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 il ne faut pas toujours croire aux stéréotypes ! il y a des exceptions, comme toujours !

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◭ arrivé(e) le : 27/05/2012
◭ âge : 33 ans - 20 ans +10 ans -4 ans = 19 ans
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MessageSujet: il ne faut pas toujours croire aux stéréotypes ! il y a des exceptions, comme toujours !   Mar 5 Juin - 20:02





Lapin, carotte, pot-au-feu, blanquette oh ouais bordel ! ça fait longtemps que j’en ai pas manger. Ouais une blanquette, faut que j’me fasse une blanquette. Banquettes, faut que j’me trouve une voiture. Mais essence, assurances, ça va pas le faire ! tant que Kay m’amènes. Kay, oh merde je devais lui ramener un bouquin. Voici un échantillon des pensées (farfelues, diverses, dingues, incompréhensible etc.) qui filaient, couraient dans la tête de la demoiselle telle des bip-bip voulant faire une blague a coyote. Ah c’est un marrant bip-bip ! et d’ailleurs où sont passés toutes les enclumes ? ouais on en voyait plein dans ce cartoon c’est que les enclumes étaient rependues au point que les enfants les connaissent ?!!! Froncement de sourcil, une moue de réflexion et un soupir. « tu te poses trop de questions ! » Oh que oui. Mais sa réflexion continu jusqu’à ce qu’on l’interrompe par un « arrêtes de faire ça tu vas attraper des rides. » Automatiquement elle détend son visage, elle laisse échapper un rire exagère, du genre « aah très drôle », ironiquement.

Ses pieds quittent la petite table pour retrouver leur place habituelle. « bientôt ton tour cocotte ! » « m’appel pas cocotte ! réponse à la réponse : une tape capillaire amicale. Une tappe sur la main de la trifouilleuse « toussseee paass àà meess zzzooolllliieee sssevveuux ! » et telle une gamine, elle ramène ses cheveiux sur le côté et commence à … les caresser comme si c’était un trésor. Quelques secondes et s’est tout. « Nath’ t’attends au bar, une serveuse est allée en pause. » Seul réponse : un soupir et va rejoindre le poste.

Seulement quelques pas séparent les deux pièces, pourtant si différente. L’une est calme, discrète presque morne, quelques tables, des trucs qui trainent partout et l’autre ressemble à un boudoir, des lumières tamisées (mais pas trop), de belles tables. Ça pourrait être une pièce d’un club de lecture, de personnes fortunées, de … bref plein de choses … mais c’est un club de strip-tease. Elle entre dans son rôle, ferme son visage. Et va au bar, on lui fait signe de servir quelques clients. Pas un mot, elle observe les clients. Un groupe de jeunes sont là pour célébrer l’enterrement de jeune homme qui deviendra le marié, quelques habitués (et pas forcément que des quarantenaire bedonnant si on écoute les stéréotypes). Pour un vendredi soir c’est pas mal.


Zabeth, qui ne fait que s’appeler Jazz en ce lieu. Elle sert quelques clients pendant un quart d’heure (le temps que sa collègue revienne de pause). Souriante comme il faut, politesse parfaite et regard aguicheur. Sa collègue revient, au bout du compte elle aurait préféré qu’elle prenne plus de pause, car son retour sinifie pour Zabeth son entrée en scène. Son regard s’attriste mais rien d’autre sur son physique ne laisse paraître cette tristesse, cette énervement. Délaissant le plateau pour aller dans les coulisse. Les pieds aux bas des marches menant à la scène, avant de se lancer elle respire profondément, se jurant que c’est la meilleure solution pour vivre, qu’il faut rester calme. Elle est « déguisée » en danseuse classique. Une fois sur scène, une musique à moitié classique à moiti rock l’accompagne, rapidement le costume tombe pour laisser place à des sous-vêtements noirs en dentelles. Ça fait quatre minutes, après une petite chorégraphie elle a pris son temps pour faire tomber le costume. Pour faire durer le plaisir ou plutôt faire monter le plaisir. La partie la plus désagréable est arrivée : s’approcher d’un client. Cette fois-ci au hasard, elle choisit un jeune homme d’une trentaine d’années, plutôt mignon. Le numéro reprend : elle se déhanche tout près de lui, quelques centimètres seulement, elle joue avec sa cravate avec un sourire malicieux au visage. Deux minutes et elle repart, laissant glisser son doigt sur la joue du client.

La danse personnelle a été légèrement écourtée, mais le client n’a rien remarqué. C’est dû à une dispute qu’elle a remarqué dans le fond de la salle, dans un coin, le patron et une des filles. Zabeth va s’emmêler. Pendant la traversée de la salle, elle eut l’impression de voir LA femme, la blonde, mais pousse cette donnée dans un coin de sa tête. « qu’est-ce qui se passe Sophie ? » le patron le prend mal, que mademoiselle s’en mêle. « elle me doit du fric. » quelques petites minutes plus tard, Zabeth a régler le problème, promettant d’aider Sophie à faire plus de clients. La Sophie la remercie pendant plusieurs minutes, impossible pour Zabeth de s’en sortir, elle n’a plus qu’à attendre la fin. En attendant, elle balaye –une nouvelle fois- la salle du regard, de nouveaux clients sont arrivés et … et ELLE est là. Ce n’était pas un tour de son cerveau. Sophie a fini son discours, la secouant pour la faire revenir sur terre. « ouais … ouais de rien ! » et elle aurait voulu courir vers les loges mais quelqu’un l’en empêche, un client. Pour être précise celui pour qui elle a dansé quelques minutes auparavant. Il s’approche un peu trop d’elle, une grimace, il est trop près ! zen, soyons zen, respirons l’air et les … les ? ailes ? Pas le moment de penser à ça, sans vraiment s’en rendre compte elle vient d’accepter de faire un show privée.

oups ! oui oups ! tu peux le dire. T’inquiètes pas, il est pas méchant, fais comme d’hab ! Son masque est revenu : celui de la fille aguicheuse, tentatrice. Lui attrapant la cravatte, elle s’approche de son oreille pour lui susurer un « alors suivez moi » Son inconscient –ou pas que lui- décide qu’il est préférable d’aller dans les salons privées de droites, par conséquent elle est obligée de passer devant Opium avec le client. Client qui la regarde avec de grands yeux et qui pourrait, sous peu, se mettre à baver. Ils disparaissent…

Zabeth ou plutôt Jazz, réaparaitra un quart d’heure plus tard, de nouveau « habillée », habillée est entre guillemets parce qu’une nuisette moulante arrivant juste au-dessus du genou ne peut être qualifié d’habit « normale » bien évidemment dans un univers où existe des habits normaux. Au fond, ce serait un plaisir si Opium était jalouse, mais elle ne l’avouera jamais comme elle n’avouera jamais que la voir lui a fait quelque chose. qu’est-ce qu’elle fou là ? ooh avoue ça te fais plaisir qu’elle t’es pas oubliée ! naahh ! siii ! bordel, pas le temps, concentre toi sur le client ! Client qui fut parfaitement satisfait avec un show personnel de plus d’un quart d’heure. Il a essayé, essayé d’être entreprenant ? trop ? oui, gentillement elle l’a repoussé, mais il a insisté, trop ce qui la fait diminuer le show. Abruti bordel ! bordel bordel ! fais gaffe, il aurait pu… La phrase reste en suspant dans son esprit, mais déjà elle voit les images de ce qui aurait pu lui arriver, ça l’écoeur et l’énerve à la fois. Il faut qu’elle se décharge de tout ça, alors elle retourne dans les coulisses pour sortir pour prendre l’air et surtout se calmer.

Trois quart d’heure plus tard, elle réapparut dans la partie publique du club. Trois quart d’heure = vingt minutes de pause + 5 minutes d’organisation + 4 minutes de remaquillages (légé) + 5 minutes pour « s’habiller » et dix minutes de papote avec une collègue. Son regard s’était assombrie, la tristesse se faisant plus forte dans ses yeux, plus forte qu’habituellement. A peine fut-elle sortie qu’on lui attrapa le bras « quelqu’un t’as demandé pour un show privé ! » Jazz entrouve la bouche, mais les mots n’ont pas le temps de sortir « t’as pas le choix, sinon il va te virer ! » Juste un hochement de tête et elle va vers les salons privées.
Ses talons clac contre le lino, sol du couloir des petites pièces fesant office de pièce pour « show privée » officiellement juste des danses, rien de plus. Mais pour quelques billets de plus, certaines filles font d’autres choses. Son regard perdu dans le vide, doucement elle modifie son visage : un sourire s’étand, elle relâche ses cheveux et secoue la tête, elle détend ses épaules, sa démarche devient plus sensuelle. Avant d’ouvrir la porte de la pièce adéquate, elle prend une grande inspiration puis l’ouvre et Ô surprise ! ELLE est là, c’est elle son show privée.

Pas le choix, faut qu’elle fasse comme si c’était un client comme les autres, y a des caméras dans les pièces, un moyen pour le patron de vérifier que les filles font bien leur boulot, il doit en profiter pour faire autre chose aussi mais Jazz préfère ne pas y penser. Alors, comme si elle était n’importe quel client, elle s’approche, doucement. Pour finir par se pencher vers elle, lui donant une magnifique vue sur son décoleleté. Elle approche son visage de l’oreil d’Opium et dans un murmure lance « que voulez-vous ? que désirez-vous ? » d’une voix lente et sensuelle. Op veut jouer, bah Zabeth aussi, au risque de se faire mal, de se brûler.




_________________________
push my back so i make sure you're right behind me as before yesterday the night before tomorrow dry my eyes so you won't know DRY MY EYES so i won't show i know you're right behind me and don't you let me go, let me go tonight don't you let me go, let me go tonight DON'T YOU LET ME GO, let me go tonight you walk the surface of this town the high heels above the ground and high horses that we know keep us safe until THE NIGHT you know them all, i know it all stay put and play alone 'cause i'm looking for my friend now i got you, got you don't you let me go, let me go tonight
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MessageSujet: Re: il ne faut pas toujours croire aux stéréotypes ! il y a des exceptions, comme toujours !   Ven 8 Juin - 21:38


opium et zabeth
∞ ' il ne faut pas toujours croire aux stéréotypes ! il y a des exceptions, comme toujours ! '


« At the end of the day, what we really want is to be with somebody. All this rite, to take some distance, and to pretend don't worry about others, it's bullshit. »



Cette pute de bouteille. Cette ancienne amie, cette traîtresse. Délicieux alcool qui me brule le gosier alors qu'il accueille ce doux breuvage. Douleur, mais bonheur. Toute ma vie semble faite de périlleux paradoxes. Je hais l'alcool, il est la cause de tous mes maux, de mes déceptions, de mes pertes et de toutes les trahisons qui ont jalonnés ma vie. Et pourtant, j'en bois avec délectation, et mon corps en redemande. Mon corps, mon esprit, mon âme, ma volonté se mettent à genoux devant telle addiction, devant telle drogue. Le verre dans la main, je fais tourbillonner le doux liquide qui le rempli, fascinée par les remous de ce fluide délicatement orangé. Whisky ? Non. Trop banal. Un truc qui vient de Pologne, plus fort que son amie la vodka, plus délirant qu'une petite pilule rose, plus déprimant que toutes les ruptures du monde. Le nom m'échappe, il ne me reviendra probablement pas. A cet instant, peu importe. Mes pensées voguent vers des coins plus obscurs ou des ciels plus dégagés, je l'ignore, ce monde n'est plus le mien. Je n'en ai plus un seul. Aucun ne daigne accueillir une alcoolique aussi faible que moi, et c'est l'enfer vers lequel, peu à peu, je me précipite allégrement. Aucun frein ne semble empêcher ma chute. Alors, petit à petit, je sombre. A des lieux de la Opium que tous connaissent, que je sais être sans la moindre difficulté aux yeux du monde, une femme libre, souriante, heureuse. Seule l'alcool détruit ainsi ma vie, ma morale, ma conscience, mon humeur. Seule l'alcool. Pute de bouteille. Je ne rêve que de la balancer contre la cheminée, que d'écraser sauvagement les quelques morceaux qu'il en resterait, que d'anéantir toute trace de cette malédiction qui se présente sous les traits du désir. Un désir glauque et morose, auquel nul ne saurait résister. En tout cas, moi, non. Et alors que mes rêves font disparaître cette bouteille, je ne peux que l’idolâtrer, la remercier de me servir si bien après toutes ses années. Pute de bouteille.

Les instants de lucidité, alors que je suis avachie sur le canapé avec le verre dans une main, la clope dans l'autre, sont terriblement rares. Aussi, intelligente et rationnelle, j'en profite, et ne laisse pas filer une telle occasion de satisfaire ce brulant besoin de m'extirper de cette odieuse passion. Foutu verre plein, foutue bouteille qui semble n'être jamais finie ! A moins que ce soit moi qui, sans véritablement m'en rendre compte, sois allé en acheter une nouvelle dans le supermarché du coin.. Oui, peut-être. C'est bien possible. Mes pensées ont vogué vers des mers plus délicates comme plus tourmentées, les nuages dans le ciel ont formé le prénom de Zabeth. Zabeth. Cette délicieuse strip-teaseuse, cette rencontre d'un soir, de deux soirs, de trois soirs, cette pas-vraiment-rencontre, simplement danse lascive et discussion rapide. J'ai toujours su que j'étais attirée par les femmes autant que par les hommes, mais celle-ci ne me fait pas le même effet que les autres. Il n'y a pas que du désir. Inconsciemment, j'ai la sensation de devoir l'aider. De vouloir l'aider. Ses grandes prunelles tristes m'ont attirée, fascinée. Ce sourire qu'elle colle sur son visage alors que toute son âme pleurante se reflète sur cette fausse mimique.. Comment les hommes peuvent-ils être dupe ? Non, en vérité, je connais assez la gent masculine pour savoir moi même répondre à cette question : dès lors qu'il s'agit de sexe, ou de séduction, les hommes n'ont plus la tête à songer à quoi que ce soit d'autre. Pauvre petits êtres faibles et inférieurs. Quant à Zabeth, elle mérite mille fois mieux que ce à quoi elle à le droit. Boîte de strip-tease pour types friqués, sécurité zéro, risque infini, pervers à l'affut de la moindre ouverture, salopards déguisés en mecs sympas, femmes obligées de dénuder leur corps pour se faire payer une petite misère.. Non, cette demoiselle, cette fameuse Zabeth mérite une éternité de gloire et de renommée, pas cette petite vie passée dans une débauche qu'elle semble exécrer.

C'est cette douce pensée qui m'offre ce délicieux instant de lucidité et qui oblige ce bras agacé à reposer le verre sur la table basse. Fini, cet alcool dont je ne me souviens pas le nom, ce truc qui déchire la gorge à chaque passage et fais chauffer le ventre comme papillonner les yeux. A force de travail et de longs exercices journaliers, j'ai une résistante à l'alcool qui doit probablement dépasser l'entendement. Fini l'euphorie du début, celle dont les midinettes se gaussent, l'alcool ne sert plus qu'à faire naître en mon âme des troubles multiples alors que mon quotidien se déroule sans embûche. Encore un nouveau paradoxe. Pauvre vie. C'est la pensée de cette femme qui oblige mes jambes à tenir lorsque je me relève lourdement, c'est toujours ce même songe éveillé qui me fait prendre ma veste d'une main incertaine, fermer la porte derrière mon passage, me rendre - en taxi, bien sur ! - jusqu'au bar où je sais qu'elle travaille. A force de m'y rendre, le trajet m'était dorénavant connu, et je n'ai pas eu de mal à me retrouver. Alcool ou non. Un endroit empli de bruits en tout genre, de ce que la jeunesse actuelle pourrait appeler musique. A des lieux de Bach et autres compositeurs illustres, mais plutôt du david guetta et quelques dg incompétents riches à millions pour avoir mixé trois notes entre elles. Chienne de vie. Pourtant, je ne mets pas longtemps à oublier l'odieuse musique qui résonne à mon oreille lorsque c'est sa vision qui me trouble. Sa vision. Cette beauté brute à la chevelure flamboyante, qui entre dans une pièce avec un homme. Pourriture.

C'est une jalousie sauvage qui s'empare de mon coeur, de mon âme, de mon être tout entier. Mes mains se mettent à trembler, l'alcool fait le reste. Saloperie d'addiction. Je n'ai plus qu'un désir, empêcher ce viol de la pensée, empêcher ce connard de regarder ce corps si délicieux avec des yeux si dégueulasses. Lui crever les yeux, histoire qu'il ne puisse accéder à ce qui m'est refusée. Cette femme est à moi, bien qu'elle ne le sache pas encore. Moi non plus, pas vraiment. Qui est-elle, pour moi, si ce n'est une strip-teaseuse désirable au regard perdu, triste et désemparé ? Pourquoi ce sauvage besoin de l'aider, de lire la reconnaissance dans son regard, et surtout, surtout, le bonheur. Incapable de comprendre. Je suis incapable de comprendre et, maintenant, de réfléchir. Mon cerveau fonctionne au ralenti, et c'est avec fortes difficultés que je me dirige jusqu'au bar, demande le patron. « Je voudrais un show privé. Zabeth. » Peu à peu, à force de toujours demander la femme identique, ses hommes me connaissent. Ils savent que j'ai les moyens, et c'est un hochement de tête qui me répond avant la moindre interrogation sur le prix ou les revenus. Ce type revient pour s'excuser de la future attente, Zabeth étant déjà occupée. Je devine à son regard qu'il doit lire dans le mien toute la sauvagerie qui s'empare de moi à ses propos, il s'abstient pourtant du moindre commentaire et c'est de la reconnaissance qui transpire dans mon coeur. Zabeth n'a rien à faire avec ses hommes, elle vaut mille fois mieux. Je la connais à peine, et pourtant, je le sais, je le devine. Je le sens, lorsque je lis l'intensité de son regard, la perte de son sourire qui disparaît, qui s'efface, lentement, qui s'alite. Je ne peux accepter un tel gâchis. Et je donnerais tout pour sauver ce sourire.

Cet homme ne tarde pas à revenir vers moi, me fait signe de le suivre. C'est trop délicat de s'entendre sans hurler, aussi pas un seul mot n'a été échangé entre nous depuis ma curieuse demande. Il ouvre les rideaux/porte de la salle qui accueillera ce show privé avec Zabeth, je m'y engouffre sans la moindre honte, sans la moindre crainte. Je commence à connaître les rituels avec cette femme, je suis venue la voir souvent, bien souvent, tant à la fois pour qu'elle me fasse vibrer de désir que pour l'inciter à s'enfuir, à quitter ce monde de la nuit où elle n'a, selon moi, pas sa place. Pas le moins du monde. De ses deux raisons, une seule a remporté un franc succès. Zabeth est toujours strip-teaseuse..

L'attente commence à se faire longue, et, toujours, je patiente sagement. Installée sur la sorte de canapé qui accueille les soupirs des courtisans, j'attends celle qui viendra me faire vibrer de désir, de bonheur. Puis, lorsque la porte s'ouvre, c'est une crainte soudaine qui s'abat sur moi, sauvage, brutale, tel un orage inattendu après une chaleur lourde et intenable. La peur. Celle de replonger mon regard dans le sien, celle de laisser l'alcool contrôler mes actes, ne pas tenir mon désir, ma passion, mon absolue fascination pour cette femme qui n'a probablement pas conscience d'à quel point elle a marqué mon âme. Mais surtout, je veux la convaincre. La convaincre que sa place n'est pas ici mais à des kilomètres de cet endroit sordide, qu'elle mérite le luxe, la douceur, la tendresse, une relation stable, une vie ordinaire bien que superbe. Pas celle-là. Plus le temps passe, plus je doute d'y parvenir, mais je persiste. Il n'y a qu'ainsi, après tout, que les choses se déroulent comme on le souhaite... A sa provocation, à ce décolleté que, sauvage séductrice, elle offre à ma vue, je me contente de respirer fortement. Un soupir de bonheur alors que le show commence à peine. « Que tu me fasses vibrer, comme tu sais si bien le faire. » Ton lascif, regards en coin, je suis plongée dans une expectative insoutenable. Voir sans toucher, c'est criminel. De la torture psychologique. Et dire que c'est seule que je m'inflige ce tourment.. « Et que tu te rendes comptes que tu n'as rien à foutre ici. » Je n'ai pas changé de registre, Zabeth connait ma manière de fonctionner, et sait très bien que malgré mon désir de la voir trouver un meilleur mode de vie, je ne l'imagine pas sans moi. Comme je n'imagine pas mon existence sans sa lumière pour l'éclairer. Me faire vibrer et se rendre compte étaient deux évidences qui allaient de paires.

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emma opium-nela blackwood

C’est pas l’alcool qui me manque, c’est l’ivresse. Et bien que je puisse cacher mon regard froid, que vous puissiez me serrer la main et sentir ma chaire s’agripper à la votre, vous pourriez vous dire que nos vies sont comparables, mais je ne suis tout simplement... pas là !.

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MessageSujet: Re: il ne faut pas toujours croire aux stéréotypes ! il y a des exceptions, comme toujours !   Dim 10 Juin - 14:56


Deux petits cachets. Deux petites insignifiantes pilules. Petites. Mais plus c’est petit plus c’est puissant. Un soutien, une béquille pour supporter le quotidien, pour supporter cette fichue vie. Cette vie qui est une maladie mortelle. Une vie qu’elle aurait voulue différente. Oh qu’elle aurait aimé changer les choses. Uniquement si elle avait conscience des changements, sinon ça ne servirait pas à grand-chose, car l’Homme étant une créature insatisfaite. Elle aurait pu avoir une autre vie qu’elle aurait pu être aussi triste, seulement la conscience d’une autre vie l’aurait sans doute aidé. Ou peut-être qu’elle aurait été mieux, simplement, même sans conscience de son autre vie, elle n’a pas pensé à ça, parce que c’est une pessimiste. En tous les cas, c’est étrange comme réflexion ou plutôt non, c’est rationnel ! Rationnel mais dans un cadre de réflexion –sur un sujet de réflexion- aboutissant qu’à des possibilités et des solutions impossibles, car un géni ne va pas apparaitre sortant d’une lampe pour lui demander si elle veut retourner dans le passé. De même que la Professeur McGonagal ne lui prêtera un retourneur de temps. Mais ces quelques pensées illustrent un aspect de sa personnalité, son pessimisme ancré. Le verre est à moitié vide et pas à moitié plein. à quoi bon penser à ça, ça n’arrivera pas ! Sauf si on était dans un film ou alors qu’on était, en fait, des Sims pour d’autres et à ce moment-là ils pourraient nous faire faire des actions qui nous rendrez heureux, sauf si bien évidemment ils décident de nous tuer en enlevant la sortie de la piscine où ils nous aurez fait aller ou encore en nous enfermant dans la cuisine pour nous faire faire à manger jusqu’à ce que le four brûle et nous tue par la même occasion. un esprit trop fertile et une volonté inconsciente de se faire souffrir. Et lorsque de temps à autres elle y réfléchit, elle ne parvient pas à s’empêcher d’avoir des pensés destructrices, sombres et pire, d’avoir des actions destructrices, des situations qui aux mieux ne feront qu’engendrer des sombres pensées et au pire à se détruire sur l’instant et laisser une trace pour preuve. C’est dans son caractère, c’est en elle, impossible de l’effacer, de le supprimer. Autodestruction. Fichue autodestruction.

Cette autodestruction la pousse peut-être à continuer de travailler dans ce club, mais c’est surtout du fait de son sens de la réalité et de l’avantage comparatif. Travailler ainsi lui permet de se faire de l’argent, beaucoup plus que si elle était serveuse ou faisant tout autres emplois étudient plus conventionnels. Argent qui malgré son important chiffres – par rapport aux autres jobs étudiant - ne lui permet que de vivre à la limite des problèmes, mais ça c’est parce qu’elle a des secrets et des problèmes. Chut, elle n’est pas encore prête à en parler ! D’ailleurs elle n’est prête à ne pas parler d’elle tout coup, mais ça c’est encore un autre problème. Une fille à problème ! Ou plutôt une fille à problèmes qui est devenue une femme à problèmes ! Et puis, en un sens, c’est aussi une revanche. Une revanche personnelle, une revanche auprès de l’enfant qu’elle était. Une petite fille ronde, de temps à autres raillée par les autres et longtemps mal dans sa peau. Alors voir des hommes se masturber, prendre du plaisir en la voyant sonne comme une certaine revanche. Et puis il y a cette sensation de puissance, d’être plus forte que les hommes qui ne font que succomber, Oscar Wilde a écrit « la femme est au-delà du désir, elle est objet de désir. » Et Oscar n’a-t-il pas toujours raison ? Bref, trop de « bonnes » raisons pour continuer alors les problèmes qui en découlent elle les laisse de côté même si de temps à autres ils lui reviennent en pleine face comme une claque, et une petite voix diabolique – ou plutôt moqueuse - dans sa tête chantonne « je te l’avais dit ! » Ah cette fichue phrase. Bref, on ne va pas passer la journée à parler du pour et contre de son métier et des avantages et désavantages. arrêtes de pleurnicher ! tu t’en sors bien ! tu es dans un pays démocratique, pas de guerre. Tu ne meurs pas de faim. juste se convaincre qu’elle a une vie appréciable, qu’elle n’a pas à se plaindre, elle ne se plaint pas, se sentant coupable, coupable d’avoir cette vie « tranquille » face aux horreurs que d’autres vivent. Mais des horreurs, elle en a vu, elle en a vécu. Et les images lui reviennent, violentes, fortes, destructrices, saloperies de souvenirs !

c’est pas le moment de flancher bordel ! effectivement ce n’est pas le moment adéquate (mais y a-t-il un moment adéquate pour se prendre une gifle de la part de son inconscient qui devient conscient ? excepté, peut-être, pendant une séance chez le psy ou avec quelqu’un avec qui l’on peut parler librement. Effectivement, face à des dizaines d’hommes les yeux brillant de plaisir, ce n’est pas le bon endroit). Se mettre à chialer alors qu’elle est en plein numéro c’est courir au désastre. Alors elle se retient, ses yeux ne font que briller légèrement quelques secondes, parvenant à se retourner – comme si c’était prévu – et essuyer ses yeux à la va vite. Elle est parfaite dans le rôle de la tentatrice, douce tentatrice appelant à la débauche telle les sirènes appelant Ulysse et ses marins. A la différence qu’elle n’empoisonne pas les autres avec ses chants, « préférant » s’empoisonner elle-même. life is a bitch until you die, veronica mars avait raison ! cette pensée la fait sourire (un sourire amer, triste) d’avantage que le sourire quelle avait collé au visage – le métier obligeant.

Il ne sait encore rien passé de grave ce soir, pourtant un pressentiment. Un truc qui lui donne l’impression qu’il va se passer quelque chose. Impossible de dire comment, pourquoi etc. voilà pourquoi c’est un pressentiment. Et celui-ci se confirme lorsque, partant avec un client, son regard se pose sur la seule femme qui n’est pas employée. Zabeth est à la fois énervée (un peu moins fort que ça) et, il faut l’admettre, contente. Enervée parce qu’Opium va lui ressortir un couplet sur il faut te sortir de là – oui cocotte, mais comment ? C’est facile à dire, j’ai besoin de fric et le fric sa pousse pas sur un arbre – (l’espace de quelques secondes elle s’imagine ce que serait un arbre à billets verts, troptop !). Malgré un show privé et le regard pervers du client, elle ne parvient pas à éloigner Op de ses pensées ce qui l’exaspère. Le client réclame un extra, hors de question. Le ton monte, mais Zabeth parvient à clore la conversation. Elle sait que ça va lui retomber dessus, que le patron va lui passer un savon. Non, le patron n’est pas devin, il a juste mis des caméras dans les salons privées. Soit disant pour la sécurité des filles, mais Zabeth – et d’autres – se demandent si cela servirait plutôt comme outil de chantage ou à faire autre chose. Bref, ce n’est pas ça qui nous intéresses.

Pas vraiment le temps de repenser à l’autre pervers, elle est demandée pour un autre show privé. Ça l’étonne toujours quand on lui annonce ça. Et ô surprise c’est ELLE. Pourtant rien dans son comportement ne laisse entrevoir une différence entre cette cliente et les autres. Le même numéro à la différence qu’il est peut-être un peu plus sincère, partagé (en tout cas il y a quelque chose de plus). La faire vibrer ? ça lui rappel quelques questions qu’elle se posait sur le plaisir qu’une femme peut apporter à une autre femme. Encore cramponnée à l’idée que seule la pénétration masculine peut la faire monter haut dans le ciel. Mais qui sait, peut-être que ce soir elle découvrira… cette pensée la fait sourire, un sourire coquin qui fait pétillé ses yeux de malice. Opium est la seule à la faire réagir comme ça et la demoiselle ne se l’explique pas. De même que la blonde lui fait ressentir un certain désir. Un désir qui se couple à un sentiment inexplicable, une forme d’attachement profond survenu de nulle part et une conviction qu’il y a quelque chose. Si ce n’était pas Zabeth la personne dans une situation pareille aurait nommé ça un coup de foudre, la découverte de l’amour. Mais c’est Zabeth, Zabeth et ses murs de protections.

Du bout de ses doigts, elle effleure la cuisse de la cliente. A peine une caresse. S’en suivra d’autres, toujours du bout des doigts. Une sur le haut de sa cuisse, la suivante sur son bassin et ainsi de suite. Une crasse au creux de ses seins, sans les toucher, et sa main parvient à son coup. Ce n’est pas grand-chose, juste un peu de toucher, pourtant la demoiselle sent en elle quelque chose se tordre. C’est douloureux, douloureux de plaisir. Inconsciemment, elle se rapproche. Et là, cassant, le couplet d’aide. Son sourire diminue pour ré-augmenter, il a changé de signification, c’est un sourire de résignation, d’amertume. « pourquoi tant vouloir me sauver ? vous n’avez point besoin de moi pour faire de bonnes actions. et qui est là pour vous sauver ? vous sauvez de la bouteille. » juste un murmure qui s’achève par un chuchotis. Elle n’est pas en colère, elle n’est pas énervée, elle ne semble pas grand-chose. C’est juste le vide. Vide accompagné d’un peu de désir, celui-ci ne s’est apparemment pas fracassé contre la terre après être tombé de la falaise. Soudain, trois coups retentissent. Immédiatement elle tourne la tête, mauvais signe oh oh. C’est le cas de le penser. Interrompre un show signifie qu’il y a quelque chose « d’important », elle espère que c’est une collègue et pas le patron ou un de ses sbires. Mais oups, c’est le patron.

Elle s’empresse de sortir refermant ce qui sert de porte. « un client est venu se plaindre. » « il voulait un extra, je ne fais pas d’extra. » Un petit rire de la part de l’homme se fait entendre. « [color=blue]tu devrais t’y mettre si tu veux rester ici.[ /color] » une menace, à peine voilée. Elle avait déjà pensé à l’étape suivante, la prostitution. Là c’était « un peu moins pire » parce qu’il s’agissait d’extra et encore, ça dépend du point de vue. « et tu vas faire de cette jeune femme ton premier extra. » un ordre, ni plus ni moins. D’un côté que ce soit Opium l’arrange mais d’un autre. Orf c’est trop compliquée, c’est chiant, alors elle ne pense plus ou du moins tente de bloquer ses pensées par un barrage. Elle re-pénètre dans la pièce. Comme si de rien n’était, elle a pris soin de refixer son sourire sur son visage. Question : Opium a-t-elle entendu ou pas ? Qu’importe, elle sait ce qu’elle doit faire désormais.

Se replaçant comme avant, un genou de chaque côté. « si vous voulez on peut faire un extra, vous pouvez même prendre pour une nuit. » Rien ne transparait sur le visage de la strip-teaseuse si ce n’est un air de malice. En réalité c’est plus compliqué, c’est toujours plus compliqué, mais explications au prochain épisode !


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MessageSujet: Re: il ne faut pas toujours croire aux stéréotypes ! il y a des exceptions, comme toujours !   Mar 12 Juin - 15:58


opium et zabeth
∞ ' il ne faut pas toujours croire aux stéréotypes ! il y a des exceptions, comme toujours ! '


« At the end of the day, what we really want is to be with somebody. All this rite, to take some distance, and to pretend don't worry about others, it's bullshit. »



Cette femme... Elle est odieusement belle. Et moi, pauvre victime de son charme, emprisonnée dans la toile qu'elle a tissé pour mon simple usage, je me retrouve paralysée. Mon regard la parcourt, il ne la lâche pas des yeux. Mais au lieu de son corps offert, au lieu de ce décolleté plongeant et pertinent, c'est vers son regard que, toujours, mes prunelles me ramènent. Elle n'est pas heureuse. Je le lis dans ses iris bleutés, je le sais, je le sens. Ce qu'elle fait là, elle donnerait tout pour cesser de le faire. Se déhancher devant des pervers aux doigts trop fouineurs ne peut lui apporter le bonheur, je ne l'ai jamais senti aussi clairement. « Ne compare pas l'incomparable. Tu peux être sauvée. Pour moi, c'est foutu, mais je peux faire quelque chose pour toi. » Et cette femme me rend triste comme je l'ai rarement été, alors que mon sourire perd de son charme, et que mon visage se ferme. Bête petite spectatrice, je préfère m'avancer à imaginer les pensées de ma strip-teaseuse plutôt que d'admirer son show.. Pourtant, ses doigts contre ma peau, ses effleurements câlins, ses tendresses interdites me ramènent bien vite à ma place. C'est pour moi, et uniquement pour moi qu'elle se donne ainsi, et je me plais à songer que je suis la seule à avoir le droit à tant de sourires, à tant de tendresses. Peut-être est-ce naïf.. Peut-être pas. Et peu à peu, c'est mon désir qu'elle exacerbe, comme si ce n'était qu'un petit jouet entre ses mains qu'elle se plait à manipuler à ma guise. L'alcool dans mes veines accentue encore ce plaisir, ce besoin de la sentir près de moi, de goûter à ses tendresses, de m'impressionner de ce spectacle incroyable. Cette femme est une déesse de beauté, une déesse de séduction. Je n'en ai jamais vu comme elle, auparavant, et sans doute est-ce cette unicité que je recherche, que j’idolâtre. Je l'ignore. Complètement. Et l'alcool, se réveillant en moi, plonge mes pensées dans un océan de brume et d'incompréhension.

Ah, Zabeth, cette femme qui capture mes songes, mes pensées, toutes ses frivolités. Elle s'est emparée de moi, sauvage petite tigresse. Et c'est de la colère, une brusque colère qui apparaît sur mon visage lorsque son show est interrompu par cet homme, ce pourri qui fait de cette demoiselle un simple objet de consommation. Elle, qui mériterait de figurer parmi les plus grands, qui honorerait de sa présence des grandes villas luxueuses, elle, grande muse d'une pauvre alcoolique telle que moi.. Cet homme la détient captive, cela ne fait aucun doute, et sans l'avoir jamais vu, je le hais déjà. Pourtant, j'ignore comment, mais je trouve le courage de rester calme, de laisser mes fesses posées sur ce petit canapé, d'écouter sans entendre la discussion probablement importante qui se déroule derrière cette foutue porte. Je ne suis même pas curieuse, l'alcool m'en empêche. Il s'immisce dans mon âme et me fait décoller, découvrir d'autres cieux, et je me sens partir alors que je suis incapable de faire le moindre geste. Je connais l'effet de cette putain de bouteille, je l'expérimente chaque jour. Pourtant, tout le temps, il m'impressionne, il me fascine. Putain d'addiction.

Et Zabeth revient, alors que mon esprit pénètre de nouveau dans mon cerveau, que je retrouve ma place dans cette pièce aux couleurs chaudes. Elle est là, elle me regarde, elle me provoque, elle me séduit, elle joue. Cruelle séductrice, qui s'amuse de mes penchants. Pourtant, je ne peux lui en vouloir, et c'est un sourire séduit qui s'inscrit sur mes traits alors que j'entends sa proposition. Une nuit. Un extra. De la prostitution, quoi. Rien de plus clair. Et alors que j'ai toujours voulu la forcer à s'échapper de cette endroit, c'est la goutte d'eau qui me force à le faire encore plus. Et puis quoi encore ? Vais-je laisser cette femme qui me fascine et que je veux pour moi, pour moi seule, vais-je la laisser vendre son corps à des immondices nommés hommes ? Non. J'en suis incapable. Ma fierté ne le peut pas, pas plus que mon orgueil ne tolérerait que j'échoue à cette mission. Tirer Zabeth de là. De gré ou de force. Et surtout.. d'urgence ! « A quoi sert un extra, si tu n'en as pas vraiment envie ? C'est toi qui m'intéresse. » Annonce probablement rarement entendue par des strip-teaseuses, je le sais. Alors, je profite de cet instant de surprise, je me lève, et, douce, je porte ma main à sa joue. Je la caresse, tendrement. Douce passion que je ressens, qui empoigne mon coeur, qui se joue de mon regard que je lui porte. Cela ne fait aucun doute, elle peut le voir dans toutes les fibres de mon coeur.. Cette femme me revient, je ne la laisserais pas dans ce foutu endroit où on fait commerce de son corps, ce dernier est à moi. Il est à moi depuis que je l'ai décidé, depuis que je l'ai vu. Et cet alcool, ce doux alcool qui frémis dans mes veines, me confirme à quel point j'ai raison, me donne assez d'ailes pour que j'ai le courage de me montrer claire. Et ma clarté se manifeste par des gestes.

Ma main reste sur sa joue, toujours aussi tendre, toujours aussi délicieuse, alors que je m'interdis d'aller plus loin. Je rêve de l'embrasser, de caresser ses cheveux si soyeux, de me perdre entre ses bras, pourtant, je raisonne mon esprit. J'ignore comment, malgré l'alcool qui, agissant tel une bonne dose d'adrénaline, m'ordonne de me laisser à mes passions, j'arrive à tenir. Bonne petite fille sage, je lui souris, un sourire odieusement ironique, alors que ma main retrouve enfin sagement la fraicheur de ma tenue. « Mais j'imagine que tu es obligée, alors je vais aller voir ton connard de patron, lui payer d'avance pour une nuit, puis tu vas venir chez moi. Alors, on parlera de comment te sortir d'ici. » On parlera... Seulement. Un instant, cette perspective me désole, mais je sais que je dois me montrer une fille bien. Peut-être que, lorsque je l'aurais fais sortir de cette enfer, les remerciements la pousseront à me céder son corps et même, j'ose l'imaginer, son coeur. Mais pour l'instant, je ne peux même pas y songer. Non. Pas une strip-teaseuse. Pas tant que je n'aurais pas su faire de ce désir une réalité. Et je la sortirais d'ici, coûte que coûte.

Dans un dernier regard coulant sur cette femme qui fait boum-boumer mon coeur, je quitte la pièce, elle le premier 'barman' que je trouve, exige de lui qu'il me donne le nom de ce mac foireux qui veut faire de Zabeth une vulgaire fille de joie, elle qui devrait être une princesse. Je ne tarde pas à le trouver, dans cette salle où je n'aurais jamais du entrer, matant ses odieuses caméras qui le mènent droit aux pièces où les filles travaillent, se déhanchent, vendent leurs douces courbes délicates et leurs sourires sublimes. Mon courage ne me fait plus défaut, désormais, et c'est avec grande peine que je m'abstiens de lui foutre mon poing dans la gueule. Connard. « Combien vous voulez pour une nuit avec Zabeth ? Chez moi, pas ici. Je l'amène. » Mon ton ne tolérait pas la moindre contradiction, pourtant, cet abruti tenta vainement de me faire entendre raison. Pauvre homme, privé d'une de ses putes ? Pitoyable type détestable. Je lui cracherais bien dessus, à l'occasion. Pourtant, mon visage reste fermé et, jolie défenseur des droits de l'homme, comme belle demoiselle douée en affaires, je n'en démords pas. Je l'emmènerais, un point c'est tout. C'est alors une somme affolante qu'il exige que je débourse, et sans un sourire, sans un regard sur ce cafard que j'écraserais volontiers sous mon pied, je lui verse la somme demandée. Je ne suis pas à ça près. Même si donner tant de fric à une crapule de son genre me tire une grimace que je cache bien allégrement. Pourtant, c'est avec le sourire que je quitte la salle, me dirigeant vers celle où m'attend Zabeth. Zabeth ... c'est déjà une petite victoire dans le long chemin de sa libération. Un peu plus, et je me sentirais telle la princesse qui affranchi un esclave. C'est un sourire que je lui offre, franc et sincère. « Va te rhabiller et on va chez moi, ça te va ? Je ne peux te libérer qu'une soirée, mais j'ai peur qu'on doive s'en contenter, pour le moment. »

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emma opium-nela blackwood

C’est pas l’alcool qui me manque, c’est l’ivresse. Et bien que je puisse cacher mon regard froid, que vous puissiez me serrer la main et sentir ma chaire s’agripper à la votre, vous pourriez vous dire que nos vies sont comparables, mais je ne suis tout simplement... pas là !.

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MessageSujet: Re: il ne faut pas toujours croire aux stéréotypes ! il y a des exceptions, comme toujours !   Mer 13 Juin - 11:47


Je peux être sauvée ? ah la bonne blague, ça fait trop longtemps. Trop longtemps que la tristesse et la colère coulent avec mon sang. Tout ce sang, le sang… des images la frappe, des images trop connues, trop vues, trop ressenties. Comme si l’avoir vécu n’était pas assez, il faut en plus que ça revienne. Ça s’est traduit par quelques secondes d’absence, pas grand-chose. C’est comme si elle avait été mise sur pause. Mais elle se réveilla, un soubresaut et elle était de retour à la réalité. Une réalité pas si horrible que ça. je vais bien, je n’ai pas de gros problèmes, je suis en presque bonne santé, je… Elle coupe ses pensées, pas le temps de faire une séance dépression. Une chance sur deux qu’Opium l’ait vu, mais au point où elle en est. Mais la demoiselle va pas en rester là, on ne peut pas la sauver et elle ne veut pas mettre Opium dans une situation difficile, elle a déjà ses problèmes. « c’est gentille de vouloir me sauver, même si je ne comprends pas pourquoi, mais c’est une perte de temps. Et puis je suis pas si malheureuse, je suis pas en danger. Vous pouvez vous en sortir vous. » Son regard s’accroche au sien. Elle comprend vraiment pas, pourquoi vouloir la sauver ? Partant du principe qu’elle vaut rien, après tout je suis juste qu’un grain de sable sur une plage immense Oui, Zabeth a un sérieux problème d’estime, elle pense ne rien valoir, de ne mériter rien. Oui, un sérieux problème d’estime et personne n’est encore parvenu – parce que personne n’a vraiment essayé (ce qui a conforté sa position d’inutilité) – de l’aider à trouver de l’estime d’elle.

Et pour couper court à cette conversation, et éviter les problèmes avec le patron elle fait le show, différent de ce qui se fait habituellement mais ça Opium n’est pas censée le savoir. Dès qu’elle entre dans un contact plus rapproché, ses pensées sombres vont voir ailleurs comme si on les avaient poussées pour leur faire comprendre qu’elles n’avaient rien à faire là. A la place le désir s’est installé, étrange mais agréable. Ça fait du bien même si c’est perturbant. S’il y avait un observateur externe il s’amuserait sans doute de la naïveté de Zabeth. Celle-ci n’imaginant pas l’effet qu’elle produit sur Opium, presque de la candeur. Ce qui est assez paradoxale dans une telle situation. Mais il n’y a pas d’observateur extérieur –sauf si le patron est derrière son poste de surveillance – donc personne pour secouer mademoiselle. Ce qui la secouera c’est les coups à la porte. Oui ça, ça fait mal. La bulle, en un sens protectrice, est éclatée. C’est là qu’elle prend réellement conscience du bien être qu’elle avait ressenti. Un bien être assez perturbant qui la renvoi à des questions. C’est cette réflexion permanant, remise en question qui casse toujours les rares moments de paix qu’elle trouve.

Pas besoin de reparler de la discussion avec celui qu’on appellera le crétin. Un grand crétin pervers qui se fait de l’argent sur le dos des filles. Entre elles, par ironie, elles le surnomment le mac. Ce n’est pas drôle, c’est juste une manière d’être attristées de leur situation sans pleurer. Rare, très rare sont les filles qui bossent dans ce genre d’endroit parce qu’elles le veulent complétement. Dans ce club la plupart des filles ont des soucis financiers, certaines ont des enfants à nourrir, d’autres des études à payer (elles sont deux dont Zabeth+dettes). Alors quand le patron demande quelque chose (ou plutôt réclame, oblige) on ne refuse pas. En général, ce n’est pas le genre de la demoiselle, quand on lui écrase le pied elle riposte. Mais ici, dans cet endroit, elle la ferme sauf quand ça va trop loin. Toujours prête à défendre les autres filles s’il y a un problème, à aider, mais dès qu’il s’agit de sa situation propre il y a plus personne pour défendre. Pourtant c’est une fervente détentrice des droits de la femme, ne l’appelait féministe. Selon elle ce mot est la preuve même du problème, après tout hoministe n’existe pas ?! En tout cas il faut éviter de la lancer sur ce sujet parce qu’elle peut en parler longtemps, sauf si bien évidemment vous souhaitez discuter de ce sujet. Les associations pour la liberté de la femme seraient sans doute navrées pour Zabeth. Or cette dernière se pense chanceuse, personne ne l’a forcé à faire ce métier. La vie est ainsi, la vie l’a mené ici. Bref, elle se pense assez chanceuse.

Donc quand le patron demande des extras, on fait des extras. Et même dans cette situation, Zabeth parvient à relativiser, à se dire assez chanceuse. Après tout, cela arrive quand elle est avec Opium et pas avec le précédent et son regard pervers. Là c’est plus de la douceur et de la bienveillance, du désir aussi mais c’est un peu plus compliqué. Suite logique des choses elle propose, comme si elle proposait un menu plat entrée ou plat dessert, extra ou nuit ? Effectivement, ce n’est pas la même chose, l’investissement n’est pas le même. La phrase d’Opium résonne dans sa tête « à quoi ça sert si tu n’en as pas envie ? » au fond elle en a un peu envie, le problème c’est qu’elle a l’impression qu’il y a plus que du désir (quelqu’un d’autre aurait appelé ça l’amour, comme dit plutôt). Et c’est ça qui la dérange le plus. Alors si elle avait dû lui faire un extra ce n’aurait pas été complétement forcé. Ç’aurait été mille, un milliard de fois plus sain, plus supportable, désiré que si ça avait été avec quelqu’un d’autre. Zabeth ne répond pas à la première phrase parce que simplement elle ne sait pas trop quoi répondre, du désir elle en a mais elle n’est pas encore prête à le dire. D’autre part, elle voudrait éviter de dire une bêtise et puis ça laisse Opium dans l’incertitude, comme un petit jeu de séduction. « je suis pas intéressante » hop on remet une couche, toujours se manque d’estime, j’ai rien d’intéressant, je vaux rien !. Quelle joie de vivre !

Perdu quelques part, parti dans des associations de mots sans fin, la caresse la réveille. Plongeant son regard dans celui de la jolie blonde elle ne comprend pas, n’arrive pas à comprendre ce qu’elle peut ressentir, ne serait-ce pas plutôt qu’elle fait exprès d’ignorer ? Non, c’est son inconscient qui vire la possibilité de l’attachement, de l’amour. Elle se perd dans son regard, voulant à tout prix comprendre, de l’amitié. Voilà ce qu’elle essaye de se convaincre, se convaincre que c’est de l’amitié qui pétille dans ses yeux, toujours le rejet de la vérité, involontairement. Pas le temps de lui répondre, comme on dit aujourd’hui « elle reste sur le cul », estomaquée elle la regarde partir. Et là son cerveau se remet en marche hein ? Quoi ? Euh mais ? mais ? L’unique raison pour laquelle, elle reste sagement dans la pièce c’est pour éviter des problème à Opium. Car si elle s’en mêle ça risque de mal finir, le patron comprendrait qu’il se passe quelque chose, qu’Opium veut la sauver. Pour ça aussi peut être qu’elle reste en place, inconsciemment elle veut qu’Op la sauve. Un besoin de se rattacher à quelqu’un. De briser cette solitude qui est sa seule compagne fidèle.

faut que je préviennes Kay, ouais, il faut aussi que … à non il va être trop tard. J’appellerais demain, il faut que je règle ça au plus vite. Des pensées continuent à affluer, à s’accoupler. Juste pour ne pas penser à Opium, ça ne marche pas vraiment, la jolie blonde reste dans ses pensées, dans un coin mais elle est là ! Opium, bordel j’espère qui t’as rien fait, si dans deux minutes t’es pas là je vais voir ! dans ses pensées elle la tutoies, dans la réalité elle la vouvoie. Le vouvoiement est une forme de respect pour Zabeth. Op réapparait, un soupir de soulagement s’échappe de Zabeth. Oui elle est soulagée, soulagée qui ne soit rien arrivé à blondie, elle s’en serait voulu, oh que oui ! Ç’aurait été sa faute si un problème serait survenu. Elle se lève et s’approche d’elle, arrivant à sa hauteur elle lui prend sa main, avec son pouce elle trace de petits cercles. « merci. » merci pour ne pas m’avoir laissé ici et devoir passer la nuit avec un des hommes de l’autres côté. Mais une peur s’installe, après tout Opium a payé pour une nuit, elle serait en droit de lui demander ce qu’elle veut, ça se trouve cela n’est qu’un piège ?! Cette pensée la fige, mais elle n’a pas le choix. C’est la preuve qu’à chaque fois qu’il lui arrive quelque chose de bien elle parvient à trouver un problème, quelque chose qui pourrait mal se passer.

Le contact n’a duré que quelques secondes, comme demandé elle est partie dans les loges. Elle troc la robe rouge pour un short noir et un tee-shirt ample blanc et couvre ses gambettes avec un leggin. Elle reste attirante mais plus naturelle, elle ressemble d’avantage a une personne qu’on pourrait croiser dans la rue qu’à une fille qui fait le trottoir. Ajoutant un collier, elle range à la vas vite ce qui traîne sur sa petite table, elle discute quelques seconde avec Lily. Cette jeune femme a un enfant à charge, elle est sympas, Zabeth a dormi plusieurs fois chez elle, elle l’a aussi dépanné quelques fois pour garder sa petite fille. Ce qui est assez surprenant pour demoiselle Kpherssonme, elle qui n’aime pas les bébés et les enfants. Mais comme elle est toujours prête à aider, ça contre balance. Mais ne traînons pas trop sur ses détails, elle attrape son sac four tout, et le nom est tout à fait adéquate : livres, paquets de chewing gum, magasines et quelques jouets kinder qui traînent. Un petit bordel personnel montrant son goût pour les choses étéroclytes et ses divers centre d’intérêt.

C’est avec une boule au ventre qu’elle retourne vers Opium. Un petit sourire au visage. « désolée pour le temps. Je suis prête ! » Son sourire s’étend, elle est à la fois curieuse de voir ce qui va se passer et angoissé. il faut que j’arrête de tout analyse bordel, on verra ce qui se passera ! une fâcheuse habitude, difficile de se débarrasser de ça. Oui, qui vivra verra ! « alors allons chez toi ! » Première fois qu’elle la tutoie, preuve d’un rapprochement, il peut se passer des tas de choses cette nuit, le seul moyen de savoir ce que ce sera c’est de le vivre. Alors, elle compte vivre pour voir..


désolée c'est pas folichon, c'est longuet et creux ... désolée je me rattrape au prochain .

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MessageSujet: Re: il ne faut pas toujours croire aux stéréotypes ! il y a des exceptions, comme toujours !   Mer 13 Juin - 18:25


opium et zabeth
∞ ' il ne faut pas toujours croire aux stéréotypes ! il y a des exceptions, comme toujours ! '


« At the end of the day, what we really want is to be with somebody. All this rite, to take some distance, and to pretend don't worry about others, it's bullshit. »



Cette femme me fascine. Douce poupée aux formes délicates et parfaites, elle est ma plus fervente copie de la perfection, elle en est le symbole même. Une chose, néanmoins, me laisse perplexe : comment peut-elle ne pas comprendre que je veuille l'aider ? Il n'y a rien de plus naturel. Je lis dans son regard que ce qu'elle fait la dégoute, ou au moins, ne lui plait pas, c'est une absolue évidence. Je n'aspire qu'à la sortir d'un monde qu'elle exècre, car elle mérite mille fois mieux. Cela ne fait aucun doute. Cette femme a une âme de princesse, à des années lumière de ses numéros -certes charmants- de charme qu'elle doit dévoiler devant un public incapable d'en apprécier la beauté. Eux, ses pauvres mâles dirigés par ce qu'ils ont entre les jambes, ne peuvent être fascinés que devant le galbe de sa poitrine et les courbes de ses hanches. Son regard, attristé, son sourire, factice, tout cela les dépasse lourdement. Moi, c'est ce qui m'a intéressé dès les premiers instants, dès les premières secondes que j'ai passé avec elle. Des moments magiques, lumineux. Des moments où je me suis plongée dans ses prunelles et où j'en suis ressortie grandie. Je ne comprends pas moi même cette étrange fascination que j'éprouve pour elle, ce désir oh combien grandissant, mais je dois faire avec, et je sais dorénavant qu'il n'est pas près de disparaître. Pas avant que je l'ai possédée, pas avant que je ne l'ai fais sortir de ce trou infâme ou, par manque d'argent, par nécessité et obligation, elle se terre. J'ai assez d'argent et de relations pour lui promettre un avenir meilleur. On peut me considérer comme un mécène.. ou croire que tout ce que je fais n'a d'autres ambitions que l'abandon total de son corps, cela m'importe peu. Par ailleurs, je ne le nie pas. Je la veux. Je l'aurais. Simplement, dans un cadre bien plus intime que celui d'une boîte de strip-tease. Une femme de mon gabarit n'a pas besoin de tels intermédiaires pour satisfaire ses fantasmes.

Sa réplique me touche, me surprend, me surprend vraiment ! Cela me dépasse. Ose-t-elle dire qu'elle n'est pas malheureuse alors que c'est ce que son regard crie à tous ceux qui veulent bien s'y intéresser ? A moins, peut-être, que ce ne soit qu'une frasque de mon imagination malade, qu'un stratagème qu'en fervente manipulatrice j'ai inventé de toutes pièces pour me donner une raison de l'avoir.. Je l'ignore. Je ne sais plus, et elle m'a presque interrompu dans ce besoin viscéral que j'éprouve de la secourir. Mais finalement, je ne me laisse pas démonter, et cette arrogance qui me caractérise ne se lasse pas aussi facilement. Il en faudra plus pour que je la laisse en paix, ou plutôt que je cesse de souhaiter la rendre véritablement heureuse. Au fond, je ne sais même pas si c'est ce que je souhaite.. la rendre heureuse. Vraiment ? C'est tout ce à quoi j'aspire ? Je ne sais même pas si cette fascination -peut-être éphémère- saurait me combler. Peut-être qu'une fois cette demoiselle sortie de ce trou à rat, elle n'aura plus à mes yeux la moindre importance. Finalement, toutes ses questions me dépassent et ne valent rien. Qu'importe mes motivations, qu'importe l'avenir, seuls mes actes comptent. Et je ne suis pas devin, bien incapable de lire l'avenir, je me contente de me jouer du présent. C'est ainsi que j'ai toujours fais, et je ne m'en lasse pas.

Finalement, c'est un remerciement chaleureux auquel j'ai le droit lorsque je reviens. Ce regard qu'elle me porte lorsqu'elle me dit merci de l'avoir sortie d'ici, ne serait-ce que pour un soir, confirme mes pensées : elle n'est pas heureuses. Comment l'être, dans un tel endroit, si fortement exploité par un mac odieux et détestable ? Non, c'est impossible. Je ne m'imagine pas une seule seconde vendre ainsi mon âme à ce diable odieux, et je suis vraiment bien contente de n'avoir jamais exploré ce monde là que comme spectatrice. Non, en vérité, c'est même un sentiment de honte qui imprègne mon coeur. Comment pouvoir payer un mec si infâme pour voir ses petites bestioles -elles ne sont même plus des femmes !- se tortiller devant soi ? Sans le vouloir, j'ai participé à ce commerce, et dorénavant, j'en ai honte. Zabeth m'offre l'occasion de me repentir de ses péchés immondes, et c'est finalement à moi de la remercier.. Pourtant, je ne dis rien. Je me terre dans un mutisme préférable, et je l'attends, alors qu'elle est allée s'habiller et récupérer probablement quelques affaires. Quant elle reviendra, je n'aurais plus à faire à la strip-teaseuse, mais bel et bien à la femme que je n'ai encore jamais eu la chance de voir. Un instant, je m'inquiète. Toute la donne va être changée, et c'est d'égale à égale que nous pourrons discuter, comme deux femmes civilisées, comme deux amies. Tout va être oh combien différent, et l'appréhension me tord le ventre. Une appréhension qui s'envole lorsqu'elle entre de nouveau dans la pièce, m'affirme qu'elle a terminé, dans un tutoiement amical terriblement agréable. Enfin, je me sens bien.

Je m'approche d'elle, la prends par la taille, non pas une manière de me rapprocher sans me cacher (tout de même, je ne suis pas si impatiente !) mais je me vois mal sortir avec cette demoiselle comme j'aurais pu le faire avec une amie. Le mac, probablement mécontent de la manière dont je lui ai demandé de se la fermer, n'hésitera pas à nous espionner, et c'est pour lui que je dois agir de la sorte. Lui faire croire que cette fille est sous ma coupe, et que ce n'est pas sans arrière pensée que je lui permets de sortir. Que j'ai payé cette petite fortune dans l'unique but de me l'envoyer sauvagement dans mon lit, avant de lui ordonner de revenir ici, donner bien la moitié de sa pension à ce type. Connard. Il me donne envie de vomir. Ma main sur la hanche de cette demoiselle, je mentirais en affirmant que le désir ne me transperce pas les entrailles, comme je mentirais en disant qu'elle est moins attirante accoutumée de la sorte. Elle ne peut l'être plus, mais elle l'est au moins autant. Une telle passion me sidère. Pourquoi elle ? Je l'ignore. « Désolée de te tenir ainsi, faut bien que ton chef s'imagine que je suis une femme salace simplement intéressée par le cul. » Manière peu formelle de parler, je veux ainsi lui faire comprendre l'enjeu de ce geste, mais aussi et surtout que désormais, nous sommes sur un pied d'égalité. Amitié -ou pas- c'est du moins l'intimité que je souhaite mettre entre nous. Des amies. Pour l'instant, ce sera tout. Ainsi ensembles, nous sortons de la pièce, puis de l'établissement, alors que le vent frais joue avec nos cheveux et que non sans regret, je la lâche, une fois hors de vue de ce bar à strip-tease transformé en maison de passe.

Je ne tarde pas à héler un taxi qui s'arrête à notre hauteur. Je l'invite à entrer avant moi, jetant un dernier regard sur cet endroit que j'exécre plus encore une fois qu'il est dénué de la présence de Zabeth. Sans elle, ce n'est plus qu'un gouge infâme que je rêverais de faire fermer, pourtant je m'abstins du moindre commentaire, me forge un sourire amical sur le visage alors que je pénètre dans le taxi à sa suite. Installées l'une à côté de l'autre, personne n'aurait la moindre idée d'imaginer ce lien étrange et curieux qui nous lie, et cette étrangeté me fait sourire. Un sourire franc, et serein. Oui, avec elle, je me sens bien. « En fait, nous n'avons pas vraiment été présentées. Opium Blackwood. » Mon regard ne lâche plus le sien, désormais, et je me mettrais presque à craindre l'instant où, arrivées, je devrais sortir du taxi et quitter ces douces prunelles dans lesquelles je me noie.

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MessageSujet: Re: il ne faut pas toujours croire aux stéréotypes ! il y a des exceptions, comme toujours !   Jeu 14 Juin - 16:31

Les petites filles rêvent de devenir des princesses, de se marier avec un gentil bonhomme et fonder un foyer paisible et plein d’amour. Pour ça la petite fille passe du temps en robe de princesse, s’habille avec les habits de maman et se regarde pendant des minutes entières dans un miroir. Zabeth n’était pas ce genre de petite fille. Petite un : pas de moyen pour acheter une robe de princesse, petit deux : le seul miroir qu’il y avait dans la maison était dans la salle de bain et il était rongé par la rouille. Petit trois : y a pas de petits trois. En fait il pourrait y avoir un petit trois, mais si je l’expose alors il faudra un petit quatre, puis un petit cinq, sans savoir où cela s’arrêtera. Alors vaut mieux s’arrêter à deux raisons. Bref, partant de ça la demoiselle ne s’est jamais considérée comme jolie, belle. En fait, si peut être, de temps à autres, les matins de son adolescence, sa pensée tournant ainsi « ça va aujourd’hui je suis moins moche qu’hier », par conséquence plus belle, plus jolie. Le regard des autres n’a fait que renforcer son impression. Pourtant elle n’était pas moche, enrobée mais pas moche. Les adolescents et les enfants peuvent se révéler des créatures cruelles, cherchant les failles de leurs opposants pour le faire souffrir. Elle n’avait pas de vêtements de marque, parfois ce n’était que de vieux tee-shirt, la faille était toute trouvée. Le temps est passé, son corps aussi, lui offrant une silhouette bien proportionnée, pas maigre, pas trop mince. Alors se déshabiller et voir les hommes y prendre du plaisir sonne comme une revanche pour elle. Une revanche pour l’enfant et l’adolescente qu’elle était, mais aussi une revanche sur ceux qui l’ont raillé. Sentiment dû à son besoin de vengeance (une autre histoire, une autre facette de sa personnalité). Oui, c’est définitif, Zabeth est étrange, paradoxale et complexe. Un peu comme un casse-tête-« chinois », on ne sait pas trop pourquoi on y joue, on s’obstine pour arriver à le résoudre et on s’énerve quand on est bloqué, une fois la solution trouvée (ou donnée) on est déçus parfois. Même principe pour la demoiselle.

Les fissures elle en a toujours, elle a juste repeint le mur et s’est fabriqué un mur après le mur bouché. En gros, elle s’est construit une protection. Si on touche, effleure un trou, elle sera juste absente quelques secondes. Surprise, mais elle fera tout pour que la personne ne comprenne pas, ne comprenne pas qu’elle a touché une faille. Malgré les années, elle pense toujours qu’on peut utiliser ses failles, ses failles pour la détruire, la voir tomber et sourire à cette descente. Oui la demoiselle n’a pas une vision très positive de la nature humaine. Trop de « trucs » lui sont arrivés, ce sont ses dires. Elle serait presque capable de le dire à haute voix à quelqu’un, presque. Ce dernier mot est important. Oh oui, parce qu’elle est presque prête à faire pleins choses, on va éviter de faire la liste, ce serait beaucoup trop long, sans doute trop chiant aussi, désolée du vocabulaire mais il faut être réaliste ! je dois être vachement chiante comme fille. c’est certain, elle ne sera pas chiante parce qu’elle parle tout le temps d’elle, elle risque plutôt d’obtenir la fille chiante à cause de ses barrières. Mais bon, qui sait, peut-être que quelqu’un pourra la changer ? Quelqu’un qui a un prénom de stupéfiant utilisé pendant un temps par les militaires, une personne avec une chevelure blonde, une personne… ouais, c’est bon on a compris, ce n’est pas compliqué. La gagnante est Opium. Mais seul l’avenir nous dira si demoiselle Kpherssonme aura été capable de partager.

Pour le moment, elle la remercie, bah oui, elle est polie. Et au fond, ça lui fait réellement plaisir, ça commence à faire son chemin dans sa tête : quelqu’un pourrait tenir à elle. Même si elle ne comprend toujours pas pourquoi. Bah oui, on peut la changer en deux minutes la demoiselle. Cheminement qui s’interrompt lorsqu’elle sent le rapprochement, ce n’est pas désagréable, au contraire. Sentir la chaleur de quelqu’un auprès de soi ça fait du bien. Comme elle aimerait pouvoir dormir auprès de quelqu’un, pouvoir se blottir auprès de celle-ci lorsque les cauchemars lui pourrissent sa nuit. C’est un de ses fantasmes. Ça parait tout con, pourtant c’est beaucoup pour la demoiselle et difficile à admettre. Un fantasme n’est pas forcement sexuel, bon okay… il faut l’admettre elle en a aussi de ce genre, mais ils ne sont pas les plus nombreux. A la pensée de ne plus dormir seule, elle tourne la tête et regarde Opium. Pas un regard d’étonnement, juste de la tendresse qui se lit sur le visage de Zabeth, et une pointe d’espoir. Ça se traduit par un petit sourire et quelques petites étoiles qui pétillent dans ses yeux. C’est difficile à voir, à donner une signification particulière, mais ça se voit, ça se voit qu’il y a quelque chose de positif. Son regard change, simplement attiré par une ampoule qui dysfonctionne jour, nuit, jour, nuit comme quand on allume et qu’on dit jour et donc quand on éteint on dit nuit, tout con mais on la tous fait une fois. Cette pensée la fait sourire d’avantage, c’est la réflexion de Opi qui lui fit quitté l’ampoule. A ça, elle veut s’amuser un peu, alors elle s’approche un peu plus d’elle, collée à elle. Et s’approche de son oreille pour lui chuchoter « tu n’as pas envie de moi ? » - petite voix attristée – « de nous deux en sueurs, l’une contre l’autre et pas parce qui fait 40 degrés. » juste un souffle contre son oreille, euh mais ça sort d’où ? bah de la demoiselle, c’est sorti naturellement, juste envie de … De … ? oui c’est une très bonne question, question qu’elle va se poser et qui va la turlupiner. Et là on a envie de lui crier, mais on s’en fou, vas-y vie comme tu veux !

C’est le vent qui la fait retourner à la réalité. Ah de l’air ! youhou ! elle ferme les yeux quelques secondes, juste pour sentir. Sentir cette sensation, cette sensation de fraîcheur avec un goût de liberté. Elle fait ça chaque soir, à chaque fin de « service ». Pour faire la coupure entre le boulot et la vie. Parce que le boulot c’est pas la vie, ça parait logique mais au bout d’un certain temps y a des filles qui pètent des plombs. De même qu’elle ne va pas se comporter de la même manière à l’intérieure qu’à l’extérieure de la boîte. Elle se rend aussi compte que la chaleur d’Opium l’a quitté. Elle fait une moue attristée, juste quelques secondes, mais quand même, elle se comporte donc normalement, en apparences il n’y aurait donc pas de barrières. Sa fatigue lui revient en pleine figure, c’est d’ailleurs cette contestation qui lui fait rouvrir les yeux. Un bâillement contenu, hors de question de le montrer trop. Un taxi est déjà là. Et sans avoir le temps de dire n’importe quel mot à rallonge, elle se retrouve assise dans le taxi. Ah la chaleur est revenue. Se tournant légèrement, elle plonge aussi son regard dans celui de son amie ? sa future amante ? sa future compagne de vie ? sa future petite amie ? à voir, donc elle plonge son regard dans celui d’Opium –plus facilement comme ça- et tend sa main pour entrelacer ses doigts dans les siens. « Zabeth Kpherssonme » tu veux pas plutôt dire [i]Jazzendra Zabeth Kpherssonme Dzarvos oui prête à s’ouvrir pas à se livrer.

« je dois juste prévenir quelqu’un et je suis toute à toi après. » la fin n’était pas un sarcasme ou autre, c’est juste une expression, elle a pas pensé aux sous-entendus qui pourraient subvenir. Elle quitte son regard pour son sac, elle trifouille et sort un téléphone portable. Trois mordillements de lèvres plus loin et quelques clics, son SMS est envoyé. Pour prévenir Kay, la prévenir de ne pas l’attendre ce soir. Voilà, c’est fait, donc logiquement elle est toute à Opium maintenant ?

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MessageSujet: Re: il ne faut pas toujours croire aux stéréotypes ! il y a des exceptions, comme toujours !   Mer 4 Juil - 16:52


opium et zabeth
∞ ' il ne faut pas toujours croire aux stéréotypes ! il y a des exceptions, comme toujours ! '


« At the end of the day, what we really want is to be with somebody. All this rite, to take some distance, and to pretend don't worry about others, it's bullshit. »



Cette femme me séduit, et parfois, je me demande encore si c'est volontaire ou non. Son regard qui glisse sur mon corps avec délectation, est-ce inconscient, est-ce juste sa manière d'être ? Je ne sais plus quoi penser, je suis perdue. Et lorsqu'elle se rapproche de moi, me susurre une invitation salace, c'est mon corps qui se réchauffe complètement, c'est ma voix qui se bloque dans ma gorge et un frisson brûlant qui dévore mon échine. Elle est une déesse, une sorcière de la séduction et elle m'a jeté un sort. Sauvage demoiselle. Elle s'empare de moi, de mon âme, mon corps est tout à elle et lui appartient complètement, alors que je ne rêve que du sien. Sombre destin qui est le mien, alors qu'elle me semble si éloigné et pourtant, qu'elle se rapproche autant. Alors que je n'ai plus qu'un désir, celui de m'emparer de sa bouche et de caresser ses formes, je me contente de respirer profondément et de resserrer mon emprise sur ses hanches, douce manière tout à la fois de tromper son patron, comme celui de m'enivrer de son odeur. Elle a beau n'avoir plus cette tenue de strip-teaseuse qui lui sied si bien, elle n'en reste pas moins magnifique... Je suis une pauvre soumise devant la supériorité de sa beauté et de ce magnétisme qui la caractérise. Pourtant, je suis on ne peut plus ravie d'être son esclave. Au moins, je peux ainsi me délecter à volonté de cette magnificence. Tous n'ont pas cette chance, ce privilège.

Et nous voilà maintenant dans le taxi. A dire vrai, je ne n'avais pas du tout prévu de l'amener à la maison, néanmoins je ne m'en suis pas empêchée lorsque son boss a souhaité qu'elle s'adonne à plus de passion encore avec des êtres qui n'en valent pas la peine. Je ne peux tolérer une telle manière de se jouer d'une gente féminine relativement faible. Et il me faut qu'un regard sur cette demoiselle pour comprendre qu'une grande faiblesse se cache dans son regard. Une trop grande faiblesse contre laquelle elle ne sait indéniablement pas se battre. Il lui faut de l'aide, pour cela. Une jolie aide blonde et splendide qui ressent l'intime besoin de secourir cette pauvre demoiselle éplorée. Pourquoi ? Pourquoi.. Non, je ne sais pas. Je ne comprends moi même pas ce qui implose dans mon coeur lorsque mon regard croise le sien, et que je ressens ses délicats pétillements dans le plus profond de mon âme. Elle s'inscrit en moi, cette femme. Sans véritable raison. Ou plutôt, sans autre raison que ses merveilleuses prunelles qui se posent sur moi.

Elle me dévoile son nom. Quelque chose de mélodieux mais d’imprononçable, je ne saurais le redire avec exactitude. Zabeth. Sonorité étrangère, probablement, pourtant je suis bien incapable de dire d'où cette femme pouvait bien être originaire. J'en ai toujours douté, après tout, une telle beauté ne pouvait être simplement américaine. Ses aïeuls devaient être des anges, sans aucun doute, cela expliquerait tout. La demoiselle me regarde, m'avoue qu'elle doit prévenir quelqu'un, geste auquel je me contente de répondre par un hochement de tête. Puis, plus pour moi que pour quelqu'un d'autre, je répète son nom, tellement mélodieux. A lui seul, il fait naître des frissons sur ma nuque. Curieuse impression, curieuse sensation. « Zabeth.. Très bien. » Zabeth. J'espère m'être au moins sorti dans la prononciation, qu'elle puisse éviter de sourire à ma méprise.

Peu à peu, le silence s'installe alors qu'elle dit être 'toute à moi'. Peut-être ne s'en rend-elle pas compte, mais elle m'attire, je la désire plus que n'importe quoi d'autre, et tout dans ses actes ou dans ses gestes vont dans mon sens. C'est comme si elle souhaitait, simplement, que je lui saute dessus. Je rougis, lamentablement, baisse la tête, et lorsque je peux enfin reprendre la parole, c'est pour des banalités. « Nous sommes bientôt.. » « Voilà mesdemoiselles. » « ... arrivées. Viens, suis moi. » Un sourire, je lui offre ma main pour qu'elle me suive dans la grande bâtisse qui me sert de maison, ou plutôt de villa. Prestigieuse affirmation d'un luxe probant, je me sens presque mal d'y amener une demoiselle dans le besoin. Pourtant, je n'ai plus le choix. Et avec avidité, sa main serrée tendrement dans la mienne, je la guide jusqu'à la porte, puis je l'ouvre, avant de la refermer derrière elle et, à contre coeur, de lâcher cette main chaude et sauvage. Je me tourne vers elle, avec lenteur, puis lui offre un sourire délicat. « Fais comme chez toi. C'est un peu vaste, inutile de te faire visiter les locaux, tu comptes pas acheter. Tu veux boire un truc peut-être ? » Puis je file dans le salon, traversant le couloir avec lenteur et d'une démarche lascive. Instinctivement, je souhaite séduire cette femme. Non pas simplement la mettre dans mon lit contre une bonne dose d'argent, je l'aurais déjà fais, mais je veux l'ensorceler. Comme elle me l'a fait, à moi, sans le vouloir. Je veux qu'elle ne jure plus que par moi.

Le salon est vaste, gigantesque, composé d'une télé grand écran, d'une cheminée encore allumée de quelques braises chaudes qui offrent à l'atmosphère une température tiède et délicate. Une grande table de bois massif, au milieu, est là où je mange lorsque je suis accompagnée, même si je préfère habituellement être avachie sur le canapé devant la téloche, avec un bon verre de whiskey... même si, ainsi, ma vie semble tout droit sortie des contes de fée, la réalité en est bien loin. Et alors que je songe à cela, le souffle chaud de Zabeth juste derrière moi, je vois avec horreur mon verre vide toujours sur la table, et la bouteille encore ouverte, que je n'avais même pas pris le temps de ranger en partant. C'est un ignoble sentiment de honte que je ressens. Une honte mémorable. Zabeth connait déjà cette faiblesse, elle en a une ultime preuve. Je m'en serais bien passée.

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MessageSujet: Re: il ne faut pas toujours croire aux stéréotypes ! il y a des exceptions, comme toujours !   Jeu 5 Juil - 14:40



Tomber. Juste tomber. Voilà ce qu’elle désire. Pas tomber pour se faire mal. Juste tomber. Tomber pour trouver la paix. Pas tomber dans le vide, pas ce genre de paix, quoi que … La vie a fait que de telles pensées lui ont déjà bouffé son esprit, des pensées qui ont fleuris, éclos et ce sont propagées pour former un jardin sombre et envahissant. Et même en cette période « plutôt calme » de temps à autres – telles des piqûres de rappelle – ces pensées sombres reviennent. L’attrapant, la bloquant, la pénétrant pour finir par la paralléliser pour que seulement les pensées sombres la dévorent, doucement pour que ce soit plus douloureux. Sortir de cet état est complexe, surtout ça demande beaucoup de volonté. Mais à quoi bon se relever ? A quoi bon se relever, je n’ai rien ! je ne sers à rien, personne ne m’attend, personne ne m’attend le soir, personne n’est impatient de me voir. Je suis seule, je ne sers à rien. Lamentation ? nah ! quoi que … en tout cas ce n’est pas le « but ». La destruction, l’autodestruction voilà à quoi servent ses/ces pensées. Juste la détruire, la mordiller, la faire plonger. Et même au sol, elle est capable d’attraper une pelle pour creuser plus profond. Se détruire, mentalement et physiquement.

Ç’est arrivé plusieurs fois, de nombreuses fois, trop de fois. A ce jour, ça c’est un peu calmé mais des « crises » la narguent et malheureusement deviennent plus nombreuses. Cherchant un moyen d’être apaisée, elle prend des cajetons : des p’tites pilules, légales, prescrites médicalement. Leur but premier n’est pas d’apaiser mentalement, mais physiquement. Alors c’est bonus si ça fait sentir la paix. Étrange, elle ne se l’explique pas vraiment se contentant de profiter. Look at my eyes, be the first to see me cry. Look at my knees, be the first to see me fall… Juste tomber pour trouver un bout de paix, juste un fragment serait déjà ça. Si elle ne trouve pas, les pensées sombres viendront lui dire bonjour et lui feront la conversation. Sa compagne la plus fidèle, jamais elle ne l’a abandonné, toujours au rendez-vous. Et personne au rendez-vous pour l’aider. Personne jusque-là, cela pourrait changer ? Oui, si Opium le veut. Si Opium s’accroche, l’attrape, l’aggripe, la plaque contre le mur, il ne faut pas lui laisser d’issue, la bloquer l’attachée à une chaise parait être une torture, mais si au bout du compte ça l’aide ?! Mais ça se trouve Opium ne veut pas aider ? encore et toujours les mêmes problèmes : sentiment d’inutilité et de n’être rien, RIEN.



Mais revenons un peu plus à notre situation. Concrètement, elle est à elle. Du fait que Mademoiselle Blackwood a payé « pour un service » : l’avoir à sa disposition pendant une nuit. Si on résonne d’une manière uniquement marketing, selon les règles tacites du client/services, Zabeth est à son service. Par conséquent Opium peut lui demander de faire le ménage en petite tenue, de s’asseoir et d’attendre, de lui faire l’amour, de … de tout faire ?! Zabeth se doute bien que quand un(e) client(e) « prend »/ « loue » une fille pour la nuit ce n’est pas pour jouer au Monopoly, à moins que ce soit une version spéciale du jeu. On ne va pas entrer dans les détails ?! Et puis, sinon on peut prendre ça d’un point de vue philosophique : « personne ne peut acheter personne », « on ne peut pas tout acheter » bla bla. Sauf que nous sommes dans une période où seul le marché réglemente la vie. Par conséquent, Zabeth se sent au service d’Opium. Elle a conscience de ça et le pense réellement. Elle ne sait pas ce qui l’attend, elle essaie de ne pas y penser en comptant dans sa tête. Mais de temps à autre « comme par hasard » elle perd le fil et des pensées viennent perturber un vrai « contage ». Pour ne pas faire transparaitre son appréhension elle tente de se comporter le plus naturellement possible et comme elle a des annéeeees d’expérience, elle s’en sort plutôt bien.

Pour se divertir, elle balade ses yeux sur le paysage qui défile à sa gauche. Elle a remarqué le regard malicieux du chauffeur lorsqu’elle a prononcé la fameuse phrase « je suis toute à toi ». Pas penser, pas penser Zabeth. Les étoiles sont belles, les étoiles son belles ! Elle se tortille pour pouvoir correctement observer le paysage. C’est magique, quelques passants ont les rues pour eux seuls. C’est tellement beau. Ses yeux brilleraient presque telle une enfant qui découvre pour la première fois les étoiles. Bientôt arrivées .. fais comme d’hab ou plutôt comme ça doit être fait. Fait-le ! Un simple oui parvient à se faufiler entre ses lèvres, avec difficulté elle se recule de la fenêtre, s’arrachant à ce si joli paysage. Elle se laisse guider, ses doigts se réchauffent, la main d’Opium : un radiateur naturel et bien pluus confortable !! Ouaww ! ça doit faire dix fois mon appart ! Son regard traîne sur la bâtisse, elle n’a pas le temps de tout voir, pas grave, elle observe l’intérieur. Le contact des mains est rompu, ses doigts froids n’ont pas eu le temps de retrouver une température normale. Et puis c’était agréable, mais chuuut c’est un secret.

Comme à chaque fois, sa présence dans un nouveau lieu la déstabilise. Elle tente d’observer tout, tout, pour se familiariser. Pas le temps. Passage au salon oblige. Cheminée, feu : son regard est tout de suite absorbé par cet élément. Rêve de petite fille : pouvoir lire sous une petite couverture dans un canapé moelleux face à une cheminée. Une belle pièce. Elle analyse, le plus vite possible, tout absorber. Absorber pour emmagasiner des informations, pour tenter d’être plus à l’aise. Le verre à moitié vide ne lui échappe pas. Elle sait, pas besoin de le dire à haute voix. Mais elle n’est pas là pour juger, elle est là pour autre chose. Opium s’est arrêté et bien évidemment mademoiselle Zabeth se retrouve derrière elle. Son souffle heurtant la peau soyeuse de « la cliente ». Une peau digne d’une pub pour crème, digne d’une publicité sur papier glossé. Un petit bruit rompt le silence : un bruit sourd, seulement son sac qu’elle a laissé glisser sur son bras qui inévitablement est venu s’écraser au sol, lui aussi à le droit au repos !

Comme si elles n’étaient déjà pas assez proches, Zabeth se rapproche. Sa poitrine effleure le dos d’Opium, leurs peaux séparées par seulement deux couches de vêtements. Une bulle, voilà où elles sont, une bulle. Une bulle où l’atmosphère s’alourdit, s’alourdit de tensions, tensions sexuelles. Comme pour la titiller un peu plus, elle fait en sorte que son souffle glisse sur son épaule. D’ailleurs, elle en profite pour se déchaussé. Si ses pieds pouvaient parlaient ils criaient yaaattaah, youpppiii ! libéérrattion. Mais ils ne resteront pas longtemps au sol. Ils préfèrent trouver un peu de chaleur sur les jambes de madame peau de velours. Partant du haut de ses chevilles, ses orteils se baladent, montant pour atteindre le bas de son genoux. Bien évidemment, pas tous les deux en même temps, car la demoiselle n’a pas de super pouvoir. C’est pas faute d’en vouloir ! C’est pas faute de manger des trucs bizarres. Bon, elle a pas non plus sauté d’un immeuble pour voir si elle pouvait voler.

Mais ne dévions pas trop. Le truc en plus : elle à froid aux pieds ce qui obligatoirement créer un choc de température « pour plus de plaisir », ça pourrait être un slogan pour objets sexuelles et/ou préservatifs. Mais hop, elle bouge ses pieds, héhé hors de question de trop faire ! Faut laisser en suspens. Bzziit (bien sûr c’est le vrai bruit, mais comment transcrire le bruit d’une fermeture s’ouvrant ?!). La fermettuurre de sa rooobe. Mais (toujours et encore, qu’est-ce qu’on ferait sans lui ?! ah oui, les choses seraient peut-être plus simple.) Fermeture ouverte, mais pas complètement donc entrouverte. Son petit doigt part de la main de blondie pour remonter jusqu’à son épaule gauche. Arriver à son sommet, il s’enfuit. Remplacé par des paroles envie d’un bain ? envie de manger toutes nues envie de jeux ?envie d’autre chose ? Voix trainante, suave. Normalement, elle n’aurait pas dû proposer, c’est au client de proposer, selon les règles d’une collègue. Mais Zabeth ne voulait pas attendre, pas prête à supporter un silence trop long. L’ambiguïté la mordille de toutes parts. Des choses se mélangent, trop. Faut donc qu’Opium décide.


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MessageSujet: Re: il ne faut pas toujours croire aux stéréotypes ! il y a des exceptions, comme toujours !   Mar 21 Aoû - 11:02



zabeth et opium.
' il ne faut pas toujours croire aux stéréotypes ! il y a des exceptions, comme toujours ! '


Cet appartement ne fait pas particulièrement ma fierté, pourtant il est majestueux, tant de grandeur que de décoration. Véritable petit palace à mon effigie, je m'y sens bien et me détend dès lors que je passe le pas de cette porte. Pourtant, c'est aussi ici que mes vieux démons me reprennent, profitant d'une accalmie de mon stress pour s'insinuer dans mon âme, brûler mes veines et le calme factice dont je me pare. Étrangement, aucune ombre noirâtre et sournoise ne s'est encore approché de nous. Je peux le sentir. Elles sont retenues captives loin de moi par ce souffle chaud qui caresse ma nuque, par cette présence qui calme mon esprit et l'accoutre de diverses sensations. Plaisir, désir, tant d'émerveillements qui tourbillonnent. La demoiselle touche mes jambes, j'entends le bruit d'une fermeture éclair qui s'ouvre. Elle est probablement habituée à ce travail, ça se ressent dans ses gestes emprunts de lassitude. Pourtant, c'est un réel courant électrique et fusionnel qui passe entre nous, de ceux que l'on voit rarement dans une vie mais qui vous prend aux tripes et se saisit de vos boyaux pour les tordre sadiquement. Cette femme contrôle mon désir et mon esprit, elle s'empare de mon corps, elle me fascine et me possède. Un instant, je me prends à espérer que ce soit aussi son cas, même si mes doutes sont féroces à ce sujet. Je ferme les yeux, respire un instant, éloigne toutes ses pensées de mon esprit. Il n'est plus l'heure de penser..

Pourtant, ses paroles me réveillent. Ils agissent sur moi tel un courant électrique, tel le petit ange qui, à droite de mon esprit, me susurre que ce que je fais est mal. Profiter d'une jeune escort qui a été obligé d'exécuter un tel travail harassant, humiliant et dégradant, il n'y a pas pire et ce n'est pas mon but de la soirée. Mon désir grommelle alors que je l’enfoui sous mes bonnes résolutions, il tambourine à la porte de ma volonté pour repasser au premier plan de mes désirs et de mes actes de la soirée. En vain. Il est inutile. Et pourtant, je sens toujours ce souffle chaud contre ma nuque. Souffle qui me rend folle, souffle qui me force à me retourner rapidement, à l'acculer contre le mur, avant d'approcher mon visage du sien. Quelques centimètres. Quelques millimètres. Simplement. Ce peu de distance me sépare de cette bouche dont je m'emparerais volontiers, avide, et pourtant, je me force à plus de contrôle. Je ne souhaite pas faillir à ma tâche, et ce soir, elle n'est pas celle-là. Mon regard se perd dans le sien, et ma main, vulgaire déserteuse de ma conscience, caresse son bras, fais glisser la bretelle de sa robe. Des frissons parcourent mon corps par milliers, frissons que j'aurais espéré plus discret et plus indolore. Ils fourmillent de toutes parts, ils s'emparent de moi, ils me brutalisent, me possèdent. Pourtant, dans un ultime effort, je cesse mes honteuses caresses et je reprends la parole, d'une voix tendre mais perlée d'un véritable désir brûlant. « Un bain chaud, un bon lit, d'accord, ce programme me conviendrait. Mais Zabeth, et après ? Après, tu rentrerais là-bas avec la conscience d'avoir bien fais ton travail, et je n'aurais servi à rien. » Avec un sourire, je m'éloigne de la demoiselle, à regret, avant de refermer tendrement la fermeture de sa robe. Pas de sexe, ce soir. Ou du moins, pas avant d'avoir réglé quelques autres affaires plus importantes.

Délicatement, je fais quelques pas en arrière, sans cesser de plonger mon regard dans le sien. Ses prunelles sont électriques, elle ne me laisse pas d'autre choix que de vouloir contempler leur beauté. Pourtant, d'un ultime effort de ma volonté exacerbée par cette sensation détestable de se sentir prisonnière d'une femme, je me retourne complètement, avant de quitter le salon pour m'aventurer dans la cuisine. Un verre. J'ai besoin d'un verre ! Non, pas de whisky, pas de gin, pas de tequila. C'est de l'eau dont j'ai besoin, de l'eau bien fraiche pour me remettre les idées en place. Pour la première fois depuis ce qui me semble des décennies, c'est de l'eau qui effleure ma gorge et qui me permet de me remettre au point avec mes désirs. Je dois sortir la demoiselle du coupe-gorge dans lequel elle s'est fourrée, avant de tenter quoi que ce soit en sa pourtant si douce et si séduisante compagnie. Règle numéro une : ne pas oublier l'intérêt numéro un. « Tu veux un verre ? » criai-je à son attention, la porte de la cuisine restée grande ouverte. Un peu plus et je m'en voudrais de ne pas avoir accédé à sa requête, pourtant je prie pour que son intelligence soit supérieur à cet esprit de domination qui est le sien depuis qu'elle a intégré cet endroit abominable où chaque homme marche et jouit sur la dignité de la femme. J'espère qu'elle ne m'en voudra pas trop. Et sans attendre de réponse, je lui amène un verre vide de toute boisson que je pose sur la table, l'invitant à s'assoir sur le canapé alors que je farfouille parmi mes bouteilles d'alcool. Si je me restreins à l'eau, je ne compte pas infliger un tel traitement à mon invitée. « J'ai un peu de tout. Whisky, rhum, gin, vodka.. a toi de choisir. Choisis bien, car après, nous aurons à parler plus sérieusement. » J'en suis inconsciente, mais ma voix se fait presque grave. Je ne veux pas l'effrayer, pourtant notre affaire de ce soir est de première importance. Bien plus qu'une petite partie de jambe en l'air.... mais nettement moins plaisante !


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emma opium-nela blackwood

C’est pas l’alcool qui me manque, c’est l’ivresse. Et bien que je puisse cacher mon regard froid, que vous puissiez me serrer la main et sentir ma chaire s’agripper à la votre, vous pourriez vous dire que nos vies sont comparables, mais je ne suis tout simplement... pas là !.

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MessageSujet: Re: il ne faut pas toujours croire aux stéréotypes ! il y a des exceptions, comme toujours !   Lun 27 Aoû - 10:20

C’est pas un appartement ! c’est un apparmaison ! Il y a trop de mètres carrés pour que ce soit un appartement dans l’esprit de la demoiselle. Le salon devait faire la même taille de son appart à elle, voir même peut être moins. Pas forcément un bon exemple, Zabeth vive dans ce qu’elle nomme « une boîte ». L’espace qu’il faut pour elle, mais surtout pour son porte-monnaie. Quoi que son boulot devrait l’aider à trouver bien plus grand comme appart. Malgré le glouton de patron qu’elle a, elle gagne plutôt bien sa vie. C’est affolant de voir la somme que les gens sont capable de dépenser pour voir d’autres personnes se déshabillaient. Ça pourrait presque la dépassait, elle trouve ça donc très ironique de bosser ainsi, se faire du fric sur le dos d’obsédés ou plutôt de personnes en manque. C’est clair : son esprit fonctionne toujours aussi bien. Incapable de pouvoir décrocher de la réalité, son cerveau toujours actif intellectualise tout, met bout à bout n’importe quoi pour mener toujours à quelque chose de déplaisant. Une forme de destruction, une de plus la grignotant. Ce n’est pas faute de vouloir fuir, elle voudrait trouver un peu de paix, trouver quelque chose pour remplit sa petite tête.

Elle se mit alors à « faire son boulot », ça ne paraissait pas comme telle. règle numéro machin truc : mettre à l’aise le client. Okay, elle n’allait pas suivre toutes les règles citer dans « le manuel de la parfaite petite prostituée ». Horrible nom qui ne fait qu’énoncer sa situation. Heureusement son esprit ne vient pas se coincer dans ce trou de remise en question –pour le moment du moins. Préférant rester dans son rôle. Rôle qui reste flou, est-ce un rôle complet ou juste une demi-interprétation ? Encore et toujours un jeu. Mais un jeu plutôt sympas cette fois même s’il oscille entre l’envie et l’obligation. Mais à ce jeu, qu’elle pensait maîtriser elle se retrouve perdue. En un instant, elle se retrouve contre le mur. Un peu de fraicheur, ça fait du bien, mais elle ne maîtrise plus, ne maîtrise plus la situation. Son regard se crochète au sien, quelques secondes, puis s’enfuit, s’accrochant à un point invisible. Bien trop de sentiment se mélange en elle, la peur, le désir, l’envie, l’appréhension etc. Sa peau semble se réveiller, des frissons la parcourt, ça chatouille. Un chatouillis agréable. Ses lèvres bougent, légèrement, mais rien n’en sort, pas un son, pas un mot, pas un souffle. Comme une poupée, elle se laisse faire. C’est agréable et c’est son boulot : c’est deux en un ?! elle se martel cela en tête, pour se convaincre.

Par surprise, ça semble être le nouveau fonctionnement d’Opium. Les frissons fuient comme ses caresses. Et à nouveau elle repart pour un tour « je veux te sauver ». Et à nouveau, c’est redondant mais c’est le cas, les questions reviennent : pourquoi ? pourquoi moi j’suis pas intéressante ? pourquoi quelqu’un comme elle s’attacherait à moi ? Un tremblement revient, loin d’être agréable. Un tremblement mêlant froid et peur. Elle serait sur le point de tout dire, de tout lâcher une bonne fois pour toute. Si sa conscience ne vient pas la mordiller de trop cela pourrait arriver : un instant de vérité pure où tout – ou presque – serait dit. Comme ça, ça à l’air simple, comme un pansement à enlever, une fois fait on est soulagé, mieux. Son regard est toujours ailleurs, mes ses yeux bougent plus comme à la recherche de quelque chose. Quelque chose auquel s’accrocher ou quelque chose pour fuir. Mais rien, rien ne vient heurter son regard pour lui servir de bouée. Alors, peut être que la vérité va éclater, une bonne fois pour toute. Ce serait sans doute bénéfique, plus sain que de toujours tout garder à l’intérieur alimentant un monstre de douleur et de peine.

Endoloris, elle reste stoïque, à la fois soulagée et frustrée. Toujours cette ambiguïté de sentiment, les inverses qui s’attirent, s’entrechoquent, se battent, se détruisent. Incapable, son regard aussi l’est. Finalement c’est Opium qui l’accroche. Cette fois, elle ne fuit pas. Un regard triste, vide : c’est Zabeth. « je….je comprends pas. » sa voix est chevrotante, hésitante et empreinte d’amertume. Une amertume pareil a celle qui s’exprime lorsque la gorge se bloque, que l’émotion envahit notre corps et que les larmes pourraient venir conquérir notre visage. « je ne comprends pas, je ne comprends pas pourquoi tu tiens à ça. A – ses mains se lèvent dans les airs, elle fait des guillemets – à… me sauver. Je suis juste une étudiante qui le soir venu se déshabiller pour ce sortir du marasme et des claques que lui a offert la vie. » L’amertume tinte d’avantage sa voix, un rire amer lui échappe.

Heureusement Opium lui offre quelques secondes de répit. Mais peut être que ça n’est pas une bonne chose, sa gorge se bloque d’avantage, ses yeux ne font que parcourir sans cesse la pièce. Elle replonge je suis qu’une pute, une parmi d’autre, le système a gagné, ce crétin a gagné, je me bats pour vivre mais à quoi bon continuer ? Blondie lui vient en aide, indirectement, il ne lui manque plus qu’un cheval et un beau costume et elle serait sa sauveuse, sa princesse charmante comme dans les contes. Un conte qui en scandaliserait plus d’un. Pour répondre, elle racle sa gorge, hors de question de faire entendre sa détresse. « Oui, je veux bien, merci. » elle a trop attendu, Opium réapparait. Prête à lui faire un cocktail. Un sourire se dessine sur le visage de Mademoiselle au nom imprononçable. C’est avec plaisir qu’elle vient se joindre à la jeune femme. Elle n’avait pas osé s’asseoir par elle-même, attendant d’y être invitée. « nah je suis plus drogue, la MET/le crystal. », elle en rit. Une blague, plutôt de mauvais goût, un sarcasme. « tu devrais te débarrasser de tout ça et moi du crétin qui me sers de (les guillemets sont de retour) patron. » Détendue, voilà comment elle est, dentue mais encore tendue, encore et toujours les sentiments contradictoires. La phrase d’Opium augmente le second sentiment. Mais en même temps cela lui parait comme une bonne chose, dans l’absolue.

« je ne sais pas exactement ce que tu veux savoir, ce que tu veux m’entendre dire. Mais je vais parler, un peu. Trop si je m’écoutais. Je ne fais jamais ça, je ne parle jamais ainsi à des quasi-inconnu. Je ne comprends pas pourquoi tu t’accroches. Peut-être qu’au fond si, mais mon amie l’autodestruction me tient chaud et compagnie depuis bien trop longtemps pour positiver. C’est bordelique, décousu ce que je dis et ce que je vais dire. J’en reviens pas moi-même de dire tout ça, ma ptite tête se fera un plaisir de me le faire payer. » ça la fait presque rire, rire d’amertume. Son regard s’est fixé « dans le vide », elle n’a pas le courage de la regarder. « je vais arrêter de bosser la nuit, ça fait un moment que j’y pensai. Mais ça paye tellement bien et puis je ne veux pas lâcher mes collègues. Elles se battent toutes pour vivre ou plutôt survivre. Alors on se déshabille, on joue sur l’obsession, la perversité et le désir de certains. Je sais pas vraiment comme t’es arrivée là-dedans. Je me suis toujours sentie très seule et j’ai toujours été très seule. Je …. » ça coince, parce qu’elle est sur le point de demander quelque chose, quelque chose qu’elle désire depuis tant de temps, depuis tellement longtemps ! « je voudrais aller me reposer, mais me retrouver toute seule dans le noir, une fois de plus me déprime, entendre tout ce qui traverse mon esprit aussi. » décodage : est-ce que je pourrais dormir avec toi ?

Spoiler:
 

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