent. Tu me fais mal, bordel. Que tu te rabaisses à me culbuter. J'ai fait l'erreur d'oublier qui j'étais à tes yeux, tu m'as détournée de ma nature, tu m'as presque fait passer pour une fille bien. Une femme que tu pourrais désirer. Insipide petite pute, que suis-je, pour vrai ? Rien, nada, pardonne-moi d'avoir pu t'offenser en imaginant que tu pourrais changer de regard sur ma personne. Tu ne le feras pas et tu ne le feras jamais, c'est pourquoi tu m'as choisie. Avec moi, aucun risque. Alors pourquoi avec mordu à l'hameçon, pourquoi avoir pêché mes lèvres ? Ne suis-je pas aussi sûre que tu le pensais ? Tant mieux, si je peux te toucher de cette façon, et de toutes les autres, que ce soit en utilisant ton père, ton frère, ta mère. Moi, si tu le veux. Je recule devant ton regard, j'esquive l'éclat vengeur dans tes iris glacés. La colère, nous baignons dedans, nous rayonnons joyeusement de rage en nous étripant comme deux charognards affamés. Nous nous nourrissons. Tu combles la distance que j'ai voulu étirer entre nous, je m'efforce de ne pas reculer de nouveau devant toi. Si proche, je respire l'odeur de la fureur qui suite de tous tes pores. Si tu le pouvais, si tu n'avais pas tant de contrôle sur toi-même, tu me ruinerais. Tu grondes, félin colérique. Mes yeux esquivent les tiens, éraflent les marbrures et les griffures rouges sur tes avants-bras. Sourire mutin, ça me plait. Tu es marqué, je t'ai marqué, tu n'y as pas échappé Mika. « Tu as aimé, n'est-ce pas ? C'est exactement pour cela que tu plies sous la douleur. Tes mots expriment le contraire de ce que dit ton corps.» Poète de Satan, tes mots sont d'une cruelle vérité. Si j'ai aimé ? Qu'en sais-je moi-même, tout porte à dire que non : regarde comme je te hais, regarde cette furie que tu as sortie de son antre. Quand bien même, les baisers me sont étrangers. Rien à comparer, je ne sais pas. Tu vois, tu me perds. Je me liquéfie, vaincue. Soit, tu as gagné la partie, je me tais. Mes yeux restent rivés à tes mains, à tes veines saillantes, à tout plutôt qu'à ton visage. « Mika'îl, te voilà » Voix étrangère, je suis obligée de faire attention alors ? Allons, remettons ce foutu masque que tu m'obliges à porter, efforçons-nous de reprendre le rôle qui nous est assignés. Faisons comme si, comme nous savons si bien le faire, n'es-tu pas d'accord ? Acteurs étoilés. Le nouveau venu est ton portrait mâché et recraché. Jugement subjectif, il a l'air définitivement plus fini et bien plus heureux que tu ne l'es. Frères, ainsi donc tu n'es pas seul. Il t'adresse des paroles qui n'ont aucun sens pour moi, et enfin il remarque ma présence, se présente. J'avais compris vos liens du sang avant même que tu n'ouvres la bouche, Gaby. Puis, ce n'est pas ton prénom qui m'intéresse. Mais bien l'information que tu apportes, de la plus haute importance semble-t-il, au regard intéressé et curieux que tu me portes. Qui est donc cette femelle qui a su ferrer ton frère ? Bien sûr, c'est ce que tout le monde se demande. Cette gamine aux joues rougies, aux yeux humides et aux pieds nus. Ridicule. Crois-tu réellement à ce mensonge ? D'où sort-il d'ailleurs ? Mes sourcils se haussent, puis se froncent. Qu'as-tu encore fait, Mika ? Veux-tu m'achever ici, au vu et au su de toute ta famille ? Fiancés? Nom d'un chien. Un froid s'insinue en moi ; aucune parcelle de mon être n'est épargné. L'incompréhension domine. Dis quelque chose. « Des félicitations s'imposent » Rire nerveux. Moi qui pensais que tu avais épuisé tes ressources pour m'achever, cruelle désillusion. C'est loin d'être fini, si nous devons finir mariés. « Je suis confuse... » Une main se perd sur mon ventre mis à mal. Que dire, sinon que ton frère est un foutu connard, Gab' ? Qu'il dessine ses plans dans mon dos, et que je dois jouer en conséquence, sans erreur sous peine de me faire flageller ? « Fiancé ? Mika ne m'a encore rien dit de ses projets pour... nous. » Malaise. Ton frère est étonné. Allez, éclaire-le, éclaire-moi par la même occasion. « Mika'îl ? » Je me tourne vers toi, je quémande l'explication qui ne vient pas, qui se fait attendre. Alors quoi ? Tes pommettes ont pris un coup. Que dois-je en déduire ? Que tu ne savais pas ? Foutaises, une telle vilenie ne peut venir que de toi. Je m'approche, près de ton oreille je glisse : « Si c'est à cause du bébé, il ne fallait pas. Ce n'est pas nécessaire tu sais. » Ton frère a entendu. Bien sûr qu'il a tendu l'oreille, et je le savais. Je me sens comme une vieille pie aigrie, à te foutre ainsi dans la merde. Milles pardon, mon geôlier, c'est promis, aux yeux de tous je ferai une mère formidable.

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Moi, je fuyais l'amour parce que j'avais trop peur, oui, trop peur d'en mourir mais à trop fuir l'amour, c'est l'amour qui nous meurt avant que de nous fuir

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MessageSujet: Re: And you feel like you were a mistake    Mar 10 Juil - 19:20


Épuisée, lessivée. Vidée de toute substance. C'est une poupée creuse, trouée de toutes parts que tu entoures d'un bras qui se veut protecteur. Fils. Bien joué, une catin enceinte d'un père fuyant. J'aurai du préciser, je t'aurai ferré sans aucun problème. Tu me discrédites, mais tu me suis par la même occasion. Par chance ton frère est prêt à croire n'importe quoi. Un fervent serviteur de l'honnêteté, comme c'est beau. Nous n'en sommes pas, n'est-ce pas ? Nous sommes de la pire espèces, viles menteurs sans scrupules, et bons par dessus le marché. Même si, à l'évidence, tu me surpasses. Je l'admets, puisque je n'ai pas d'autres choix. De future fiancée tu me remets à ma place et me fais passer pour la petite pute en cloque que tu as, par ta si grande bonté, prise sous ton aile. Que le Diable t'enferme et te fasse nettoyer la Styx avec ta langue. Gabriel est soucieux. Tu lui annonces, fier, que tu vas effectivement t'unir à cette catin dont je ne connais ni le prénom ni la réputation. Ta main caresse ma peau, incandescente, je te hais plus que personne ici. La partie est finie, sembles-tu me dire, derrière tes paroles doucereuses. Fourvoyé ? J'aimerai tant le croire, les yeux fixés sur ton frère, si hâtif d'aller lécher les bottes du paternel. Tu lui emboîtes le pas, je me défais de ton emprise, fais demi-tour. « Mes chaussures. » Deux mots de reddition. Ne crois pas que je fuis, même si je le voudrais. J'ai vite fait de les récupérer, je te rejoins, les yeux à terre. A terre, c'est là que je suis. Ta logique m'échappe mais, ton frère lui, semble la trouver à son goût. Tes explications ont trouvé un sens à ses oreilles, j'espère qu'elles n'en trouveront pas à celles de ton père. J'ai toutes mes chances, je m'y accroche de toutes mes forces. Si Gabriel ne sait pas qui je suis, ton père le sait. Verdict dans deux minutes, le temps que l'on finisse de franchir les derniers mètres qui nous séparent de la foule. Et en effet, tu as fait mouche. Le pater nous lance un regard presque soulagé, sur un fond de doute qui aura tôt fait de disparaître une fois que tu l'auras convaincu de ton honnête union. Me voilà terrassée par son regard. Une satisfaction poignante, presque émouvante. Ça l'aurait tué que son fils se marie à une catin, bien entendu. Je demeure à tes côtés, sonnée, pas encore prête à te regarder. Je ne sais pas à quoi je m'attendais, à ce que tu m'en veuilles certainement, que je sois tout autant que toi à patauger dans un merdier monstre ; mais je ne m'attendais certainement pas à ça. Tu t'en sors, bien en plus, alors que je sombre, les deux pieds enchaînés à tes mensonges qui me traînent vers le fond. Et dire que je croyais déjà être au fond du bac depuis longtemps, c'était sans compter sur ton inventivité. A grands pas ton père s'avance, et aux lèvres ce sourire que je te connais si bien. Tu n'es pas si loin que ça de celui que tu hais, Mika. Les félicitations, sincères ou non, viennent s'écraser dans ton dos à grands coups de claque ravis. « Appelons les journeaux ! » « La réceptions sera magnifique » « Mezsaros et Cole réunis... Ta meilleure décision, Mika'îl » Si je n'y croyais pas réellement, c'est désormais le cas. En temps normal je me serai bien marrée en t'imaginant la bague au doigt, aujourd'hui, c'est un coup de gant sur le tableau qui efface tout ce qui a été. Je ne sais pas qui est cette Mezsaros, mais elle suscite un intérêt que dans ma minable petite vie je n'ai jamais éveillé. Ce ne serait probablement jamais le cas, d'ailleurs. Malgré moi, ta fiancée devient d'emblée ma pire ennemie. Elle qui m'oblige à paraître ravie pour ton bonheur, a faire la cruche sans intérêt à tes côtés. Le sourire de ta mère est radieux, ton père bombe le torse, ton frère s'amuse beaucoup. Il te voit déjà suivre ses traces, avec un boudin sous le bras et deux gosses bien dressés. Ô joie. Quel charmant et désolant tableau.

L'heure du repas a sonné, les invités se rassemblent en une tablée ordonnée au bon vouloir de chacun. Les services sont nombreux, les invités bavards et enthousiastes. La journée est belle pour beaucoup, et toi, qu'en penses-tu ? Je ne t'entends pas beaucoup. Non pas que je t'écoutes, au contraire ; ta voix ne m'est simplement pas encore parvenue aux oreilles. Je me tiens tout aussi coite, les lèvres scellées, les yeux rivés à n'importe quelle personne, objet, qui n'est pas toi. Tout intérêt pour toi s'est éteint, ta proximité n'éveille plus rien en moi. Tu as perdu ta saveur, tu en as trop fait et tu as tout foutu en l'air. Ton goût amer s'est même détourné de mes papilles. Toutefois, si rien ne me fais moins envie que de t'adresser la parole en cet instant, des questions pratiques s'imposent. Je me penche vers toi, assez proche de ton oreille pour que tu entendes ma voix sans timbre. « Faut-il que je parte, pour laisser la place à Madame Cole et aux petits Cole qui ne manqueront pas de suivre ? » On nous ressert, je poursuis, d'une voix atone alors que je l'aurais voulu acide. Tu vois je n'y arrives plus. Tu m'as plongé dans un néant intemporel où ta présence se fait sentir sans provoquer la moindre émotion en moi. Le vide, le rien. « Je ne voudrais pas non plus subir les assauts des photographes avides d'un petit cliché de ces deux étoiles de la haute. » Avant que je n'ai le temps de poursuivre, le siège à ma gauche se trouve soudain occupé. Mon nouveau voisin m'interpelle, s'intéresse à ce faciès inconnu. Qui suis-je, me demande-t-il ? Ah, je n'ai plus la force de te mentir, jeune homme. Et toi, qui es-tu, un des innombrables cousins du tyran à ma droite ? Je ne m'y intéresse pas, je fais semblant. Bien que ton intérêt sincère est à même de venir à bout de mon mutisme. Alors je mens, je répète tes paroles. Tu vois Mika, j'essaye toujours vainement de sauver les apparences. J'incarne du mieux que je peux le dernier rôle que tu m'as attribué. Je n'ai décidément aucune fierté, aucun amour-propre. Ses yeux sont insistants, apprécient ce qu'ils voient. Pardonnes-moi de me détourner de toi et d'entretenir un semblant de conversation avec cet étranger. Tu me parleras de lui ce soir, quand tu me ramèneras dans ma cage dorée. « Véritablement enchanté, mademoiselle Orchard. » Et le voilà bavard, à étendre sa vie d'une voix paisible et enjouée. Je ne peux m'empêcher de te jeter un regard. Toi aussi tu l'écoutes, impassible. Quel dommage, son beau visage et ses jolies manières ont su attirer mon attention. J'ai beau essayer, ses paroles n'ont aucun intérêt. Sa vie, sa carrière, son fric. Quelle importance, puisque la sensation obsédante qu'il ne t'arrive pas à la cheville parvient à m'affliger encore un peu. Il faut croire que je me suis bien faite au moule étroit et maniaque que tu as forgé pour mon existence et que ton emprise est encore, malheureusement, bien présente. Je me suis habituée à tes caprices, je me suis habituée à lutter contre toi. J'en suis même venue à apprécier. Comment dit-on déjà, le syndrome de Stockholm ?

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MessageSujet: Re: And you feel like you were a mistake    Jeu 2 Aoû - 17:16


Compte bien là-dessus, c'est vrai que je serai une assistante maternelle de génie. Foutaises, plutôt crever que de te mirer avec des rejetons. Les tiens, et ceux d'une autre. Plutôt crever une arrête en travers de la gorge, mais ça doit faire le même effet, réflexion faite. J'essaye de t'agresser les oreilles d'une nouvelle pique verbale, seulement ma voix sarcastique a perdu de sa superbe depuis que tu m'as coupé la chique. On fait ce qu'on peut avec ce qu'on a Mika. Un peu le principe de toute une vie. Toi t'as pas perdu, t'as rien perdu ; rapace intact, le bec toujours aussi acéré, le fiel venimeux pendu aux lèvres, et qui coule, dégouline sur tout ce qui possède deux jambes et un cerveau en état de marche. Alcide, pauvre Alcide. J'aurais voulu venir à ton aide, te secourir, ressentir cette putain de compassion qui devrait venir. Tu te fais charcuter sous mes yeux, sous ses mots, et je sais. Je comprends. Mais je ne compatis pas. J'assiste, impassible, à ta reddition imminente -immédiate-. Tu te détournes, ça me retourne. C'est dommage, tu sais. Encore un petit champignon atomique qui vient d'éclore. Tu les poses partout, les graines de ces petits massacres. « Si tu es assez gentille, je te ferai visiter les lieux » Mes yeux scrutent mes mains. Je feins de ne pas être intéressée. Comment rechigner cependant, devant la proposition ? Ce lieu est fascinant. Empoisonné et l'air y est vicié, mais fascinant ; et oui, j'aimerais le visiter, voir de mes yeux le lieu ou tu as poussé. Ton vin descend à toute allure. C'est pas une si mauvaise idée, j'adhère, j'adore, le rouge qui vient me sustenter un peu, donner un peu de couleur à mon visage soudain d'une pâleur maladive. Le néant est incolore, il s'étend, se repend dans mon corps. Oui, le vin est une excellente idée. Un deuxième verre, « Allons-y, maintenant » et le troisième pour le chemin, le pieds en cristal instable entre mes doigts qui ne le sont pas moins. C'est ça, allons-y. Le bruit s'éloigne, disparaît à chaque marche gravie, s'estompe jusqu'à ne plus être à chaque porte passée. Petit toutou docile, inexpressif, je te suis, les yeux t'observant à la dérobée ; ne pas se perdre. Ne pas te perdre. Putain, gourde sans tête, qu'as-tu donc avalé dans ta petite enfance pour en être arrivée à ce stade de bassesse morale ? Gifle intérieure, je te déteste, je te... « Je m’amusais à glisser le long de cette rampe jusqu’à la tête de départ » Je cache ma surprise, j'voudrais pouvoir en rire. Que te prends-t-il donc, soudain ? Tu as trop bu, Mika. Tu vas regretter, et tu vas me le faire payer. Pour ça, je voudrais faire l'autruche, me boucher les oreilles ; je n'veux pas savoir. Et je le désire tant. Qui étais-tu, étais-tu le même ? « On avait une domestique black qui me préparait des friandises, au pied de ces escaliers, qui m’attendait les bras ouverts en haut » Les esclaves, on t'y a habitué tôt... Pas étonnant, tu vois, ça ne me surprend pas. Les habitudes sont difficiles à perdre, c'est pour ça que tu me veux dans ta manche. Une servante officieuse, la chose qui nourrit ton égo. Me voir traîner derrière tes pattes te nourrit. Sans moi, tu périrais. « Les seules rampes que j'ai connues gamine sont celles de ma descente » Ô pitié non, pas de mélodrame. Le plafond est haut, curieusement, nos paroles ne résonnent pas. Ta voix est presque douce ici. On pourrait s'y méprendre. Tu devais le faire, glisse-tu. Faire quoi ? Me jeter en pâture aux lions, m'humilier, t'humilier ? La présentation à ton père n'était pas utile. Tu aurais pu te passer de moi, quel intérêt. Passons. Ton père, moi, l'enfant. Je t'observe, impassible ; l'envie de rire grossit au loin, tu m'as ranimée. Tu vas même réussir à me sortir de ma condition de pantomime en perdition. « L’enfant est de mon père, n’est-ce pas ? Evidemment, il va falloir que tu agisses en conséquence. Ton rôle d’objet de chantage va t’filer quelques Oscar » Oh, elle est là, vicieuse envie. Elle me chatouille les joues, me plisse les yeux tant elle est forte. Je vais rire, d'un instant à l'autre. Il n'y a pas d'enfant, sombre idiot. Tu n'es quand même pas aussi con que tu en as l'air, si ? Mes dents serrent, déchirent, saignent mes lèvres. Je fais des efforts, le fou-rire est proche. On frise le délire, on frôle l'hystérie. Les heures suivent et se ressemblent, toujours le même cirque. L'entracte est terminée, second acte. Action. Le jeu reprend, haletant, déprimant mais... il nous tient en vie. Pas un rire, juste ce sourire que je m'efforce de te cacher -vainement- en me détournant vers les hautes fenêtres. Le vin fait son effet, sur moi, sur toi, sur tous ces dindons qui se farcissent d'illusions, attablés en contrebas. On était là, on en faisait partie. Deux dindons parmi tant d'autres, deux dindons qui se prennent pour de nobles oiseaux. Encore que. « J'espère que tu n'es pas sérieux » Ma chair qui ne sera jamais altérée d'un enfant, jamais. Les gens comme moi ne doivent pas se reproduire, les gens comme toi, non plus. Dommage qu'ils soient les plus prompts à copuler. Leur chair est pourrie et non viable. Soit, je suis enceinte. Enceinte de tes rêves, de tes espoirs fous. Plus fous que les miens, ils n'ont pas les pieds sur terre, ils sont milles pieds au dessus de la réalité. Tant pis, tu m'as contaminée, j'agis, comme toi. J'avance, tigresse en mal de mal, m'empare de ta main, m'approche tant que tu ne peux rien observer d'autre que ma petite personne qui te hérisse tellement. Ta paume à plat sur mon ventre et ma main sur la tienne, t'empêchant de te soustraire, là où le non-enfant grandit, je te souris, le plus innocemment du monde. « Désolée, il ne donne pas encore de coups de pieds. Ça lui viendra, vous avez un don pour ça dans la famille » je te glisse. Tu retires ta main, comme si l'idée d'un bébé sous ma peau t'avais brûlé. Je souris à demi. « Porter ton demi-frère dans mon ventre serait l'abomination suprême, épargne-moi cette image cauchemardesque, veux-tu » Je m'éloigne de nouveau, interlude doucereux terminé, on reprend les bonnes vieilles habitudes. Tes iris de glace ne me lâchent pas, j'en suis devenue avide, je crève sous la haine qui en suinte mais, tu vois, je n'esquive plus. « Que me donnes-tu pour le prétendre ? Pour jouer le jeu et me comporter en future mère d'un bâtard Cole ? N'oublie pas que je suis ta pute, paye-moi » Même si ça ne m'intéresse même plus, même si à ton regard je vois que tu avais presque failli oublier, les rôles ne doivent pas s'inverser, tu me l'as bien fait comprendre. Je reste à ma place, sois un tantinet fier de ta chose, Mika. « Et qu'est-ce que j'y gagne à les faire chanter ? Te voir briller ? Ça ne m'intéresse pas. »

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MessageSujet: Re: And you feel like you were a mistake    Mer 8 Aoû - 20:38